Archives du mot-clé linguistique

Enoncé, énonciation, pragmatique et l’usage de la technique

L’étude scolaire de notre langue, l’énoncé.

En linguistique, la syntaxe étudie la façon dont se constituent les mots, dans la langue. La sémantique définit le sens de ces mots. La différence entre « une chaise », et « un fauteuil ».

Un texte se comprend par l’apprentissage de ces paradigmes que sont la syntaxe et la sémantique, en linguistique.

La précision des mots permet la précision de la pensée de celui qui l’écrit, et la compréhension par celui qui le lit. Lire la suite

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L’analyse des images, par Christian Metz

Christian Metz [ 1970 ]. L’analyse des images. Revue de communication.

L’image a une ressemblance avec la réalité. Elle appelle à nos sens, la vue, à la sensation, le cœur plus qu’à la raison. Les experts en linguistique, qui s’occupent plus du langage ont pu se sentir un peu frustrés, devant cette forme de langage, qui semble étrangère au langage structuré que l’on connait. L’effort de Christian Metz est une réflexion sur l’analogie, et d’y trouver derrière l’image une structuration, une lecture à l’identique de la linguistique. Lire la suite

Bateson jeu de singes et les messages métacommunicatifs

Grégory Bateson – Vers une écologie de l’esprit, 1977.

Points de repère

Point de repère

Intéressons nous à Grégory Bateson ( 1904 – 1980 ), anthropologue anglais.

Dans la communication, il distingue les messages usuels et certains d’une autre classe, qui renversent la structuration usuelle qu’on en voit de la communication. Des signaux qui englobent et transforment les niveaux de communication.

G. Bateson reste concret dans ses recherches. Il travaille d’ailleurs en Nouvelle Guinée, dans l’étude du comportement des animaux. C’est de ses observations qu’il construit ces réflexions, et met en lumière la notion de « cadre – jeu », que nous aborderons ci après.

Niveaux de communication verbale.

Dans la communication, on distingue plusieurs niveaux :

  • Le niveau dénotatif : le message illustre un fait : « le chat est sur le paillasson ».
  • Le niveau métalinguistique : le message explicite ou implicite où l’objet du discours est le langage. ( « le mot chat n’a pas de griffe ». )
  • Le niveau métacommunicatif : l’objet du discours est la relation entre les locuteurs (« me dire où s’est caché le chat est gentil de votre part »).

Il existe une autre classe sur la façon doivent être interprétés ces messages.

Une étape importante de la communication est de saisir qu’un message peut être interprété par celui qui le reçoit, et ne pas le prendre pour tel.

Ne pas répondre de manière « automatique » au message, mais intégrer le fait qu’il peut être faux, exagéré, amplifié.

Et comprendre que le signal a été émis dans d’autres finalités que ce que le message lui-même signifie.

Le signal n’est pas que signal. Généralement, nous y répondons souvent comme des stimulis. Les phéromones sexuels pour un mammifère qui d’instinct réagit ; la publicité qui réussit à vendre le gout de l’arôme d’un café, sans que l’on prenne conscience que le message publicitaire est faux.

Ceci est un jeu.

C’est au zoo de Fleishhacker, de San Fransisco que Bateson fait sa découverte. Il recherche si un organisme donné est capable d’assumer qu’un signe qu’il émet ou qu’il reçoit est un signal, c’est-à-dire qu’il comprend que le signe n’est pas que message brut, mais qu’il doit être interprété. Ou que ce signe est volontairement un signal, un message.

« Je savais, évidemment, qu’il était peu vraisemblable de trouver des messages dénotatifs chez des mammifères non humains ; ce que je ne savais pas encore c’était que les données fournies par le monde animal m’obligeraient à réviser complètement ma pensée. Et pourtant ce que j’ai vu au zoo, ce n’était qu’un phénomène banal, connu par tout le monde : j’ai vu jouer deux jeunes singes : autrement dit, deux singes engagés dans une séquence interactive dont les unités d’actions, ou signaux, étaient analogues mais non pas identiques à ceux du combat, il était évident aussi que pour les singes eux-mêmes ceci était un « non-combat ». Or ce phénomène où le jeu n’est possible que si les organismes qui s’y livrent sont capables d’un certain degré de métacommunication, c’est-à-dire s’ils sont capables d’échanger des signaux véhiculant le message : « ceci est un jeu ».

Ainsi lorsque le singe imite un coup donné , il envoie un signal signifiant « le signe de te frapper n’est pas un vrai coup, mais il faut le considérer comme un  ».

Ainsi la communication (non verbale) du singe vaut ( dénote ) pour un coup mais n’en n’est pas un. Les actions du jeu sont liées à d’autres actions, du « non jeu »

D’autres exemples nourissent ces mêmes niveaux de communication :

La menace (  « je fais mine de faire peur » ), la tromperie ( singes hurleurs ), la parade.

Ces signes ( le bâton levé en l’air, le cri de menace ) ne sont pas réels ( la baton n’est pas lancé ,etc.. ), mais ils « valent pour » la blessure si le bâton était lancé.

Dans la communauté humaine, ces messages métacommunicatifs foisonnent : la simulation du théatre (où on joue), le bluff, le jeu…

L’intérêt des recherches de Bateson est que ces niveaux de communication préexistent avant même l’intellectualisation ou la conscience et avant même la communication dénotative,  ou préverbale  des animaux. L’animal, lorsqu’il joue, communique sur quelque chose qui n’existe pas.

Ces éléments sont à  approcher des notions suivantes ( non développées dans cette analyse ) :

–          La carte et le territoire [ Korzybski ] : le singe assimile la carte et le territoire : la carte étant le terrain de jeu, et le territoire les actions de jeu et de « non jeu » .

–          La notion du « message-cadre »  qui précise à quel niveau de communication nous dialoguons.

–          Le paradoxe d’Epiménide sur lequel Bateson se penche dans l’article (Vers une écologie de l’esprit ), et qui dévoile les imbrications entre des niveaux d’abstraction de la communication différentes.