Archives du mot-clé Sémiologie

Monsieur Jourdain sur le web

norman_video_etude_commentaireM. Jourdain, de Molière, fait de la prose sans le savoir.

Et sur le web, les nouveaux usages des réseaux sociaux procèdent du même principe : la nouveauté fait oublier que l’on recycle involontairement les usages, les perceptions de notre monde quotidien.

Et c’est ce qu’a très bien compris Norman ( Norman fait des vidéos ), humoriste d’Arras.

Qui sans le savoir nous donne des leçons sur le web sur les nouveaux usages web 2.0, et sur nos usages. Lire la suite

La fin du journal d’annonces gratuites, cet objet désuet du XXeme siècle

L’arrivée des sites d’annonces gratuites sur internet a progressivement détruit les journaux papiers de petites annonces.

Finies les annonces qui n’étaient éditées qu’une semaine plus tard.

Finis les mots courts, abrégés, pour tenir dans les 3 lignes.
Qu’à changé cette fin programmée dans nos usages ? La fin du journal papier, remember ! Lire la suite

Mythologies de Roland Barthes

Points de repère

Plus loin

Roland Barthes [ 1915 – 1980 ] est un acteur majeur de la discipline des sciences de l’information et de la communication.

Sémiologue, il a eu un regard neuf et moderne sur notre appropriation des mythes contemporains que sont la publicité, la mode, la presse.

De là, dans Mythologies, il décortique notre société et la décrypte.

[ on retrouvera plus bas quelques billets sur ces décryptages ]

Dans la seconde partie de son essai, il s’intéresse au mythe. Et à nous de s’y intéresser, car il est sous-jacent à notre monde d’aujourd’hui.  Lire la suite

Le blues des adolescents sur les réseaux sociaux , ou le Fomo

Le Fomo ( Fear of missing out ).

Le 6 février est la journée déclarée sans telephone. Histoire de décrocher d’une certaine addiction au smartphone, et à tout ce qui va avec : les réseaux sociaux !

Pour les ados, dont j’ai fait partie, lisez ce texte : Parole à un ado, ou la solitude.

Un ado, 14 ans, à table, à ses parents  :  » J’ai fermé mon compte Facebook, définitivement ». Bug ?

Non, une réalité qui commence à toucher les jeunes générations dites « génération Y ».

Frustration de voir en permanence ( en temps réel ) ses contacts « amis » des réseaux toujours occupés, toujours beaux, toujours entourés… Et moi ? pense l’ado de 14 ans ?

Serait-ce la fin des amis sur Facebook ? Lire la suite

Sémiologie et apports de Peirce

L’œuvre de Charles Sanders Peirce est restée longtemps confidentielle. En terme de recherche sur les sciences de l’information et de la communication, Peirce est une référence.

Pourquoi Peirce n’est il pas à côté de Freud, de Régis Debray, ou de Wiener ?

–          Logicien, il n’a pas eu n’a pas eu de poste universitaire, et est resté longtemps marginal. Ses travaux ont été réellement publiés un siècle après sa mort.

–          Le degré d’abstraction de ses recherches a freiné sa compréhension, et la vulgarisation de ses travaux n’a trouvé peu de vulgarisateur.

Peirce un chercheur génial ? Quels apports de Charles Sanders Peirce ? Lire la suite

L’analyse des images, par Christian Metz

Christian Metz [ 1970 ]. L’analyse des images. Revue de communication.

L’image a une ressemblance avec la réalité. Elle appelle à nos sens, la vue, à la sensation, le cœur plus qu’à la raison. Les experts en linguistique, qui s’occupent plus du langage ont pu se sentir un peu frustrés, devant cette forme de langage, qui semble étrangère au langage structuré que l’on connait. L’effort de Christian Metz est une réflexion sur l’analogie, et d’y trouver derrière l’image une structuration, une lecture à l’identique de la linguistique. Lire la suite

La clôture sémiotique

Points de repère

Plus loin

Qu’est ce qui sépare la nature de la culture ?

L’homme fait partie de la biosphère, en tant qu’organisme vivant. La séparation du corps et de l’esprit a longtemps marqué la frontière entre l’homme et la nature. L’homme comme un être capable de se détacher de la nature.

Cependant, l’homme est un organisme vivant répondant aux mêmes lois de l’écologie du système. Il est immergé dans un monde fait de signaux, d’évènements auquel il doit s’adapter. De son propre environnement ( nourrir son corps, lutter contre la mort ) et de l’environnement immédiat. Edgar Morin, dans La Méthode retrace le cercle vertueux d’un être simple qui par complexification aboutit à l’être « supérieur », l’homme. Qui vit dans son environnement.

Vivre dans son environnement c’est le maîtriser. A la différence du monde végétal, qui s’auto alimente ( par la photosynthèse par exemple, et les sels minéraux puisés dans son environnement immédiat ), l’homme doit survivre, et chercher ses moyens de subsistance.  L’enfant qui naît est totalement dépendant de sa mère. Communiquer vers l’autre est un acte de survie, comme se nourrir. Maitriser le monde, et la communication, c’est d’abord appréhender les signes de la nature.

Déchiffrer les signes, c’est l’objet de la sémiotique. Mais comme M. Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, jongler avec les signes, c’est un acte naturel. L’enfant construit les mots, associe par analogie un son avec une action, un état ( la chaleur de « maman »). Comprendre les mots, c’est trouver le signifié ( le mot « porte » ) avec le signifiant ( l’objet porte ). Un courant fort de la linguistique ( Saussure ) a associé le signe avec le duo signifiant / signifié.

La structuration linguistique.

Cette structuration du monde réel se base sur la linguistique et la langue. Les mots « pose » et « rose »  se distinguent par l’opposition de 2 lettres p/r. Il s’agit d’une opposition digitale, du « tout ou rien » ( ou binaire ). La différence entre le sourire et la tristesse peut se représenter par un trait arrondi vers le haut ( le sourire ) ou vers le bas ( la tristesse ). Dans la sémiotique de la cuisine, cette opposition peut se traduire par le cru / le cuit.

Manipuler les signes, cela revient à les structurer comme la langue, par oppositions.  On parle alors de rhétorique. Comme dans la publicité ou le design ( forme arrondie signifiant la douceur ).

Cette écriture ou lecture « digitale » renvoie à la symbolisation.

Cependant, de nombreux signes y échappent. Ainsi, les signes inférieurs comme la mélodie, une sonnerie, l’intonation de la voix, un geste. Une odeur. Ces signes ne sont pas structurés comme le langage.

La pyramide sémiotique.

L’apport de Charles S. Peirce a permis d’élargir les signes à tout ce qui nous semble « inférieur » dans les perceptions que nous avons du monde. A force de raisonner, nous avons perdu le sens de ce qui peut nous échapper.

Le premier signe « primaire », c’est l’indice. Une trace de pas qui existe par lui-même, sans qu’il ait été « conscientisé ». Pas de code associé à ce signe. Il existe par lui-même.

La seconde nature des signes est l’icône, ou l’image ressemblante. Comme un dessin, une sculpture.

La troisième nature de signe est le symbole ( dans lequel on retrouve les signes représentés par la linguistique, évoqués ci dessus ).

Clôture sémiotique.

Par l’icône et le symbole, la coupure avec la nature est faite.  Les animaux sont sensibles aux indices, mais restent indifférents à une photographie. Les similarités peuvent exister avec l’objet, mais elles sont reconstruites, et représentées. Par un code le plus souvent. La frontière entre indices et icône/symboles définit ce qu’on appelle la clôture sémiotique.

En dessous de l’ordre de l’icône, dans l’ordre indiciel, la raison et l’abstraction n’opèrent pas. C’est le domaine du rêve, du flot de paroles, des gestes. C’est la soupe « primitive » dans laquelle on ne réfléchit pas. Cela peut être l’extase, la communion entre les hommes devant un match de football.

Au-delà, il s’agit de convention, code, et abstraction. C’est se qui permet de prendre le recul sur les choses, et sur le monde. C’est fondamentalement maitriser le monde.  Les conventions de table ou de politesse par exemple peuvent paraître ennuyeuses, mais elles permettent de prendre prise sur la vie, de se rassurer, de prendre les raccourcis utiles à la bonne vie dans le monde humain.

Pyramide sémiotique de Peirce

La sémiosphère ternaire de Peirce.

Comme on l’a évoqué, prendre prise sur un signe nécessite un code, une abstraction. Donner du sens. En cela, on entrevoit clairement qu’il faut un interprétant au signe. Et que le signifié d’un signe n’existe que pour celui qui le capte. La couleur blanche peut évoquer aussi bien la joie et le bonheur ( mariage ) que le deuil ( dans certaines cultures ).  Entre l’objet matériel et le signe représenté, Charles Peirce introduit l’interprétant.

Ainsi les signes suivent le schéma :

En ce sens, la relation entre paires ( signifiant / signifié ) de Saussure est un processus énergétique de stimulus / réponse ou Cause / effet. Et non un processus informationnel.

C’est là la différence entre le monde des signes et le monde naturel.

Le monde naturel, en effet, est le domaine des actions entre paires, telles que la relation stimulus/réponse, ou cause/effet. Si je reçois un coup, je peux tomber. La poussée n’est pas sémiotique, c’est une pression physique. On remarquera que si je reçois un coup, je vais peut être réagir, sans réflexion , en réponse à un stimulus, une menace.

Signifier ,au contraire, suppose trois termes, pas deux. Le troisième terme permet de choisir ou non. De réagir ou pas. Choisir de répondre au monde ou pas.

En cela, l’information et le signe permettent la liberté, le choix, et la prise sur le réel.

Le schéma de Peirce est plus novateur, et réalise l’importance des trois termes ( signe/objet/interprétant ) sur le processus informationnel.

A lire également, pour approfondir : Indice symbole et icone de Peirce, Sémiotique de Charles Peirce

Introduction à la sémiologie

La sémiologie ou l'étude des signesLa sémiologie est l’étude des signes, dans la vie sociale.

Les signes sont partout, et de plus en plus dans notre société moderne, société dite tertiaire.

L’agriculture est de l’ordre de la nature, et peu productrice de signes.

Maîtriser les signes, et au moins les comprendre est une nécessité de notre monde d’aujourd’hui.

Sémiologie renvoie au signe, ou par exemple au symptôme.

Dans la médiologie médicale par exemple, il s’agit de déceler sur les symptômes, ou signe, les explications d’une maladie. Le signe renvoie à une interprétation possible. Une tâche visible sur la peau est à interpréter.

Plus largement, tout est matière à sémiologie. La publicité utilise largement le signe, comme discriminant d’une marque à l’autre. Le signe de la marque Nike par exemple permet d’identifier la marque sans aucune mention de « nike ». Juste un signe écrit sur les maillots…

Etudier les signes, et les catégoriser par une « sémiotique », c’est pertinent pour mettre en évidence notre lien avec la réalité, intégré par un recul sur les choses .

Pouvoir lire une étiquette d’une bonne bouteille de vin permet d’en jauger la qualité.

Et éviter l’ivresse… Boire le vin est bien plus jouissif.  Abuser de cette sémiotisation, c’est réduire toute la réalité à des concepts un peu stériles.

Michel Serres notait lui-même dans le « Tiers instruit » la passion à vivre et expérimenter, et ne pas tout schématiser.

Les concepts en peu de mots sont souvent une stérilité, et il est plus facile de construire une théorie en quelques mots ( comme la mode de la « génération Y » ) que d’appréhender la complexité du monde.

Des exemples intéressants ont permis de vulgariser la sémiotique, notamment au niveau de l’image.

Une émission télévisuelle «  Arrêt sur image » a permis de décrypter nos médias, et de capter la partie « invisible » mais tellement évidente des signes concrets d’une communication analogique. Les gestes, les intonations, les lapsus ont une part de vérité communicationnelle plus révélatrice que le contenu du message lui-même.  Quand j’arrive à un entretien d’embauche, les gestes maladroits ont plus d’impact que le contenu de mon CV.

On sent bien que le signe peut être très « primaire », comme l’indice : une trace de pas dans la neige, les cloches d’une église annonçant le décès d’un paroissien, un trémolo dans la voix. Il peut être plus évolué, en copiant une réalité : une photographie représentant un évènement. Qu’on nommera « icone ». Ou un symbole : une interprétation de la réalité par un signe détaché de son signifié. Le symbole « Nike » en fait partie. Il ne ressemble pas à la chaussure. C’est l’association du signe et de la marque qui définit cette relation de signifiant/signifié. Sur l’indice, l’icone et le symbole, on se réfèrerra au texte https://zeboute.wordpress.com/2010/11/09/indice-symbole-et-icone-de-peirce/.

A quoi sert donc la sémiologie ? A capter le réel, et surtout s’en détacher. Maîtriser le signe, c’est maîtriser notre époque.

Textes relatifs:

Au trop plein de « signes », dans l’article infobésité, ou le besoin d’une clôture sémiotique ]

Sémiotique de Charles S. Peirce

Points de repère

Plus loin

Charles Sanders Peirce ( 1839 – 1914 ) est logicien, philosophe et homme de sciences américain.

La sémiologie est l’étude des signes au sein de la vie sociale, et de la culture.

Les signes sont partout : la trace des griffes d’un oiseau dans la neige, une photographie, un un panneau de signalisation…

Saint Augustin indiquait : «  le signe est une chose qui se tient pour une autre chose ».

C’est la définition la plus simple que l’on trouve du signe.

Autrement dit, un signifiant et un signifié. Les 2 faces d’une pièce de monnaie inséparables : la panneau rouge tiré d’un trait blanc ( le signifiant ) indique que le passage est interdit ( signifié ).

L’apport de Charles S. Peirce est d’avoir élargi la réalité binaire de ces signes.

La signification du panneau « sens interdit » n’est valable que pour le conducteur automobiliste. Autrement dit, un troisième élément est nécessaire.

De même, le ciel rouge m’indique qu’il fera beau demain. Pour un peintre, le ciel rouge peut avoir d’autre intention.

Ainsi, Peirce définit ainsi le signe : « Un signe, ou Representamen, est quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose sous quelque rapport ou à quelque titre. Il s’adresse à quelqu’un. Ce signe je l’appelle l’interprétant du premier signe. Ce signe tient lieu de quelque chose : de son objet ».

« Le rapport de sémiose désigne une action, ou une influence, qui est, ou qui suppose, la coopération de trois sujets, tels que le signe, son objet et son interprétant.  Cette relation ternaire ne peut se laisser en aucun cas ramener à des actions entre paires ». Signifier suppose ici 3 termes, et non seulement deux.

A lire également : Indice symbole et icone de Peirce : une lecture de son texte fondamental.

Les SMS ne font pas de fautes d’orthographe

le SMS contre la dictée ?

le SMS contre la dictée ?

A ceux qui voient dans les SMS ou les MSN la destruction de notre belle langue française !

Le SMS réduit les mots à des phonèmes ( « oqp » pour « occupé « ). On n’y met des smiley ( 🙂 ), pour dire que tout va bien. Plus de conjugaison. Plus d’article. L’efficacité et la rapidité avant tout !

Communiquer c’est vivre efficacement. Or le SMS est justement l’instrument le plus efficace dans son langage ( son code ).

Pourquoi écrire « joie » lorsque « joi » suffit à comprendre le mot ? La théorie de l’information utilise largement la probabilité de l’information pour la coder. On estime la langue anglaise redondante de moitié : c’est-à-dire qu’on pourrait diviser par 2 les lettres, mots pour se comprendre ! La moitié des mots ne « sert » à rien.  Le SMS joue de cette redondance qu’on supprime, parce qu’écrire un SMS c’est limité à 160 caractères, et surtout cela fatigue le pouce sur le clavier !

N’y voyons donc pas de procédé fallacieux pour déformer la langue française, mais comme la pensée et la communication humaine s’adaptant à cet outil.

On retrouvera plus précisément une sémiotique du SMS , à ce sujet : sémiotique du SMS.