Figures essentielles des Sciences de l’information et de la communication

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Ce dictionnaire rassemble les figures clés des sciences de l’information et de la communication.

Il contient une liste évidemment non exhaustive des relais, défricheurs du domaine de la communication.

Sont résumés les éléments clés qui déterminent ces choix. La synthèse ici ne permet de résumer en détail l’oeuvre et les textes des auteurs. On lira avec soin les articles associés.

Asch, Solomon.

Solomon Asch est un pionnier de la psychologie sociale, et notamment dans les impressions qu’on peut avoir dans un contexte et une situation donnée. Il s’intéressera au comportement de groupe, et la perception cognitive et globale.

Austin, John. 

A Austin, on associe la formule « quand dire c’est faire » : il voit dans la parole un acte d’action, performative. Lorsque je dis « je me marie avec toi », « je déclare la guerre », ce ne sont pas que des mots, mais des actes. Le mot comme valeur d’action.

Barthes, Roland.

Roland Barthes décrypte le monde moderne du XXeme siècle, dans la publicité, les médias, la presse, notre quotidien. A travers des exemples concrets ( la fameuse DS citroen, la margarine Astra, le catch .. ), il met en évidence le nouveau mythe de notre monde contemporain.

Bateson, Grégory.

Grégory Bateson [ 1904 – 1980 ] est un anthropologue anglais et zoologiste, qui a longuement étudié les civilisations lointaines, pour en conceptualiser certaines caractéristiques de communication. Notamment la double contrainte, qu’il illustre par l’observation des habitants de Bali.

Birdwhistell, Ray.

Anthropologue américain, Ray Birdwhistell formalise la « kinésique », ou le langage du corps. Chaque mouvement de corps est un message, aussi trivial qu’un mot qu’on prononce. Au delà, la communication est un acte performatif, une mise en action, un processus de la culture.

Debray, Régis.

Régis Debray à inventé le concept de Médiologie, ou l’étude de la transmission de la pensée : la pensée se repose sur l’objet technique ( les moyens de communication comme accélération des idées ). Régis Debray dénonce la fin d’une époque de l’école républicaine, qui transmettait la pensée, le respect, la tradition du « lire » et « écrire », de l’effort ; face aux nouveaux usages médiatiques actuels. Il invente la formule de « l’effet jogging ».

Eco, Umberto.

Ecrivain, philosophe, Umberto Eco a commencé son parcours universitaire par s’intéresser sur l’étude des signes, la sémiologie. Il en fait une démonstration fulgurante dans son roman « Le nom de la rose » qui sera un best seller mondial. Le recul nécessaire et son intelligence donnent un regard sur les choses et le monde du XXième siècle.

Goffman, Ervin.

La communication n’est pas qu’un échange ping-pong de messages ( comme dans la vision « télégraphique » de la communication de Shannon et Jakobson ), mais une occasion de petites cérémonies, où chacun joue un rôle et assure l’ordre social. Etre dans un groupe, c’est devoir s’engager. Et faire bonne mine. Ervin Goffman fait partie de l’école de Chicago.

Girard, René.

Le rêve, les masses ; voilà le sujet de René Girard. Dans un monde de communion, le désir n’est qu’un mimétisme, à trois composantes. Sa vision du triangle mimétique est une respiration dans l’approche que l’on peut avoir dans beaucoup de sujets transverses.

Hall, Edward.

Edward Hall définit la proxémique, ou l’étude du rapport dans l’espace à l’autre, dans la communication. La distance avec l’autre est différente selon le contexte ( un ami, un étranger ), la culture ( américains / africains ). Et cet espace de distance joue sur nos rapports de communication. Il fait partie du collège « invisible », de l’école Palo Alto.

Jakobson, Roman.

Ce linguistique, qui rêvait de cartographier la langue comme la carte des symboles chimiques introduit les fonctions du langage, en 5 fonctions. Déclinaison du modèle de Claude Shannon, ce modèle fait référence, même s’il est limité à la vision télégraphique de la communication.

Mattelart, Armand.

Armand Mattelart est professeur à l’université de Paris-VIII, auteur de nombreux ouvrages autour de la communication. Notamment, il s’intéresse à l’aspect global de la communication par l’échange, les réseaux techniques de la communication et de son histoire, au-delà de la pure communication médiatique traditionnelle. « L’invention de la communication » est un ouvrage de référence sur le sujet.

McLuhan, Marshall.

MacLuhan, professeur de littérature anglaise, est surtout l’un des piliers et fondateurs sur les études sur les médias. Et a su démocratiser le sujet auprès du grand public. La formule célèbre, qui a nourri ses recherches est « The medium is the message » ( le message, c’est le médium ).

Metz, Christian.

Christian Metz s’intéresse à l’image, et plus particulièrement au cinéma. Il s’interroge sur les différences entre l’écrit et l’image, derrière la structuration du langage.

Morin, Edgar.

Edgar Morin est directeur de recherches honoraire au CNRS. Dans son oeuvre majeure de la Méthode, déclinée en 6 tomes, il s’intéresse à la complexité du réel. S’inspirant des concepts de rétroaction, il définit une méthode de pensée récurcive, qui englobe l’ensemble de la connaissance ; et centrée autour de l’homme. Ses réflexions nourrissent l’appréhension de l’homme du monde, et donc de la communication et des relations humaines.

Shannon, Claude.

Claude Shannon formalise la théorie mathématique de l’information telle qu’on la connait de façon usuelle aujourd’hui : celle de la transmission, comme un télégraphe, d’une information d’un point donné à un autre, via un canal et un code. Cette vision télégraphique a nourri l’informatique d’aujourd’hui. Son modèle dit de Shannon fait référence dans le monde scientifique et de la communication.

Peirce, Charles.

Longtemps, le langage, la perception des choses se sont fermées sur 2 faces d’une pièce : le signifiant et le signifié. Pierce définit un troisième type de relation, l’interprétant. Et catégorise le signe, le symbole, l’icône. Il introduit un nouveau champs, celui de la sémiotique.

Serres, Michel.

Michel Serres est un des grands philosophes français. Par son oeuvre, l’objet de la communication a bien sûr été largement commenté dans ses oeuvres et intervention. Professeur aux Etats Unis, il a un regard lucide sur l’évolution de notre société de communication. Plus récemment, Michel Serres, par son essai « la petite Poucette » met en lumière les nouveaux usages et apprentissage des jeunes générations autour du monde numérique.

Turing, Alan.

Mathématicien, il permet de sauver le monde du joug des allemands pendant la seconde guerre mondiale, en décryptant les codes secrets de la machine Enigma allemande. Il construit les fondements de la machine, et de l’ordinateur d’aujourd’hui : la machine de Turing. Il découvre la faille de nos machines, via le théorème de Turing. Et on lui doit un texte fondamental sur l’intelligence artificielle : la machine peut elle penser ?

Von Neumann, John.

Mathématicien hongrois, il est fondateur des neurosciences, de l’informatique. Il définit l’architecture informatique actuelle ( architecture de Von Neumann ) qui sépare le hardware ( quincaillerie ) du software ( logiciel ), comme nos ordinateurs aujourd’hui. Il fait le parallèle entre la structure neuronale du cerveau humain, et de la structure digitale des ordinateurs.

Watzlawick , Paul.

Fer de lance de l’école Palo Alto, aux Etats-Unis, Paul Watzlawick est psychologue, psychothérapeute et psychanalyste. Il définit les axiomes de la communication, loin des schémas traditionnels de la communication verbale « télégraphique » : au delà de la transmission de messages, nous communiquons avec nos tripes, même quand on ne le souhaite pas. Et la communication n’est pas que digitale, mais analogique.

Wiener, Robert.

Père de la cybernétique, ou l’art de « gouverner », Wiener voit dans l’information un processus vertueux, et rétroactif qui doit conduire l’humanité à mieux se comprendre, et donc progresser.

On pourra se référer également au Dictionnaire des mots clés des Sciences de l’information, et de la communication ; ainsi que le Dictionnaire des mots clés de la vie numérique.

6 Commentaires

Classé dans Communication, Histoire science de l'information et de la communication, Point de repère

6 réponses à “Figures essentielles des Sciences de l’information et de la communication

  1. jonathan valère

    Bonjour,
    J’apprends en ce moment les SIC et notamment la sémiologie de l’image. Votre blog m’est d’une grande aide dans mon apprentissage sur les concepts généraux de ces disciplines. J’ai une petite remarque sur la figure de Peirce. Vous avec mis « Pierce définit un troisième type de relation, l’interprétant. » n’est ce pas plutôt « Pierce définit un troisième type de relation, l’objet/référent. » ? Voilà et encore bravo pour votre travail !!

  2. Pingback: Qui est le gourou de la communication ? | Zeboute' Blog

  3. Pingback: Site de référence sur la communication : 500 articles | Zeboute' Blog

  4. Loupe

    Merci pour ces mines d’informations !

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