Eléments de sémiologie, selon Roland Barthes

un signe, nature ou culture ?

un signe, nature ou culture ?

Roland Barthes, philosophe Français, et sémiologue a décrypté notre monde de signes.

Et à l’heure où le signe est partout, ses réflexions restent modernes.

Dans l’aventure sémiologique, Rolan Barthes parcourt les notions fondamentales des études du signe.

Quoi de mieux de découvrir les définitions, l’histoire de la sémiologie !

Le signe est partout !

Les notions de signifié et signifiant sont une base de l’étude des signes.

Alors, que sont signifié et signifiant ?

Pour Saussure, le signifié et le signifiant sont les composants du signe.

Le terme signe est présent un peu partout : en médecine, en informatique, dans la publicité, dans la nature, sur nos routes.

Le mot signe s’insère dans les notions des mots signal, indice, icône, symbole. Ils semblent rejoindre les même notions selon les définitions qu’on peut lire, selon les auteurs, l’histoire.

Alors soyons clairs : toutes ces notions s’inscrivent dans un élément commun. Ils renvoient tous nécessairement à une relation entre deux relatas. ( terme relié à une référence ). Il y a bien deux termes derrière le signe.

« Un signe est une chose qui, outre l’espèce intégrée par les sens, fait venir d’elle même à la pensée quelque chose d’autre » ( saint Augustin ).

Le signe est l’union du signifiant et du signifié, tel que la formalise Saussure.

  • Le signifiant est la forme qui véhicule une idée, un concept, le signifié.
  • Le signifié est le concept, l’idée.

Le signe unie comme la feuille de papier unie le recto et le verso d’une feuille.

Saussure insiste sur le fait qu’il ne faut pas confondre signe et signifiant. On a souvent tendance à confondre le signe avec le seul signifiant.

Le signifié.

Le signifié n’est pas une « chose », mais une représentation psychique de la chose.

Saussure lui-même a bien marqué la nature psychique du signifié en l’appelant concept. Le signifié du mot bœuf n’est pas l’animal bœuf mais son image psychique.

Le signifiant.

La sémiologie ou l'étude des signesLa nature du signifiant suit la même logique que le signifié : on ne peut séparer sa définition de celle du signifié.

La différence que souligne Roland Barthes , c’est cette différence essentielle :

 c’est que le signifiant est un médiateur : la matière lui est nécessaire.

Il y a besoin pour le signifiant de s’exprimer dans des mots, des sons, des images.

Le signifiant est un médiateur ( matériel ) du signifié.

La nature de cette médiation est de rapport arbitraire, selon Saussure.

Ainsi, en partant du fait que dans le langage humain, le choix des sons ne nous est pas imposé par le sens lui-même, Saussure avait parlé d’un rapport arbitraire.

Le bœuf par exemple n’oblige en rien au son bœuf, puisque aussi bien ce son est différent dans d’autres langues).

Benvéniste a contesté cette approche d’arbitraire ( dans Nature du signe linguistique, 1939 ).

Benvéniste pense que ce qui est arbitraire, c’est le rapport du signifiant et de la chose signifiée ( du son bœuf et de l’animal bœuf ); mais la chose lui même n’est pas le signifié, c’est la représentation psychique de la chose ( concept ).

Roland Barthes commente :

« L’association du son et de la représentation est le fruit d’un dressage collectif ( par exemple de l’apprentissage de la langue française ) ; cette association ( qui est la signification ) n’est nullement arbitraire ( aucun français n’est libre de la modifier ), mais bien au contraire nécessaire. A arbitraire, on choisira plutôt de dire que la signification est immotivée, en linguistique. »

La signification.

On a vu que le signe liait le signifiant et le signifié. L’acte de mettre en liaison ces deux notions est la signification.

Cette immotivation est cependant partielle dans le cas des onomatopées. Le mot ressemble à ce qu’on veut exprimer.

« On dira donc d’une manière générale que, dans la langue, le lien du signifiant et du signifié est contractuel dans son principe, mais que ce contrat est collectif, inscrit dans une temporalité longue ».

Au fil du temps, la parole et la langue modifient les usages; et de facto ce contrat.

Un mot peut dans le temps changer de signification.

Levi Strauss à ce propos explique que le signe linguistique est arbitraire à priori, mais non arbitraire à posteriori.

On définit ainsi : un système est arbitraire lorsque ses signes sont fondés non sur un contrat mais par décision unilatérale.

Par exemple : dans la langue, le signe n’est pas arbitraire. Dans le domaine de la mode, que Roland Barthes prend souvent en exemple, le signe est arbitraire. Le design des vêtements est décidé par une poignée de créateurs.

La valeur.

Dépasser le signe comme l’union du signifiant et signifié.

Le signe ne se définit pas seulement comme la seule bi-face du signifiant et du signifié. Il vit dans un contexte. Et il faut aborder le signe également par ses « entours ».

C’est ce qu’on définit par la valeur.

Pour qu’il y ait signe, il faut pouvoir échanger deux choses dissemblables et d’autre part comparer des choses similaires entre elles.

On peut échanger deux choses dissemblables ( le mot savon et cinéma ) mais on peut également comparer deux choses ( c’est à dire du similaire ).

Le sens n’est vraiment fixé qu’à l’issue de cette double détermination : signification et valeur.

Saussure explique ainsi : « ce qu’il y a d’idée ou de matière phonique dans un signe importe moins que ce qu’il y a autour de lui dans les autres signes ».

Pour illustrer ce double phénomène de signification et valeur, Saussure reprend son image du recto verso qui lie signifiant au recto et le signifié au verso.

Seulement, il prend une feuille de papier qu’il découpe en divers morceaux., découpés en même temps. Par exemple en trois morceaux. Chacun des morceaux a un recto verso illustrant le signifiant et signifié. Et c’est la globalité des morceaux découpés en même temps qui définit le sens de chacun. Le sens intervient lorsqu’on découpe en même temps et d’un seul coup ces morceaux. Les signes ainsi produits relèvent d’articulation. Le sens est donc un ordre, mais il est essentiellement division, décomposition simultanée.

Les deux axes du langage.

Les liens qui unissent les termes linguistiques se développent sur deux axes.

Ils se posent sur deux formes d’activités mentales

  • Le syntagme :

Le syntagme est une combinaison de signes, qui a pour support l’étendue. C’est l’exemple d’une phrase d’un discours prononcé. Dans le langage, cette étendue est linéaire et irréversible. Elle s’inscrit dans le temps. Chaque mot prononce l’un après l’autre constitue une chaîne parlée.

Deux éléments ne peuvent être prononcés en même temps. Et chaque terme tire ici sa valeur en opposition à ce qui précède et ce qui suit.

Voilà pourquoi avec un nombre limité de mots, on peut exprimer des milliers de choses différentes.

L’activité d’analyse qui s’applique au syntagme est le découpage.

  • Les associations. Paradigmes :

Le second plan sur lequel les termes linguistiques s’expriment est celui des associations.

Saussure explique :

« En dehors du discours ( plan syntagmatique ), les unités qui ont entre elles quelque chose en commun s’associent dans la mémoire et forment ainsi des groupes où règnent des rapports divers ».

Ainsi par exemple le mot enseignement peut s’associer par le sens avec les mots « éducation, apprentissage. Par le son aux mots « enseigner, renseigner ».

Chaque groupe forme une série mnémonique virtuelle .

L’activité d’analyse relative à cette activité est le classement.

Ce plan des associations nommé par Saussure a changé de nom et on ne parle plus aujourd’hui de plan des associations mais de plan paradigmatique.

Ces deux plans sont évidement liés.

La langue est du domaine de l’association, tandis que la parole est du domaine du syntagme.

Pour définir ce qui est du syntagme ou du paradigme, se référer à la linéarité du sujet permet de bien catégoriser. La parole par exemple est bien le flux continu de mots, tandis que la langue est cette boîte à outils de mots qu’on décide de choisir.

Terminologies similaires :

Les rapports syntagmatiques sont des relations chez hJjelmslev, des contigüités chez Jakobson, des contrastes chez Martinet.

Les rapports paradigmatiques sont des corrélations chez Jjelmslev.

Des similarités chez Jakobson. Des oppositions chez martinet.

Il est possible d’élargir le langage parlé à d’autres langages.

Les deux axes du langage, celui de la combinaison et celui de l’association sont illustrés ici par Roland Barthes.

Le travail d’analyse doit commencer par le découpage qui permet de déterminer les unités linguistiques. La classification des éléments élémentaires en paradigme intervient ensuite.

Cette articulation du syntagme et du paradigme s’applique dans tous les systèmes de signes, pas forcément dans le langage.

on trouvera ici un exemple dans le système du vêtement, de la nourriture, du mobilier, de l’architecture.

Parfois, on peut trouver des systèmes combinés syntagme. Un syntagme vestimentaire ou alimentaire peut être combiné avec le syntagme écrit ou parlé. C’est l’exemple du menu du restaurant qui intègre les éléments alimentaires et la carte ( la description de l’entrée, du plat principal ).

Il y a aussi des systèmes syntagmatiques discontinus. C’est le cas du système de signalisation routière. Les signes routiers ( panneaux de signalisation ) sont séparés par de longs espaces vides ou insignifiants ( fragments de routes ou de rue ).

On lira également les apports majeurs de Peirce, sur la notion de signe :

Sémiotique de Charles Peirce

 

 

 

 

 

Publicités

Une réflexion au sujet de « Eléments de sémiologie, selon Roland Barthes »

  1. Ping : Mythologies de Roland Barthes | Zeboute Infocom’

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.