Archives du mot-clé communication

Calendrier du mois

Prenons date ! C’est la rentrée de Septembre, l’occasion de  remettre  les neurones en place , et se consoler de l’été par des moments de grâces :

D’abord , émotion :

D’abord s’enlacer, se mouvoir dans le monde …

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/27/la-vapeur-des-corps-communication-fusionnelle/

Ensuite , quoi de neuf dans le marketing et le net ? L’usage, user user user les nouveautés ? A voir dans son sac à main ..

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/25/lusage-et-nouvelles-technologies/

Et un texte fondamental, logique de la communication, un pied de nez à la communication née de l’informatique. plutôt penser relation.

texte fondamental, innovant dans la recherche sur la thérapie mentale :

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/17/paul-watzlawick-une-logique-de-la-communication/

Bonne lecture, octobre arrive , à suivre !

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Penser et twitter en 140 caractères

twitter en 140 caractèresJ’aimerais communiquer sur l’intérêt de Twitter car c’est aujourd’hui un moyen formidable d’échanger intelligemment sur la pensée humaine

Fin du message Twitter. Les 140 caractères sont dépassés.

Non que la technique informatique ne puisse me permettre d’aller plus loin dans mon propos [ les capacités de stockage et de partage de l’information sont aujourd’hui astronomiques ].

Non que les coûts pour son usage restreignent la longueur de mon message, puisque twitter est gratuit.

Dans les petites annonces dans les journaux papiers,  la longueur du message a un coût pour celui qui veut faire diffuser son annonce  ( d’où les messages typographiés dans les annonces sur les annonces de location d’appartement par exemple ). La technique limite aussi la capacité du message ( les messages personnels édités dans les pages du journal Libération par exemple sont limités à une dizaine par édition ).

Ces contraintes de coût et technique poussent l’écriture de ces messages à l’économie de mots.

Twitter ne procède pas de ces contraintes.

A l’origine, Twitter n’est pas conçu pour communiquer et échanger de l’information, mais pour dire ce qu’on est en train de faire ( « What are you doing ? »). On peut s’interroger sur son intérêt…

L’usage initial en est détourné comme beaucoup de technologies.

  • Que ce soit volontaire :

Par exemple, le piratage des messages codés allemands pendant la seconde guerre mondiale, par les travaux de Turing ont conduit à l’invention d’Enigma ; dont l’usage purement militaire a été détourné dans l’élaboration « civile » ensuite de l’ordinateur.

  • Que ce soit involontaire :

L’exemple des annonces de messagerie rose pour le minitel. À l’époque de la mise en place du minitel, la DACT et les fournisseurs de services pensent qu’il ne s’agit que d’un gadget ludique : pour eux l’avenir de la télématique réside dans l’information, et non la communication. D’ailleurs,  l’enjeu est d’abord financier pour l’état français, limiter les livraisons papiers des annuaires des pages blanches et jaunes…

Twitter est donc détourné de son usage, comme média de communication;  et en tant que média, il en a les attributs les plus primaires ( par la faiblesse de la quantité d’information transportée ).

La conséquence en terme est qu’elle en est réduite à la fonction phatique des fonctions du message : occuper le canal de communication (« je suis là » ) sans produire d’information utile.

Twitter aujourd’hui est devenu un média, plus qu’un réseau social.

Les relations se font autour de sujets à partager.

Les 140 caractères sont devenus un vrai phénomène, qui a insufflé Facebook et les médias.

Réduire à l’essentiel !

 

Pour approfondir, voir l’article https://zeboute.wordpress.com/2010/08/22/semiologie-du-sms/ qui analyse les caractéristiques du média « SMS », et sur lesquels on retrouvera les similarités. A vous d’en voir les différences !

Communiquer et entrer dans l’orchestre

Non, on n’est pas l’être absolu doté d’un cerveau omniscient, qui décrit ses mots, ses idées.

Non la femme de ménage n’a pas à rougir des idées écrites sur le site lemonde.fr… Les journalistes du Monde ont beau écrire les meilleurs textes,  si l’on n’est pas compris, nos mots et nos idées ne seront pas écoutés ou approuvés… Mais oubliés.

Communiquer c’est échanger, et surtout « faire avec ». On s’arrange avec la langue de tous, on se plie aux règles. On  ne vient pas dans le monde avec ses mots, on prend ceux qui trainent depuis des siècles.

La communication c’est une affaire sociale. Jouer de la même harmonie.

Ces mots paraissent évidents, dans notre société de médias « hyper-communicante ». Qu’en reste- il ?

Prenez Charcot et Freud. Les deux ont travaillé sur l’inconscient, la psychologie ; On ne retient que Freud, car au delà de ses convictions, il a su propager son message, via des congrés internationaux, publications. Le message ne suffit pas, il faut savoir comment s’ harmoniser avec l’orchestre.

Le contenu de son message ne suffit pas, aussi pertinent soit il. Parfois d’ailleurs, il a peu d’importance. La communication politique par exemple joue de la « non-information », ( ou appelée parfois « gueule de bois » ) . Non, l’important c’est d’être présent, jouer de la fonction phatique [ jakobson ]. Rester présent,  et être présent partout.

Autre exemple, les entreprises dans leurs formations de communication permettent aux salariés d’apprendre basiquement que le message qu’on veut donner est trahi par la voix, les gestes. D’où les enregistrements vidéos des interventions pour en arriver à un constat élémentaire : ce qu’on dit ( « les résultats de mon travail est essentiel » ) est trahi par un geste ( « une crispation de la bouche indiquant que je ne suis pas fier de moi » ) .

Chacun le sait, mais il est difficile d’en avoir conscience, car le média portant le message est invisible. L’enfant pointe son doigt vers la lune ? vous ne regardez pas le doigt mais pas la lune. Vous lisez « Marie Claire » ? vous ne regardez pas la texture, ni la topographie du texte. Le média est invisible, sauf peut être pour le « récepteur » du message, qui reçoit en plus du message d’autres messages ( dits analogiques ) portés par la voix, la gestuelle.

Qu’en faire ? Non toujours en avoir conscience, et se dire, qu’au fond, tous logés à la même enseigne … et qu’y réfléchir, c’est prendre recul …

A lire pour approfondir :

Entrer dans l’orchestre, c’est un axiome de la logique de la communication : Logique de la communication.

le blog et le sophiste

Les lycéens se souviendront de leurs cours de philosophie où l’on étudiait « les sophistes ». On se souviendra de Protagoras : « l’homme est la mesure de toute chose ». C’est la sensation qui guide la vérité. Tout est vrai, tout est faux. C’est l’efficacité de la parole qui dit si c’est juste ou faux. Si c’est meilleur ou pire. Et non réfléchir à l’adéquation du discours à l’être. [ logos ].

Les sophistes « parlaient à » et non « parlaient de ». En ce sens, ils ont libéré la parole, et ouvert la perspective du média, la parole. Et tourné un grand pas dans l’histoire des médias, et de la communication, qu’on a qualifié dans les années 1980 de « linguistic turn ».

Dans l’agora de l’antiquité, les meilleurs discours usent de la persuasion, de la rhétorique, des « belles phrases ». Les grands communicants sont rois. A la tribune. Aujourd’hui, à la télévision ( souvenons nous du grand Bernard Tapie ).

Les nouveaux sophistes ont trouvé leur nouvelle agora, place publique : le blog. Mais pour sortir de l’opinion, propre au café du commerce dont regorge internet, n’est pas sophiste qui veut.

Aujourd’hui, c’est possible, il faut en avoir la technique. Avec la même efficacité, et la même envie de bousculer l’ordre établi, l’institution, la culture, et… Platon… Allez bloguez !

Bateson jeu de singes et les messages métacommunicatifs

Grégory Bateson – Vers une écologie de l’esprit, 1977.

Points de repère

Point de repère

Intéressons nous à Grégory Bateson ( 1904 – 1980 ), anthropologue anglais.

Dans la communication, il distingue les messages usuels et certains d’une autre classe, qui renversent la structuration usuelle qu’on en voit de la communication. Des signaux qui englobent et transforment les niveaux de communication.

G. Bateson reste concret dans ses recherches. Il travaille d’ailleurs en Nouvelle Guinée, dans l’étude du comportement des animaux. C’est de ses observations qu’il construit ces réflexions, et met en lumière la notion de « cadre – jeu », que nous aborderons ci après.

Niveaux de communication verbale.

Dans la communication, on distingue plusieurs niveaux :

  • Le niveau dénotatif : le message illustre un fait : « le chat est sur le paillasson ».
  • Le niveau métalinguistique : le message explicite ou implicite où l’objet du discours est le langage. ( « le mot chat n’a pas de griffe ». )
  • Le niveau métacommunicatif : l’objet du discours est la relation entre les locuteurs (« me dire où s’est caché le chat est gentil de votre part »).

Il existe une autre classe sur la façon doivent être interprétés ces messages.

Une étape importante de la communication est de saisir qu’un message peut être interprété par celui qui le reçoit, et ne pas le prendre pour tel.

Ne pas répondre de manière « automatique » au message, mais intégrer le fait qu’il peut être faux, exagéré, amplifié.

Et comprendre que le signal a été émis dans d’autres finalités que ce que le message lui-même signifie.

Le signal n’est pas que signal. Généralement, nous y répondons souvent comme des stimulis. Les phéromones sexuels pour un mammifère qui d’instinct réagit ; la publicité qui réussit à vendre le gout de l’arôme d’un café, sans que l’on prenne conscience que le message publicitaire est faux.

Ceci est un jeu.

C’est au zoo de Fleishhacker, de San Fransisco que Bateson fait sa découverte. Il recherche si un organisme donné est capable d’assumer qu’un signe qu’il émet ou qu’il reçoit est un signal, c’est-à-dire qu’il comprend que le signe n’est pas que message brut, mais qu’il doit être interprété. Ou que ce signe est volontairement un signal, un message.

« Je savais, évidemment, qu’il était peu vraisemblable de trouver des messages dénotatifs chez des mammifères non humains ; ce que je ne savais pas encore c’était que les données fournies par le monde animal m’obligeraient à réviser complètement ma pensée. Et pourtant ce que j’ai vu au zoo, ce n’était qu’un phénomène banal, connu par tout le monde : j’ai vu jouer deux jeunes singes : autrement dit, deux singes engagés dans une séquence interactive dont les unités d’actions, ou signaux, étaient analogues mais non pas identiques à ceux du combat, il était évident aussi que pour les singes eux-mêmes ceci était un « non-combat ». Or ce phénomène où le jeu n’est possible que si les organismes qui s’y livrent sont capables d’un certain degré de métacommunication, c’est-à-dire s’ils sont capables d’échanger des signaux véhiculant le message : « ceci est un jeu ».

Ainsi lorsque le singe imite un coup donné , il envoie un signal signifiant « le signe de te frapper n’est pas un vrai coup, mais il faut le considérer comme un  ».

Ainsi la communication (non verbale) du singe vaut ( dénote ) pour un coup mais n’en n’est pas un. Les actions du jeu sont liées à d’autres actions, du « non jeu »

D’autres exemples nourissent ces mêmes niveaux de communication :

La menace (  « je fais mine de faire peur » ), la tromperie ( singes hurleurs ), la parade.

Ces signes ( le bâton levé en l’air, le cri de menace ) ne sont pas réels ( la baton n’est pas lancé ,etc.. ), mais ils « valent pour » la blessure si le bâton était lancé.

Dans la communauté humaine, ces messages métacommunicatifs foisonnent : la simulation du théatre (où on joue), le bluff, le jeu…

L’intérêt des recherches de Bateson est que ces niveaux de communication préexistent avant même l’intellectualisation ou la conscience et avant même la communication dénotative,  ou préverbale  des animaux. L’animal, lorsqu’il joue, communique sur quelque chose qui n’existe pas.

Ces éléments sont à  approcher des notions suivantes ( non développées dans cette analyse ) :

–          La carte et le territoire [ Korzybski ] : le singe assimile la carte et le territoire : la carte étant le terrain de jeu, et le territoire les actions de jeu et de « non jeu » .

–          La notion du « message-cadre »  qui précise à quel niveau de communication nous dialoguons.

–          Le paradoxe d’Epiménide sur lequel Bateson se penche dans l’article (Vers une écologie de l’esprit ), et qui dévoile les imbrications entre des niveaux d’abstraction de la communication différentes.