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Heuristique d’internet

L’école apprend dans sa tradition rationnaliste le concept « thèse – antithèse – synthèse ».

Thème cher à Régis Debray, dans la transmission de la pensée ; aujourd’hui pervertie par le « tout tout de suite » et « sans recul ».

Aujourd’hui, penser et communiquer, c’est vivre en société, et vivre, c’est « communiquer efficacement ». [ voir Une logique de la communication ]

Aussi, la communication nouvelle par les médias, et essentiellement Internet nous apprend une nouvelle forme de rationnalité dans la pensée. C’est le « billet » ou les quelques mots qui titillent l’esprit, et qui permettent de capter l’intérêt. Rien de nouveau.

Les « billets » existent depuis longtemps dans les journaux, synonymes de notes d’humeur. Sujet léger qui capte l’attention du lecteur, mais avec une pointe d’humour, et de pertinence.

Les blogs relèvent de cette appropriation intellectuelle et jouissive : provocatrice, humeur. Ces formes d’information sont pertinentes quand elles renvoient ensuite à un sujet de fond.

Le billet ou le blog permet de papillonner.

Et plus généralement sur internet, par les liens hyper texte. En sautant de site en site. L’intérêt est de pouvoir « surfer » ou « picorer », moins limité qu’un raisonnement à suivre de bout en bout, où le lecteur est contraint par l’auteur.

Bien sûr, on se méfiera des catalogues d’idées… ( ex. rapports sur quelques recherches internet « reader digest » ou compilation ou copie de pages d’information ). la synthèse est toujours nécessaire.

La nouvelle composition éducative pourrait passer par un  » billet-lis-moi-c’est-intéressant / picore-mes-réflexions / synthèse-de-ma-réflexion ».

Sujet pour notre nouvelle génération Y !

twitter sans fot d’orthographe

A ceux qui voient dans Twitter la destruction de notre belle langue française !

Twitter par son langage court réduit les mots à des phonèmes ( « oqp » pour « occupé « ). On n’y met des smiley , pour dire que tout va bien. Plus de conjugaison. Plus d’article. L’efficacité et la rapidité avant tout !

Communiquer c’est vivre efficacement. Or Twitter est justement l’instrument le plus efficace dans son langage ( son code ).

Pourquoi écrire « joie » lorsque « joi » suffit à comprendre le mot ? La théorie de l’information utilise largement la probabilité de l’information pour la coder. On estime la langue anglaise redondante de moitié : c’est-à-dire qu’on pourrait diviser par 2 les lettres, mots pour se comprendre ! La moitié des mots ne « sert » à rien.  Twitter joue de cette redondance qu’on supprime, parce qu’écrire sut Twitter c’est limité à 140 caractères, et surtout cela fatigue le pouce sur le clavier !

N’y voyons donc pas de procédé fallacieux pour déformer la langue française, mais comme la pensée et la communication humaine s’adaptant à cet outil.

On retrouvera plus précisément une sémiotique du SMS , à ce sujet : sémiotique du SMS.

A lire également : Penser et twitter en 140 caractères

Penser et twitter en 140 caractères

twitter en 140 caractèresJ’aimerais communiquer sur l’intérêt de Twitter car c’est aujourd’hui un moyen formidable d’échanger intelligemment sur la pensée humaine

Fin du message Twitter. Les 140 caractères sont dépassés.

Non que la technique informatique ne puisse me permettre d’aller plus loin dans mon propos [ les capacités de stockage et de partage de l’information sont aujourd’hui astronomiques ].

Non que les coûts pour son usage restreignent la longueur de mon message, puisque twitter est gratuit.

Dans les petites annonces dans les journaux papiers,  la longueur du message a un coût pour celui qui veut faire diffuser son annonce  ( d’où les messages typographiés dans les annonces sur les annonces de location d’appartement par exemple ). La technique limite aussi la capacité du message ( les messages personnels édités dans les pages du journal Libération par exemple sont limités à une dizaine par édition ).

Ces contraintes de coût et technique poussent l’écriture de ces messages à l’économie de mots.

Twitter ne procède pas de ces contraintes.

A l’origine, Twitter n’est pas conçu pour communiquer et échanger de l’information, mais pour dire ce qu’on est en train de faire ( « What are you doing ? »). On peut s’interroger sur son intérêt…

L’usage initial en est détourné comme beaucoup de technologies.

  • Que ce soit volontaire :

Par exemple, le piratage des messages codés allemands pendant la seconde guerre mondiale, par les travaux de Turing ont conduit à l’invention d’Enigma ; dont l’usage purement militaire a été détourné dans l’élaboration « civile » ensuite de l’ordinateur.

  • Que ce soit involontaire :

L’exemple des annonces de messagerie rose pour le minitel. À l’époque de la mise en place du minitel, la DACT et les fournisseurs de services pensent qu’il ne s’agit que d’un gadget ludique : pour eux l’avenir de la télématique réside dans l’information, et non la communication. D’ailleurs,  l’enjeu est d’abord financier pour l’état français, limiter les livraisons papiers des annuaires des pages blanches et jaunes…

Twitter est donc détourné de son usage, comme média de communication;  et en tant que média, il en a les attributs les plus primaires ( par la faiblesse de la quantité d’information transportée ).

La conséquence en terme est qu’elle en est réduite à la fonction phatique des fonctions du message : occuper le canal de communication (« je suis là » ) sans produire d’information utile.

Twitter aujourd’hui est devenu un média, plus qu’un réseau social.

Les relations se font autour de sujets à partager.

Les 140 caractères sont devenus un vrai phénomène, qui a insufflé Facebook et les médias.

Réduire à l’essentiel !

 

Pour approfondir, voir l’article https://zeboute.wordpress.com/2010/08/22/semiologie-du-sms/ qui analyse les caractéristiques du média « SMS », et sur lesquels on retrouvera les similarités. A vous d’en voir les différences !

Une société de signes et d’images

Clin d’oeil !

70 Million de Hold Your Horses, de Francis l’ogre

Ce videoclip reprend les peintures « classiques » de l’art pictural. Beau clin d’œil !

D’abord il fait référence à un patrimoine culturel, mais il n’est pas besoin d’être historien de l’art pour reconnaître les peintures.

Même s’il est difficile de les nommer, « on s’en souvient ». Ces peintures font partie de l’imaginaire collectif.

Ces images sont des icônes  [ en référence à la définition des signes de Pierce ] , elles ressemblent aux vraies œuvres.

Cette similarité à l’original nous permet de les percevoir, mais ce n’est pas notre capacité à réfléchir, par notre pensée qui permet de les appréhender.

Nous avons peu de temps à traiter l’information, vu que les images défilent trop rapidement. C’est donc notre « inconscient », ou notre imaginaire qui permet de capter ces œuvres.

Notre lecture de ce videoclip suit un processus primaire, défini par Freud. Le processus primaire permet à l’esprit de prendre des raccourcis, et de court-circuiter notre pensée.

C’est une captation du réel, sans traitement de l’information. Comme dans le rêve, ou la transe ( comme devant un match de télé ).

Elle réfère à l’immédiateté, au plaisir, celui qu’on prend à regarder ces images défiler. On ne verbalise pas ce qu’on voit, comme dans la communication digitale.

On prend ces images dans une seule bouffée. Elle procède ainsi à la communication analogique  ( par la ressemblance à la peinture originelle ).

Ce videoclip est également intéressant, car il illustre dans toute sa splendeur notre société tertiaire, et notre société moderne, dans sa capacité ultime à produire des signes.

Des signes sur des signes. Elle ne produit pas de vraies œuvres picturales ( sur une toile avec de la peinture ), mais elle recycle et joue sur les signes pour en faire d’autres, ad libitum. Une société purement productrice de signes de second niveaux ( les premiers signes icôniques étaient déjà une représentation de la réalité ). Ce videoclip comme une représentation de la représentation picturale d’autres époques.

C’est  une richesse foisonnante de construire encore et encore des cercles vertueux de significations, en transmettant un patrimoine.

C’est le sens de notre monde informationnel.