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Les nuages de tags comme une communication analogique

Les nuages de tags …

une communication du coeur, par les nouveaux médias.

Les nuages de tags sont, sur internet, et notamment sur les blogs, une représentation visuelle de mots agencés, esthétiquement, pour illustrer un contenu. La thématique d’un blog, d’une page internet. Ces nuages sont également utilisés sur tous les supports de présentation, en entreprise. Lire la suite

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La clôture sémiotique

Points de repère

Plus loin

Qu’est ce qui sépare la nature de la culture ?

L’homme fait partie de la biosphère, en tant qu’organisme vivant. La séparation du corps et de l’esprit a longtemps marqué la frontière entre l’homme et la nature. L’homme comme un être capable de se détacher de la nature.

Cependant, l’homme est un organisme vivant répondant aux mêmes lois de l’écologie du système. Il est immergé dans un monde fait de signaux, d’évènements auquel il doit s’adapter. De son propre environnement ( nourrir son corps, lutter contre la mort ) et de l’environnement immédiat. Edgar Morin, dans La Méthode retrace le cercle vertueux d’un être simple qui par complexification aboutit à l’être « supérieur », l’homme. Qui vit dans son environnement.

Vivre dans son environnement c’est le maîtriser. A la différence du monde végétal, qui s’auto alimente ( par la photosynthèse par exemple, et les sels minéraux puisés dans son environnement immédiat ), l’homme doit survivre, et chercher ses moyens de subsistance.  L’enfant qui naît est totalement dépendant de sa mère. Communiquer vers l’autre est un acte de survie, comme se nourrir. Maitriser le monde, et la communication, c’est d’abord appréhender les signes de la nature.

Déchiffrer les signes, c’est l’objet de la sémiotique. Mais comme M. Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, jongler avec les signes, c’est un acte naturel. L’enfant construit les mots, associe par analogie un son avec une action, un état ( la chaleur de « maman »). Comprendre les mots, c’est trouver le signifié ( le mot « porte » ) avec le signifiant ( l’objet porte ). Un courant fort de la linguistique ( Saussure ) a associé le signe avec le duo signifiant / signifié.

La structuration linguistique.

Cette structuration du monde réel se base sur la linguistique et la langue. Les mots « pose » et « rose »  se distinguent par l’opposition de 2 lettres p/r. Il s’agit d’une opposition digitale, du « tout ou rien » ( ou binaire ). La différence entre le sourire et la tristesse peut se représenter par un trait arrondi vers le haut ( le sourire ) ou vers le bas ( la tristesse ). Dans la sémiotique de la cuisine, cette opposition peut se traduire par le cru / le cuit.

Manipuler les signes, cela revient à les structurer comme la langue, par oppositions.  On parle alors de rhétorique. Comme dans la publicité ou le design ( forme arrondie signifiant la douceur ).

Cette écriture ou lecture « digitale » renvoie à la symbolisation.

Cependant, de nombreux signes y échappent. Ainsi, les signes inférieurs comme la mélodie, une sonnerie, l’intonation de la voix, un geste. Une odeur. Ces signes ne sont pas structurés comme le langage.

La pyramide sémiotique.

L’apport de Charles S. Peirce a permis d’élargir les signes à tout ce qui nous semble « inférieur » dans les perceptions que nous avons du monde. A force de raisonner, nous avons perdu le sens de ce qui peut nous échapper.

Le premier signe « primaire », c’est l’indice. Une trace de pas qui existe par lui-même, sans qu’il ait été « conscientisé ». Pas de code associé à ce signe. Il existe par lui-même.

La seconde nature des signes est l’icône, ou l’image ressemblante. Comme un dessin, une sculpture.

La troisième nature de signe est le symbole ( dans lequel on retrouve les signes représentés par la linguistique, évoqués ci dessus ).

Clôture sémiotique.

Par l’icône et le symbole, la coupure avec la nature est faite.  Les animaux sont sensibles aux indices, mais restent indifférents à une photographie. Les similarités peuvent exister avec l’objet, mais elles sont reconstruites, et représentées. Par un code le plus souvent. La frontière entre indices et icône/symboles définit ce qu’on appelle la clôture sémiotique.

En dessous de l’ordre de l’icône, dans l’ordre indiciel, la raison et l’abstraction n’opèrent pas. C’est le domaine du rêve, du flot de paroles, des gestes. C’est la soupe « primitive » dans laquelle on ne réfléchit pas. Cela peut être l’extase, la communion entre les hommes devant un match de football.

Au-delà, il s’agit de convention, code, et abstraction. C’est se qui permet de prendre le recul sur les choses, et sur le monde. C’est fondamentalement maitriser le monde.  Les conventions de table ou de politesse par exemple peuvent paraître ennuyeuses, mais elles permettent de prendre prise sur la vie, de se rassurer, de prendre les raccourcis utiles à la bonne vie dans le monde humain.

Pyramide sémiotique de Peirce

La sémiosphère ternaire de Peirce.

Comme on l’a évoqué, prendre prise sur un signe nécessite un code, une abstraction. Donner du sens. En cela, on entrevoit clairement qu’il faut un interprétant au signe. Et que le signifié d’un signe n’existe que pour celui qui le capte. La couleur blanche peut évoquer aussi bien la joie et le bonheur ( mariage ) que le deuil ( dans certaines cultures ).  Entre l’objet matériel et le signe représenté, Charles Peirce introduit l’interprétant.

Ainsi les signes suivent le schéma :

En ce sens, la relation entre paires ( signifiant / signifié ) de Saussure est un processus énergétique de stimulus / réponse ou Cause / effet. Et non un processus informationnel.

C’est là la différence entre le monde des signes et le monde naturel.

Le monde naturel, en effet, est le domaine des actions entre paires, telles que la relation stimulus/réponse, ou cause/effet. Si je reçois un coup, je peux tomber. La poussée n’est pas sémiotique, c’est une pression physique. On remarquera que si je reçois un coup, je vais peut être réagir, sans réflexion , en réponse à un stimulus, une menace.

Signifier ,au contraire, suppose trois termes, pas deux. Le troisième terme permet de choisir ou non. De réagir ou pas. Choisir de répondre au monde ou pas.

En cela, l’information et le signe permettent la liberté, le choix, et la prise sur le réel.

Le schéma de Peirce est plus novateur, et réalise l’importance des trois termes ( signe/objet/interprétant ) sur le processus informationnel.

A lire également, pour approfondir : Indice symbole et icone de Peirce, Sémiotique de Charles Peirce

Introduction à la sémiologie

La sémiologie ou l'étude des signesLa sémiologie est l’étude des signes, dans la vie sociale.

Les signes sont partout, et de plus en plus dans notre société moderne, société dite tertiaire.

L’agriculture est de l’ordre de la nature, et peu productrice de signes.

Maîtriser les signes, et au moins les comprendre est une nécessité de notre monde d’aujourd’hui.

Sémiologie renvoie au signe, ou par exemple au symptôme.

Dans la médiologie médicale par exemple, il s’agit de déceler sur les symptômes, ou signe, les explications d’une maladie. Le signe renvoie à une interprétation possible. Une tâche visible sur la peau est à interpréter.

Plus largement, tout est matière à sémiologie. La publicité utilise largement le signe, comme discriminant d’une marque à l’autre. Le signe de la marque Nike par exemple permet d’identifier la marque sans aucune mention de « nike ». Juste un signe écrit sur les maillots…

Etudier les signes, et les catégoriser par une « sémiotique », c’est pertinent pour mettre en évidence notre lien avec la réalité, intégré par un recul sur les choses .

Pouvoir lire une étiquette d’une bonne bouteille de vin permet d’en jauger la qualité.

Et éviter l’ivresse… Boire le vin est bien plus jouissif.  Abuser de cette sémiotisation, c’est réduire toute la réalité à des concepts un peu stériles.

Michel Serres notait lui-même dans le « Tiers instruit » la passion à vivre et expérimenter, et ne pas tout schématiser.

Les concepts en peu de mots sont souvent une stérilité, et il est plus facile de construire une théorie en quelques mots ( comme la mode de la « génération Y » ) que d’appréhender la complexité du monde.

Des exemples intéressants ont permis de vulgariser la sémiotique, notamment au niveau de l’image.

Une émission télévisuelle «  Arrêt sur image » a permis de décrypter nos médias, et de capter la partie « invisible » mais tellement évidente des signes concrets d’une communication analogique. Les gestes, les intonations, les lapsus ont une part de vérité communicationnelle plus révélatrice que le contenu du message lui-même.  Quand j’arrive à un entretien d’embauche, les gestes maladroits ont plus d’impact que le contenu de mon CV.

On sent bien que le signe peut être très « primaire », comme l’indice : une trace de pas dans la neige, les cloches d’une église annonçant le décès d’un paroissien, un trémolo dans la voix. Il peut être plus évolué, en copiant une réalité : une photographie représentant un évènement. Qu’on nommera « icone ». Ou un symbole : une interprétation de la réalité par un signe détaché de son signifié. Le symbole « Nike » en fait partie. Il ne ressemble pas à la chaussure. C’est l’association du signe et de la marque qui définit cette relation de signifiant/signifié. Sur l’indice, l’icone et le symbole, on se réfèrerra au texte https://zeboute.wordpress.com/2010/11/09/indice-symbole-et-icone-de-peirce/.

A quoi sert donc la sémiologie ? A capter le réel, et surtout s’en détacher. Maîtriser le signe, c’est maîtriser notre époque.

Textes relatifs:

Au trop plein de « signes », dans l’article infobésité, ou le besoin d’une clôture sémiotique ]

Sémiotique de Charles S. Peirce

Points de repère

Plus loin

Charles Sanders Peirce ( 1839 – 1914 ) est logicien, philosophe et homme de sciences américain.

La sémiologie est l’étude des signes au sein de la vie sociale, et de la culture.

Les signes sont partout : la trace des griffes d’un oiseau dans la neige, une photographie, un un panneau de signalisation…

Saint Augustin indiquait : «  le signe est une chose qui se tient pour une autre chose ».

C’est la définition la plus simple que l’on trouve du signe.

Autrement dit, un signifiant et un signifié. Les 2 faces d’une pièce de monnaie inséparables : la panneau rouge tiré d’un trait blanc ( le signifiant ) indique que le passage est interdit ( signifié ).

L’apport de Charles S. Peirce est d’avoir élargi la réalité binaire de ces signes.

La signification du panneau « sens interdit » n’est valable que pour le conducteur automobiliste. Autrement dit, un troisième élément est nécessaire.

De même, le ciel rouge m’indique qu’il fera beau demain. Pour un peintre, le ciel rouge peut avoir d’autre intention.

Ainsi, Peirce définit ainsi le signe : « Un signe, ou Representamen, est quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose sous quelque rapport ou à quelque titre. Il s’adresse à quelqu’un. Ce signe je l’appelle l’interprétant du premier signe. Ce signe tient lieu de quelque chose : de son objet ».

« Le rapport de sémiose désigne une action, ou une influence, qui est, ou qui suppose, la coopération de trois sujets, tels que le signe, son objet et son interprétant.  Cette relation ternaire ne peut se laisser en aucun cas ramener à des actions entre paires ». Signifier suppose ici 3 termes, et non seulement deux.

A lire également : Indice symbole et icone de Peirce : une lecture de son texte fondamental.

Défis de la génération Y

Défis de la génération Y

Génération Y demain

Aujourd’hui, vivre dans son époque, c’est vivre avec les signes.

Les jeunes, labelisés sous «la Génération Y », savent manipuler à merveille ces signes.

Pour un puriste des sciences de l’information, il faut nuancer : les signes manipulables par les nouvelles technologies. I phone, internet, réseaux sociaux.

Autant dans le passé, c’étaient les « anciens » qui apprenaient aux jeunes, aujourd’hui ce sont les jeunes qui apprennent aux anciens à se servir d’internet, de la souris, de l’email.

Mais il s’agit généralement d’expliquer comment se servir de l’outil. Peu savent comment sont construits ces outils. Et surtout, on ne réfléchit pas au sens de ces outils. Ou au sens des signes qui virtualisent notre monde.

Les grands défis de la Génération Y et de nous tous ( ma mère utilise Facebook, Skype et Msn à 62 ans ! ) sont donc :

–          Mettre du sens dans son présent : la technologie est un moyen, mais pas une finalité. Que faire de ces usages ? les forums, les innovations humaines ( lobbying , manifestations organisées via les réseaux sociaux ) sont une réponse : utiliser l’outil pour une solidarité , un combat. Aux apocalyptiques dénonçant la modernité, on peut répondre que l’homme sait en permanence « recycler » par de nouveaux usages une technologie. Souvent, l’usage dépasse le créateur. Twitter en est un exemple, lors de la révolte iranienne. Un support de communication qui a dépassé l’origine du « dire ce qu’on fait maintenant ».

L’information est le nouveau pouvoir, mais le prochain sera plutôt de comprendre le sens, et de le maîtriser. [ Vague du savoir ]. Sans remettre du sens , le risque des idéologies ( racisme, religions extrémistes ) est fort. Et déjà latent.

–          Faire coexister l’exponentielle montée des données ( coûteuses en infrastructure ) et l’ environnement durable.  Le challenge des générations futures sera de conjuguer hyper sophistication de la société tertiaire ( manipuler les signes, l’information ) , avec une crise du « bit ». Que deviendront les usines internet de millions d’ordinateur, sans énergie, ou à un coût exhorbitant. Le data mining ( l’explosion des millions de  données  produites à chaque minute ) mourra de son coût. Une société tertiaire en faillite ? L’homo sapiens sans son I-Phone, comment l’imaginer ? C’est la réalité des prochaines décennies.

–          La transmission du savoir et la pensée : La société a largement décloisonné les hiérarchies, conventions sociales, et le modèle patriarcal. Avec bonheur, et interrogations. Le tutoiement par exemple ;  la crise des institutions ( l’école, la justice, la culture ). Les institutions sont perçues comme « castratrices » pour un jeune : entrer au théâtre  et devoir couper son portable, écouter un cours fastidieux alors qu’habituellement on zappe avec la télécommande. C’est un non sens.  L’institution demande de l’effort, et de la durée. Ivresse de ce décloisonnement ! Seulement, il implique aujourd’hui le cloisonnement au présent, à l’oubli , à l’information caduque en permanence.

Les sciences de l’information permettent de soulever ces problématiques, et de nuancer ce qu’on nomme dans cette science les « apocalyptiques » et les néo-modernistes-enthousiastes.

La seule réponse, elle est formulée plus haut.

On lira l’article qui reprend les moments clés de ce nouveau concept : entre les « pour » et les « contre » : https://zeboute.wordpress.com/2010/11/11/le-defi-et-lapologie-des-medias/

A lire : Penser et twitter en 140 caractères

Une société de signes et d’images

Clin d’oeil !

70 Million de Hold Your Horses, de Francis l’ogre

Ce videoclip reprend les peintures « classiques » de l’art pictural. Beau clin d’œil !

D’abord il fait référence à un patrimoine culturel, mais il n’est pas besoin d’être historien de l’art pour reconnaître les peintures.

Même s’il est difficile de les nommer, « on s’en souvient ». Ces peintures font partie de l’imaginaire collectif.

Ces images sont des icônes  [ en référence à la définition des signes de Pierce ] , elles ressemblent aux vraies œuvres.

Cette similarité à l’original nous permet de les percevoir, mais ce n’est pas notre capacité à réfléchir, par notre pensée qui permet de les appréhender.

Nous avons peu de temps à traiter l’information, vu que les images défilent trop rapidement. C’est donc notre « inconscient », ou notre imaginaire qui permet de capter ces œuvres.

Notre lecture de ce videoclip suit un processus primaire, défini par Freud. Le processus primaire permet à l’esprit de prendre des raccourcis, et de court-circuiter notre pensée.

C’est une captation du réel, sans traitement de l’information. Comme dans le rêve, ou la transe ( comme devant un match de télé ).

Elle réfère à l’immédiateté, au plaisir, celui qu’on prend à regarder ces images défiler. On ne verbalise pas ce qu’on voit, comme dans la communication digitale.

On prend ces images dans une seule bouffée. Elle procède ainsi à la communication analogique  ( par la ressemblance à la peinture originelle ).

Ce videoclip est également intéressant, car il illustre dans toute sa splendeur notre société tertiaire, et notre société moderne, dans sa capacité ultime à produire des signes.

Des signes sur des signes. Elle ne produit pas de vraies œuvres picturales ( sur une toile avec de la peinture ), mais elle recycle et joue sur les signes pour en faire d’autres, ad libitum. Une société purement productrice de signes de second niveaux ( les premiers signes icôniques étaient déjà une représentation de la réalité ). Ce videoclip comme une représentation de la représentation picturale d’autres époques.

C’est  une richesse foisonnante de construire encore et encore des cercles vertueux de significations, en transmettant un patrimoine.

C’est le sens de notre monde informationnel.

Pourquoi s’intéresser aux smiley ?

un signe, nature ou culture ?

un signe, nature ou culture ?

Les signes sont partout, dans la nature, la culture.

Une image d’une poule, un signe de croix sur le chemin de Compostelle , un feu rouge place de la République.

Une photographie d’une jeune fille au Cambodge.

Ces signes nous permettent avant tout de transformer les choses réelles ; de réfléchir dessus.

De prendre distance et prise sur le réel.

Il est moins douloureux de percevoir l’atrocité de la guerre par un photographe journaliste de guerre, que de la vivre sur place.

Les signes nous ont sociabilisé. Par des conventions, des symboles, l’homme a quitté la barbarie. Les conventions, les symboles ( oedipe .. ) font qu’on ne se marie pas entre frères et sœurs, ou en famille. Et du coup, éviter la dégénérescence de l’espèce humaine.

Bref, le signe permet de vivre et survivre !

L’essor et la génération de la culture de masse, des médias, et d’internet rend les signes encore plus foisonnants encore. Le smiley, qui indique l’humeur ; le statut « occupé », « disponible » ou « au bureau » des nouveaux médias ( MSN , skype ) ; les nuages de « tags » dans les blogs ;les flux RSS ( atomisant l’information en quelques signes textuels ).

Une photographie est elle juste captation du réel, ou une signification propre à celui qui la regarde, par un chinois, un américain, un mathématicien ou un enfant ? Les jeux vidéo virtuels sont ils réels pour l’adolescent qui s’y « plonge » et incompréhensible par sa mère ?

Le néophyte sait il qu’en cliquant sur un icône du bureau de son ordinateur, il déclenche une action, ( il lance un programme ), et ce n’est pas qu’une belle image pour faire « joli » ?

Questions toutes relatives à ce champ fabuleux qu’est la sémiologie. La vie des signes est passionnante, car elle est en perpétuel mouvement, regénérescence ; Elle a trait à la sociabilisation des êtres humains.

C’est l’objet de la sémiologie.

On trouvera ici les textes :

sémiologie du SMS

[ photographie de jam343  http://www.flickr.com/photos/jam343/1703693/ ]

Sémiologie du SMS

Points de repère

Plus loin

Sémiotique du SMS , introduction.

Etude sur le SMS.

Le SMS ( Short Message Service ) est comme le télégraphe, ou le téléphone un media par lequel on communique. L’intérêt de s’y pencher est que ce mode de communication, toujours en mouvement, a grand usage auprès des jeunes, et notamment la génération appelée « Génération Y ». Paradoxalement, ce moyen extraordinaire d’échanger des messages est parfois considéré comme un outil « autiste », dans le sens où l’interlocuteur passe son temps à envoyer des SMS à des connaissances, ailleurs, rompant tout lien social avec la réalité, ici.

Cette étude sémiologique du SMS nous éclairera sur les dimensions variées de ses fonctions, ses usages, et sa sémiotique au regard des sciences de l’information et de la communication.

Formidable instrument, il est l’exemple par excellence de la manière où le langage et la pensée sont transformés par le support du média, et de la technique.

Objet du SMS.

Pourquoi envoie-t-on des SMS ?

Le  SMS a plusieurs fonctions ( dont celles purement commerciales que nous n’aborderons pas ici ) :

Fonction utilitaire :

Elle est largement liée à une fonction liée à l’espace, puisque le SMS envoyé depuis un téléphone mobile, suit le destinataire du message. On retrouve ici la valeur informative, utilitaire, précise d’un message : « Sui arivé à Lyon, tou va bene J ». L’intérêt du message ici est qu’il peut être purement uni-directionnel ; on n’attend pas de retour particulier. Par analogie, le SMS est ici une carte postale, qu’on envoie, pour envoyer peu d’informations ( « je suis en vacances à Nimes, il fait beau »).

Fonction phatique :

La communication par SMS est une conversation entre deux interlocuteurs ( bien qu’elle  ne soit pas synchrone ). Il s’agit d’un échange de messages anodins, quelques questions, un peu d’humeur dans le propos. En ce sens, elle n’est pas une discussion basée sur une argumentation par exemple, et elle est rarement une réflexion sur un sujet précis, comme l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne.  Elle est une conversation dans le sens où :

–          Elle n’a peu d’enjeu. L’information véhiculée a peu d’intérêt la plupart du temps. « je dois aller chercher du pain pour ma mère, zut » ; -« suis arivé » –  « fe bo » ? –« top kool »).

–          Les messages peu informationnels permettent surtout de conserver le contact, par le renvoi en ping pong de petits messages. Ils rejoignent la fonction phatique de la conversation [ fonction développé par Jackobson ], comme 2 individus à l’entrée d’un ascenceur ; briser le silence par une suite de messages.

–          La cinématique des messages généralement suit le mécanisme suivant :

  • Une première information, initiatrice de l’échange ( parfois la seule « signifiante »), comme « je viens de terminer mon devoir », ou initiatrice de la possibilité ou pas d’engager la conversation. ( s’assurer que le destinataire est disponible [ de nouveau on rejoint la fonction phatique, du « canal » / contact, propre à Jackobson ] ).
  • Ensuite le cadre de la conversation est posé, et n’a pas d’objet défini  . Il est une succession de messages anodins ( la longueur des messages ne permet de s’apesantir sur la profondeur du propos … )

Le cadre d’entente et établi entre les 2 locuteurs : la finalité est de prolonger un moment d’existence et de partager.

D’ailleurs on se posera la question : «  pourquoi ne pas se téléphoner ? ». Justement car on n’a rien à dire, ou si peu, que l’appel téléphonique se résumerait à quelques minutes. Echanger par SMS, c’est prolonger la communication.

Les critiques de cette forme de communication rétorquent qu’effectivement, il n’y a rien dans ces messages. La valeur de l’information est proche de zéro ( si on la calcule selon les principes de Shannon ). Certes, c’est le propre de ce média, mais aussi le propre de certaines formes de communication. Comme la coiffeuse qui parle chiffon et beau temps avec sa cliente le temps de la coupe.

La différence ici c’est que la conversation de la coiffeuse permet d’éviter le silence entre deux inconnus, d’éviter la gêne du silence. Elle permet surtout de ne pas parler de soi, de sujets polémiques ( politiques, religieux) avec un inconnu ; de ne pas se mettre en danger, ou se dévoiler.

Dans le cas du SMS, le destinataire du SMS est connu, et plutôt intime. Ce n’est pas le silence entre deux êtres que l’on tente de briser, mais le silence d’être avec soi.

La vertu de ces échanges est donc de n’être pas « être seul avec soi », de prolonger sa « inner-life », ou vie intérieure avec autrui. Le propre de la communication en somme, on l’oublie souvent, dans une rationalisation de l’information.

Pour revenir à l’outil « autiste » dont parlent souvent les parents au sujet de leurs enfants :  Pourquoi ne pas parler avec les gens présents « ici » ?

L’adolescente qui envoie un SMS à son amie n’a justement pas envie de discuter de sa vie intérieure avec sa mère. S’il n’y avait pas de SMS, elle écrirait certainement dans son journal intime. L’intérêt du SMS est donc de créer un lien avec l’autre, pour soi. Il s’agit bien d’un rapport avec l’autre comme son jardin secret, où on inviterait ses intimes. Cette valeur intime n’est évidemment pas systématique, et concerne les plus « addicts », génération Y.

Fonction poétique :

Certains messages ont une valeur poétique ( au-delà de la poésie ). La limitation des mots nécessite le bon choix. La sélection entre les mots  ( tu  es  lumineuse / un soleil / mon éclair ) est cruciale dans le message, par sens de l’économie. Le SMS renforce ce travail conscient ou inconscient de sélection [ qu’on appelle paradigme  ]. Le texto a la longueur du vers, et permet les messages construits plus aboutis.

On remarquera que cette fonction est  plus large que la poésie. Simplement on veut que le texto soit « beau » à lire.

Code et méta-langage du SMS.

L’aspect rudimentaire et concis du contenu des messages (limités à 160 caractères) est largement dû  au support media du SMS. En ce sens , le SMS est un formidable cas d’ école de l’impact technologique sur le mode de pensée de l’être humain.

Efficacité du code :

Dans l’écriture du SMS, il faut être efficace. Chaque lettre est importante, car en peu de mots, il faut écrire le message. Toute lettre inutile, ou tout mot ( comme les articles ou la conjugaison ) est donc purement rayée du texte.

Cette forme a également recours largement aux abréviations. L’apparition du phonème ( « oqp » pour «  occupé  ) réduit encore le code du message.

Le résultat est une perte de lisibilité du message. Il faut le lire à haute voix pour le comprendre ; le message doit être décodé par le destinataire ( comme les signes court et long du code télégraphique ). Sur ces messages courts, ce n’est pas très important. Il le serait s’il fallait lire un texte de plusieurs pages écrits en langage « sms ».

L’écriture « conventionnelle » grammatique permet une meilleure lecture du texte puisque le cerveau « imprime » les mots tout entier. Par leur graphie, ces mots deviennent des éléments identifiés ( et décodés ) immédiatement par le cerveau. Ils permettent de lire des romans entiers rapidement, sans mal de crâne à décoder chaque phrase ! Le langage classique est plus redondant, c’est-à-dire que la majorité des lettres est inutile. Après les lettres j,o,i , il y a peu de chances qu’on y trouve la lettre t,y ou w ; la probabilité d’y trouver un « e » ( joie ) frôle les 100%. On estime que la moitié de la langue anglaise est redondante. Le langage du SMS a bien intégré cette particularité. Lettre inutile est détruite !

La redondance permet cependant d’éviter l’incompréhension, ou une information mal codée. ( on se trompe sur une touche du clavier. Le mot « oqp » ( occupé ) devient « oqe » ( ok ! ) par une seule lettre. Et le message « j sui oqp » ou « j sui oqe » n’a pas le même sens. La redondance permet de palier ce qu’on appelle le « bruit », chère aux sciences de l’information [ Voir Contributions à la théorie mathématique de la communication, Shannon].

La forme du SMS a donc un code efficace, mais sujet à distorsion du sens.

On remarquera que c’est le media, par ses caractéristiques techniques, qui impose ce code, et cette nouvelle écriture. Les critiques de ce langage ( propre aux fautes d’orthographe ) pensent que cette nouvelle forme d’écriture supplente l’écriture usuelle, ce qui est une erreur. Le jeune ne parle pas « sms » ou n’écrit pas une dissertation entière en SMS. D’une part la profondeur lexicale est limitée à l’objet qu’on fait du SMS : les termes « ambolie », « inspection » ou « réutilisable » ont peu d’entrée dans la littérature « sms ». D’autre part, le jeune adapte son langage en fonction du niveau de communication. ( sms pour des textos à ses « potes », et écriture littéraire pour une dissertation ).

Enfin, la forme typographiée du SMS n’est pas nouvelle, elle existait déjà dans les annonces dans les journaux, où l’on réduit le texte par des abréviations, afin d’en limiter son coût.

On remarquera enfin le paradoxe d’un monde offrant autant de possibilité de s’exprimer  ( richesse de la langue ) que de revenir à un code qui peut paraître si archaïque.

Formes de méta-communication : le smiley ( ou émoticon ).

Au-delà d’une nouvelle forme de langage syntaxique, le SMS a créé un métalangage et de nouveaux messages méta-communicatifs. Il s’agit des émoticons ou smileys. Ils permettent par une unité de code d’ajouter une humeur au message.

Son utilisation ne se borne pas à indiquer son humeur (  je vais bien 🙂 ), mais elle fournit de vrais messages, en commentant littéralement le message qui lui est associé.

Exemple : Paul envoie à Jeanne le texto « tu es fatiguante 🙂 ». Le message « tu es fatiguante  » est un reproche net et précis ( là encore la forme du sms ne permet pas les nuances ). Cependant, le smiley indique à Jeanne qu’il ne faut pas comprendre l’information telle quelle, mais dans son contraire. « tu es fatigante mais je plaisante en te l’écrivant, tu es plutôt adorable ». Hormis son efficacité d’encodage ( une seule lettre pour de l’émotion ..), le smiley enrichit le message d’un sens, au-delà du texte. Ironie, humour, etc..

Le smiley illustre un cas de niveau de communication, telle que l’aborde Bateson, par les messages « ceci est une jeu », ou « messages cadre ».