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Apple, Facebook, google et vie privée : l’identité numérique

La vie privée de l’internaute, problématique majeure des nouvelles technologies.

Les réflexions autour de l’ATAWAD, ( any time , any where, any device ) mettent en évidence un concept clé, qui est en cours de construction : l’identification numérique, unique d’un cyber-citoyen.

Connaître, et tracer l’internaute, le client, le consommateur.

Concept majeur dans l’avenir des nouvelles technologies. Et qui n’est pas aujourd’hui réglé.

De là, les distorsions actuelles entre la société Facebook et Google, qui jouent une guerre de captation de données précieuses et privées d’internautes.

Car c’est là le noeud majeur des prochaines années. Nous y reviendrons dans l’article.

Pouvoir avoir l’information, les services, n’importe où et n’importe quand, sur son « objet » ( qu’on appellera portable, i-phone, smartphone, aujourd’hui ), est une fatalité naturelle de l’usage .

Etre reconnu là où on en va, en magasin, ( chez Leroy Merlin , JoueClub ), ou sur internet, c’est un voeu poussé ( par les gourous du marketing « multicanal » ) ou partagé par chacun . Quel rêve pour chacun d’arriver dans un magasin et d’être salué par le vendeur par un « Bonjour Monsieur Gérard ». Cela implique une traçabilité de l’internaute, qu’il soit reconnu où qu’il soit, en miroir avec le fait que l’internaute veut tout tout de suite, et maintenant.

La technique aujourd’hui impose, lorsqu’on surfe de site en site de s’identifier.

Pour 2 raisons .

La première, par la captation de nouveaux « clients »/ internaute. Le modèle économique de l’internet ( à la différence par exemple du feu minitel qui relevait d’une facturation de services au temps passé sur un site ) relève de la publicité. De connaître l’internaute, pour mieux identifier la cible marketing.

La deuxième, il s’agit de « sécurité » : être sûr que l’internaute qui se présente n’est pas un « robot », et ensuite, de pouvoir juguler les commentaires sur les sites ( empêcher les dérives dont les sites ne sont pas responsables, mais peuvent nuire à leur image, en attendant une jurisprudence sommant les hébergeurs d’une « bonne conduite » ).

Un technologie sécuritaire.

Aujourd’hui, la technologie impose de pouvoir communiquer entre plusieurs « applications » ou « site ». Une réponse technologique existe, via le CAS ( Central Authentification Service ). Si je suis sur une application de messagerie, et que je veux voir mes contacts, même au sein d’une même entreprise, ou site internet, il faut que les 2 sites authentifient le même utilisateur. Le CAS permet de gérer ces problématiques au sein d’une même entreprise ou site internet. D’autres techniques sont en élaboration, et qui rejoignent ce qu’on appelle dans le langage informatique, le SSO.

Là où cela se complique, c’est l’interopérabilité entre sites d’entreprises différentes. Lorsqu’on est sur facebook et qu’on veut commander sur Amazon, sans devoir pour l’internaute de se réidentifier. Là est la difficulté car elle implique concertation entre entreprises différentes, technologiquement, mais surtout concurrentielles. Aujourd’hui Facebook et google par exemple se livrent à une guerre ; partager ses clients, c’est perdre de sa force. La richesse de ces entreprises, c’est leur annuaire d’usagers.

La solution pour ces sites serait de passer par un tiers, à l’usage non commercial. Ou de savoir écraser ses concurrents et être la référence. L’avenir nous le dira vite.

Big brother ou Trade Brother ?

Le mythe de Big brother traçant l’individu M. Joudain d’identifiant sécurité sociale 1732443432 est tautologiquement un mythe.

Et n’intéresse pas les mastodontes multinationales de l’internet. Ce qui interesse Google ou Facebook n’est pas tant l’individu en tant que tel, mais ce qu’il est pour pouvoir vendre des pages publicitaires. La captation des intérêts de l’individu est réelle ( Facebook sait que j’adore le film de Kubrick  ). Voilà pourquoi il faut introduire cette notion de Trade Brother plutôt que Big Brother.

Le modèle de Google est intéressant : Les clients commerciaux de Google ne payent pas pour une page de publicité, mais payent le « click » de l’utilisateur sur la dite entreprise cliente. Pour Google, connaître ses clients au mieux permet de proposer la publicité la plus affinée. Finie la publicité mass media, mais bienvenue la publicité ciblée. Pour les acteurs des réseaux c’est donc un moteur de croissance. Plus on connait son client, mieux on cible la publicité à proposer, et donc le click qui ramène l’euro ou le dollar…

La frilosité du Trade brother.

Le marketing ciblé n’a pas attendu l’internet pour connaître et « tracer » ses clients. Les cartes de fidélité, les questionnaires existent depuis une trentaine d’années. Nous sommes envahies de propositions commerciales, dès lors que nous avons répondu ou s’être identifiés. Cela reste sur des critères basiques : l’age, la catégorie socio professionnelle, mais peu sur des critères aussi précis que permettent Facebook, lorsqu’on « tagge » notre intérêt personnel sur un sujet. ( une passion, un livre qu’on adore … )

L’ échec des entreprises « classiques » est donc flagrant . Carrefour ou Auchan disposent de toutes les informations nécessaires à cibler leurs clients, via leur carte de fidélité. Ils disposent via nos achats de la plus fine analyse de ce que leur client aime, achète. Mais il est à noter qu’il y a peu d’utilisation de cette masse de connaissance. Car utiliser ces millions d’information, c’est un métier. C »est là que Google apparait ; car Google est spécialisé dans le traitement de l’information, et des données de masse. Son moteur de recherche, de référencement des sites adéquats à une recherche, voilà la spécialité de Google, que les entreprises n’ont jamais su appréhender, mais que Google a du développer pour son moteur de recherche. C’est avant tout une entreprise de traitement de données et d’algorithmie complexes.

Et lentement, au delà des algorithmes sophistiqués de recherche, Google, ou Facebook  savent traiter les informations de masse sur les internautes qui se connectent.

La technologie permet donc de « digérer » et de tracer l’individu. Les premières vélléités d’utiliser cette masse d’information, à des fins commerciales, se sont heurtées au déni des réseaux sociaux ( facebook a du abandonner provisoirement sa stratégie ).

Mais force est de constater que ces entreprises de réseaux sociaux savent immiscer à « goutte d' »eau » cette entremise dans notre vie privée. Aujourd’hui, par exemple, sur Google, la géolocalisation permet de proposer les liens relatifs à là où on est :

Google me propose le magasin Leroy Merlin le plus proche de chez moi, en utilisant mon adresse I.P., de mon ordinateur

L’étape suivante, déjà inscrite , est d’utiliser ces données personnelles plus largement. Au premier à franchir le premier pas.

La réussite ou l’échec proviendra de la capacité à ces entreprises à montrer que ce n’est pas la vie privée ( dans le sens où on identifie M. Dupont ) qui est intéressante, mais les intérêts de M. Dupont. Là, chacun peut y trouver son compte ( l’entreprise et l’usager ) : quoi de plus sympa de se voir proposer le DVD Harry Potter en exclusivité, parce qu’on a tagué sur facebook qu’on adorait Harry Potter. Et l’internaute peut lacher un peu de sa vie privée ( sa passion pour Gainsbourg ) pourvu qu’on ne sache pas où il habite.

Les entreprises attendent cette nouveauté. Et comptent sur le professionnalisme de Google, Face book, ou twitter. Et surtout de se dédouaner, et laisser ces acteurs défricher…

L’actualité récente nous montre que le pas est difficile à franchir. Aux Etats Unis, en décembre 2010, des utilisateurs de smartphone et de l’i-pad ont porté plainte contre Apple, divulguant des informations personnelles sans l’accord des intéressés, auprès d’annonceurs. Le Unique Device ID est un identifiant convoité permettant d’identifier l’utilisateur de façon unique.

Car les entreprises « classiques' » ( marchandes ) ont cette frilosité vis à vis de leurs clients : ne pas s’immicer dans la vie privée de leurs clients, mais atteindre le graal, qu’elles n’ont jamais atteint : connaitre et capter le client dans ses envies de consommations les plus intimes. La technologie et le traitement de masse des données de Google est en ce sens une opportunité.  Et l’internationalisation de ces traitements donnent un « anonymat ». Quel intérêt de Google de connaître individuellement M. Leroy,  qui habite dans le village de Saing Ghain en Melantois ? Aucun, sauf que M. Leroy adore faire du jogging, et qu’on peut proposer une tenue sportive adaptée…

L’identité numérique unique :

Connaître l’internaute ou le consommateur, cela implique une traçabilité.

Comme on l’a dit, l’acceptation de s’identifier de manière totale sur l’internet viendra de l’usage. Et de l’internaute. Les problématiques techniques et de sécurité ne sont que des problèmes mineurs en regard des problématiques humaines, bien plus difficiles à maîtriser et cerner. C’est à l’usager de décider que s’identifier en permanence de site en site est ennuyeux, et plus intéressant de perdre une part de son intimité virtuelle pour gagner en convivialité sur l’internet.

Les réseaux sociaux permettent de canaliser, et d’homogénéiser ces points de contact et d’identité :

Les prochaines étapes seront un identifiant unique, avec une option pour l’internaute de décider s’il s’identifie de manière engageante ( « être reconnu »)  ou en « anonyme » .

C’est la confiance qui fera le succès du prochain acteur essentiel. Il devra conjuguer :

– la confiance / méfiance : ne pas être soumis à des acteurs purement commerciaux ou hégémoniques ( google a remplacé Microsoft dans les monopoles des TIC  ).

– la transparence : quelles informations stockées et à quelles fins ?

En ce sens, l’arrivée d’un acteur « indépendant », et plutôt institutionnel permettrait de garantir ces deux points.

Sociologie du Flash Mob

Points de repère

Plus loin

Etude, impact, Sociologie du Flash Mob

Le Flash mob « traduit généralement par foule éclair ou mobilisation éclair, est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance, avant de se disperser rapidement. » [ Source Wikipedia ]

Il s’agit généralement aujourd’hui d’évènements créés par les réseaux sociaux, via internet.

–       Un erzatz ou un dépassement des   » happenings  »  :

L’origine de ces mobilisations « évènementielles » suit les « happenings »  de la culture, qui en place des expositions culturelles dans les musées, proposait des « performances ».

Un happening est en effet  une performance  ( représentation ) , considéré comme un art. Le mouvement Fluxus en est un exemple, né dans les années 1960. Une opportunité de bousculer l’ordre établi de la culture des musées par des incursions provocatrices.

Le happening ou le flash mob ont en commun ce même sens : le temps réel ; Leur caractéristique est qu’ils sont dans la présence, l’immédiateté.

Et l’évènement est précaire ; une fois terminé, il est oublié. A moins bien sûr qu’il ne soit filmé et propagé par la video. Aujourd’hui par internet, via You tube ou Daily Motion.

Ce retour à l’immédiat, dans l’instant ; Le flahs mob ( hormis les vidéos ) et les « happenings » sont sans mémoire. Ils ne résisteront pas à 10 ans de culture, à la différence de la culture picturale ou littéraire.

Cela renvoie à la médiologie, thème cher à Régis Debray. A la transmission. Que retenir de ces happenings ou flash mob ?

La différence essentielle entre le « Happening » et le Flash mob réside dans le caractère « artistique » ( l’Art avec un grand A ) des happenings, tandis que le Flash Mob est consensuel, et relie les hommes dans ce qu’ils partagent déjà en commun ( une chanson le plus souvent un « tube » ). Le « Happening » a pour vocation de provoquer et de remuer l’intellect ; le Flash Mob a pour vocation de réunir le maximum d’individus dans une farandole partagée et connue de tous.

–       La communion des sens :

Flash Mob Leroy Merlin

Le flash mob est une communion, par la danse ; généralement il est l’expression d’une foule en mouvement sur un rythme, une danse.

On retrouve dans les vidéos la communion, la fusion dans le mouvement des corps. Participer à un Flash Mob, c’est entrer dans la danse ( au propre comme au figuré ). C’est « entrer dans l’orchestre ». [ Entrer dans l’orchestre ] .

On se mélange . Ce n’est pas la réflexion qui prime, mais la communion.  Comme la communion dans un concert, ou devant un match de foot. C’est l’instinct qui guide, au grand bonheur de tous : se retrouver, et partager. L’aspect indiciel prime [ La clôture sémiotique, ou la séparation entre la soupe primitive de l’indice et la réflexion ].

–       Le Flash Mob ou partager l’entreprise aves ses collègues :

Il n’est pas besoin d’être dans la Génération Y, pour confondre vie professionnelle et personnelle.

L’institution et l’entreprise exigent de séparer vie personnelle et professionnelle. Cette séparation est d’ailleurs encadrée par la loi, qui interdit de mélanger la sphère privée de la sphère professionnelle ( notamment dans l’embauche, ou la vie quotidienne d’un salarié au sein de l’entreprise) . Participer aux Flash Mob c’est donner de soi , et justement mélanger vie personnelle et professionnelle :  mettre en évidence son envie de danser, savoir danser, sourire, partager ! Dans le monde de l’entreprise, le flash mob procède du volontariat, et en ce sens reste positif : partager avec ses collègues de cette communion que l’on ne retrouve pas forcément dans une vie professionnelle trop structurante au quotidien. Un moyen d’échapper à une vie d’entreprise aujourd’hui feutrée. Il y a 20 ans, le Flash Mob se faisait spontanément dans les bureaux, mais sans video.

Le Harlem Shake est une variante du flashmob : il réunit des individus, autour de la chanson Harlem Shake, sur une vidéo partagée sur internet.

–       La reconnaissance sur les réseaux sociaux :

Le flash mob n’existerait pas sans la visibilité sur internet. Dans le monde de l’entreprise, le flash mob, évènement très ponctuel, par rapport à l’investissement fourni, permet surtout de la visibilité sur internet.

Moyen de mettre en évidence la satisfaction des employés à participer à ce genre d’évènement.

Et en effet, en conclusion, chacun y trouve son compte. Une euphorie collective, participative, sur un air partagé. Un tube, une chanson.

Exemples de flash mob :

Dans le domaine de la revendication des droits, Flashmob de baisers homos, contre le Pape, à Barcelone : http://www.youtube.com/watch?v=-cT_jSgE-cg

A lire, pour approfondir  :

Régis Debray, ou le retour de l’immédiat

Entrer dans l’orchestre, logique d’une communication

La clôture sémiotique, ou ce qui sépare la danse ( l’indice et le corps ) de la réflexion

La génération Y en contradiction

Bonne nouvelle, les DRH et les sociétés de communication qui vendent du « coaching » sur notre nouvelle génération Y ont encore du temps avant d’intégrer les transformations de la société.

La technologie va plus vite que l’humain, et … voici 3 exemples révélateurs de la vie en entreprise et familiale.

– hier rencontre avec ma DRH d ‘un grand groupe de distribution, 4eme entreprise mondiale. Avant même de parler de l’intégration des « jeunes » en entreprise, ma DRH est plutôt préoccupée en anti-mysoginie du manque de femmes dans mon équipe. Déjà 30 ans de retard sur l’intégration positive des femmes, alors des jeunes ?

– La préhempsion des nouvelles technologies n’est pas le monopole de la nouvelle génération. Ma mère, 62 ans, m’a demandé de l’inscrire sur Facebook. ô surprise elle utilisait déjà facebook comme M. Jourdain qui fait de la prose. Elle avait déjà un compte sur facebook et communiquait déjà avec ce réseau social. Comme la nouvelle génération qui utilise l’outil sans conscience.

– Stress d’un collègue qui revendique la nouvelle génération sur des problématiques du « tout tout de suite », ( atawad ) sans se rendre compte que :

55 % de la génération Y est au chômage, et que l’intégration en entreprise prendra du temps avant qu’on offre l’i-pad pour tous.

Les changements de mentalités prennent des décennies, et souvenons nous de l’ordinateur qui parle et comprend l’être humain, qui n’existe toujours pas.  Les « révolutions  » actuelles sont des petits pas. Turing a inventé l’ordinateur il y a 50 ans. Le chemin est encore long !

Voir aussi : Génération Y digital natives ou digital natives ?  http://wp.me/pWtTD-z

et les caractéristiques de la génération Y : https://zeboute.wordpress.com/2010/08/09/generation-y-caracteristiques-comportementales/

Et aussi, l’utilisation des SMS par la génération Y … : http://wp.me/pWtTD-3Y

Défis de la génération Y

Défis de la génération Y

Génération Y demain

Aujourd’hui, vivre dans son époque, c’est vivre avec les signes.

Les jeunes, labelisés sous «la Génération Y », savent manipuler à merveille ces signes.

Pour un puriste des sciences de l’information, il faut nuancer : les signes manipulables par les nouvelles technologies. I phone, internet, réseaux sociaux.

Autant dans le passé, c’étaient les « anciens » qui apprenaient aux jeunes, aujourd’hui ce sont les jeunes qui apprennent aux anciens à se servir d’internet, de la souris, de l’email.

Mais il s’agit généralement d’expliquer comment se servir de l’outil. Peu savent comment sont construits ces outils. Et surtout, on ne réfléchit pas au sens de ces outils. Ou au sens des signes qui virtualisent notre monde.

Les grands défis de la Génération Y et de nous tous ( ma mère utilise Facebook, Skype et Msn à 62 ans ! ) sont donc :

–          Mettre du sens dans son présent : la technologie est un moyen, mais pas une finalité. Que faire de ces usages ? les forums, les innovations humaines ( lobbying , manifestations organisées via les réseaux sociaux ) sont une réponse : utiliser l’outil pour une solidarité , un combat. Aux apocalyptiques dénonçant la modernité, on peut répondre que l’homme sait en permanence « recycler » par de nouveaux usages une technologie. Souvent, l’usage dépasse le créateur. Twitter en est un exemple, lors de la révolte iranienne. Un support de communication qui a dépassé l’origine du « dire ce qu’on fait maintenant ».

L’information est le nouveau pouvoir, mais le prochain sera plutôt de comprendre le sens, et de le maîtriser. [ Vague du savoir ]. Sans remettre du sens , le risque des idéologies ( racisme, religions extrémistes ) est fort. Et déjà latent.

–          Faire coexister l’exponentielle montée des données ( coûteuses en infrastructure ) et l’ environnement durable.  Le challenge des générations futures sera de conjuguer hyper sophistication de la société tertiaire ( manipuler les signes, l’information ) , avec une crise du « bit ». Que deviendront les usines internet de millions d’ordinateur, sans énergie, ou à un coût exhorbitant. Le data mining ( l’explosion des millions de  données  produites à chaque minute ) mourra de son coût. Une société tertiaire en faillite ? L’homo sapiens sans son I-Phone, comment l’imaginer ? C’est la réalité des prochaines décennies.

–          La transmission du savoir et la pensée : La société a largement décloisonné les hiérarchies, conventions sociales, et le modèle patriarcal. Avec bonheur, et interrogations. Le tutoiement par exemple ;  la crise des institutions ( l’école, la justice, la culture ). Les institutions sont perçues comme « castratrices » pour un jeune : entrer au théâtre  et devoir couper son portable, écouter un cours fastidieux alors qu’habituellement on zappe avec la télécommande. C’est un non sens.  L’institution demande de l’effort, et de la durée. Ivresse de ce décloisonnement ! Seulement, il implique aujourd’hui le cloisonnement au présent, à l’oubli , à l’information caduque en permanence.

Les sciences de l’information permettent de soulever ces problématiques, et de nuancer ce qu’on nomme dans cette science les « apocalyptiques » et les néo-modernistes-enthousiastes.

La seule réponse, elle est formulée plus haut.

On lira l’article qui reprend les moments clés de ce nouveau concept : entre les « pour » et les « contre » : https://zeboute.wordpress.com/2010/11/11/le-defi-et-lapologie-des-medias/

A lire : Penser et twitter en 140 caractères

L’usage et nouvelles technologies

L’usage est employé largement dans les sciences de l’information, et le marketing : Facebook, twitter, l’iphone ont un intérêt parce leur succés est marqué par « l’usage ».

S’il n’y a pas d’usage, la technologie meurt, et c’est cet usage que recherchent les start up de l’informatique, et du marketing.


En sortie du CES ( Consumer Electronics Show )  de Las Vegas, comme toutes les ans, le concept ATAWAD ( anytime, anywhere, any device ) fait référence.

L’usage des technologies dans un  portable, qui fait tout ( téléphone, mail, GPS , photographie, vidéo ..) . Portable dans le sac à main, comme son mouchoir ou ses clefs de voiture. Pour quoi faire ?

Etre partout, sur n’importe quel « device », est l’élément fédérateur de notre nouvelle génération, Génération X ( ma mère utilise Skype ) et génération Y . I phone, l’I Pad…

L’usage est un concept marketing et technophile, largement utilisé par les médias, et le marketing des grandes entreprises, comme le sacro saint de la vie et de mort des nouvelles technologies. Utilisé ? cela survivra. Sinon mort, comme une faiblesse d’un avatar darwiniste mort né.

L’usage dans l’imaginaire du marketing est une loi de la jungle jugulée par les « consommateurs ». Le client « roi » qui déciderait de l’usage.. Un certain fantasme de la vie et de mort par le consommateur ou l' »usager ».

C’est largement sous estimer que l’usage d’un média ou d’une nouvelle technologie répond à plusieurs principes, et non pas à la vindicte du « consommateur » ou « usager ».

  • – Le succès de l’usage est d’abord soumis aux contraintes techniques.

Au moment où en France, par exemple, l’usage du minitel a fait succès , aux Etats Unis, la déception fut sévère. Suite au faible débit des lignes de l’époque, les essais de « minitel » américain fut un échec. L’affichage de certaines pages pouvait prendre une durée de 6 minutes. Fi de l’usage s’il ne marche pas.

L’usage est donc d’abord dans l’efficacité technique, il faut que « ça marche ».

La force et le succès de Twitter par exemple est dans une certaine partie liée à son implémentation technique. A la différence des blogs, ou des pages internet, Twitter est conçu pour être élaboré avec des « interfaces » (API) indépendantes du site twitter.com. C’est ce qui permet notamment à éviter la censure de ces messages « postés » ( voir la révolution « twitter » en Iran ). Même si on peut censurer le site twitter.com, il n’est pas possible de censurer les milliers de sites qui fournissent les « plugins » permettant de « twitter ».

L’innovation ne réside pas que dans l’idée génial de la découverte , mais dans sa réalisation concrète. ( 20 %  procède de l’idée et 80 % de sueur … )

  • – Le succès de l’usage est ensuite économique.

S’il n’est pas gratuit, le frein est réél. Cela paraît évident, mais bien une donnée dans l’essor ou non de l’usage.

C’est dans ce cas où l’usager considérera le retour sur « investissement »  : il fait balance entre le gain et le coût de cet usage.

L’internet illimité par forfait a permis de combler le retard de l’usage  d’internet en france, justement freiné par le minitel ;  puisque la notion de durée de connexion n’existe plus ( on remarquera qu’en Belgique par exemple, on pratique encore un coût à la « consommation », sur le volume d’octets téléchargés ).

les messageries sur minitel ont largement perduré ( et apporté gain considérable aux opérateurs ), parce que le consommateur estimait le « rendu » de ce service suffisant par rapport à son coût ( qui était facturé à la minute ).

L’usage du minitel a été une réussite, puisqu’il était d’un faible coût ( fourni gratuitement ou en location à bas prix ).  A le comparer au coût du forfait internet et d’un ordinateur, le minitel était purement économique.

La facturation des services minitel était une originalité à l’époque : l’usager ne payait pas directement l’opérateur de service ( le site de réservation SNCF, de voyagistes, ou d’informations d’un journal éditique) , mais directement à France Telecom, qui reversait leurs bénéfices aux entreprises de services. Cette facilité de « tout-en-un » dans ces kiosques de services ( évitant le paiement par le consommateur à chaque opérateur de services ) était originale.

  • – Enfin le succès de l’usage est avant tout politique.

-> La diffusion du minitel a été largement « sponsorisé » par l’état, qui voyait là le moyen économique de limiter les diffusions des annuaires papier.

->  l’usage des voitures « électriques » dans le domaine des transports est quasi embryonnaire. Non que la technologie ou le coût en soit un frein, mais il est évident que les constructeurs de voiture, dans la rentabilité des investissements, préfèrent miser sur la voiture à moteur à essence.

-> L’Europe paraît aujourd’hui une vaste zone de télécommunication, parce que largement couverte par le haut débit. C’est oublier les « zones blanches », ( dans les coins reculés ) ; alors que des technologies plus innovantes permettraient de régler le problème : par la technologie WIMAX par exemple, c’est à dire sans infrastructures techniques. Or c’est justement parce que les grands opérateurs de télécommunication ont largement investi dans ces infrastructures techniques coûteuses ( fibres optiques, relais … ), qu’ils ne sont pas prêts à favoriser d’autres usages. Paradoxalement, c’est l’Afrique qui pourrait en être le grand bénéficiaire, puisque là point d’infrastructure technique. Tout est à construire, et ce continent profite déjà de meilleure technologie. [ voir WiMax, le WiFi « nouvelle génération » : une solution pour l’Afrique ]

L’usage est ainsi largement porté par la politique de ces opérateurs, ou par les états.

En conclusion, l’usage est un mythe « marketing », et souvent à mettre en lumière avec la réalité technologique ; économique et surtout politique.