Archives pour la catégorie Billet

Albert Camus et Sartre

pensée absurde

penser humain

Albert Camus et Jean Paul Sartre se sont longuement appréciés, dans le domaine de leur pensée respective. L’homme est seul au monde. Il est là, projeté dans un monde, sans avoir rien demandé. Camus définit l’absurde, Sartre la réalité existentielle de l’homme, qui est ce qu’il fait. Cependant, au fil de la réflexion, Camus a toujours proné la primauté de la raison du coeur, la raison du corps. Elle était imprégnée de la vie de Camus, en Algérie, sous le soleil brûlant des corps;  Brûlant la pensée et immergeant l’homme dans son milieu, loin des considérations parisiennes de Sartre, plongé dans un monde purement culturel, et moins humain que celui de Camus, plongé dans la vie.

Cette naiveté apparente irritait Sartre et les siens, et une fracture entre les deux hommes a séparé leurs amitiés. Camus s’est senti exclu de la pensée, a douté fortement.  La prétention des grands penseurs est de considérer que l’intelligence d’une pensée est une construction dénuée de toute contingence matérielle. Aller à l’essentiel, et à l’abstraction. Mais la pensée vie, et rétroagit. Du sang, des larmes, des colères.

En ce sens, la pensée de camus est moderne et elle est à redécouvrir.

la belle au bois dormant dans les espaces verts

La belle aux bois dormant n’existe plus dans la belle forêt imaginaire que l’on a dans la tête, enfant ou pas.

Non, aujourd’hui elle est dans les espaces verts.

On ne parle plus de forêt, ou de parc, mais d' »espace vert ».On réduit l’espace à des fonctions urbaines. L’image n’est pas de moi, mais de Régis Debray.

Vivre aujourd’hui, c’est dans l’espace. L’espace immédiat. Les réseaux internet et téléphoniques permettent d’être partout à la fois. Partout à la fois, mais surtout nul part. L' »espace vert » est universel. Comme les espaces stériles que sont les aéroports, ou les points de chute touristiques qui regroupent les multinationales… Mac Donalds … L’histoire n’est pas nouvelle. Mais quoi de plus différent l’aéroport de Madrid ou New York ? eh bien pas de différence. Les mêmes codes signalétiques. Ne pas se perdre où que l’on soit, au monde. Ainsi le tourisme n’a plus d’exotisme, mais surtout l’assurance d’être chez soi ailleurs : Michel Houellebecq l’a bien évoqué dans sa littérature. On transporte dans le tourisme son « monde », et on retrouve ses repères, alors que l’essence même du voyage c’est oublier ses repères…

L’objet de ce billet n’est pas de dénoncer la médiocrité ou la paleur d’un monde froid, il faut vivre avec son temps. Mais réfléchir à la notion d’espace:

– l’espace public : il est né au XVIIIeme siècle, comme espace entre nobles et bourgeois contre un espace purement restreint à la cour de la royauté.

– l’espace intime : l’espace ou jardin secret, aujourd’hui vampirisé par l’espace médiatique et partagé.

– l’espace virtuel : les communautés internet, comme niche ( via les forums ) permettant la solidarité et le partage sur des sujets particuliers.

– l’espace-temps : ou l’accélération du « tout tout de suite partout » ( t’es ou ? ) , et l’espace temps, lent et nécessitant la maturité, temps incompressible de l’éducation, de la réflexion. Thème cher de la médiologie, dans la transmission de la pensée.

Calendrier du mois

Prenons date ! C’est la rentrée de Septembre, l’occasion de  remettre  les neurones en place , et se consoler de l’été par des moments de grâces :

D’abord , émotion :

D’abord s’enlacer, se mouvoir dans le monde …

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/27/la-vapeur-des-corps-communication-fusionnelle/

Ensuite , quoi de neuf dans le marketing et le net ? L’usage, user user user les nouveautés ? A voir dans son sac à main ..

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/25/lusage-et-nouvelles-technologies/

Et un texte fondamental, logique de la communication, un pied de nez à la communication née de l’informatique. plutôt penser relation.

texte fondamental, innovant dans la recherche sur la thérapie mentale :

https://zeboute.wordpress.com/2010/09/17/paul-watzlawick-une-logique-de-la-communication/

Bonne lecture, octobre arrive , à suivre !

La vapeur des corps dans une communication fusionnelle

Cliquez sur la vidéo, c’est fabuleux !

Quoi de commun entre un match de foot, un concert de David Bowie, et le film « Happy Together » ?

La transe ! S’oublier et ne laisser que la vapeur du corps s’échapper dans de fabuleux « instants ».

Grand film de Wong Kar wai, Il obtient le prix du meilleur réalisateur au Festival de Cannes en 1997.

Un film associé à une bande originale éclectique entre tango  et instrumentaux de Franck Zappa  pour relater l’aventure houleuse d’un couple vivant expatrié à  Buenos Aires. C’est la communication fusionnelle par excellence, qui sort des tripes, du coeur, de la transe.

Ce film est largement repris pour des variantes musicales, comme ici, sur une bande musicale de Yann Tiersen.

L’usage et nouvelles technologies

L’usage est employé largement dans les sciences de l’information, et le marketing : Facebook, twitter, l’iphone ont un intérêt parce leur succés est marqué par « l’usage ».

S’il n’y a pas d’usage, la technologie meurt, et c’est cet usage que recherchent les start up de l’informatique, et du marketing.


En sortie du CES ( Consumer Electronics Show )  de Las Vegas, comme toutes les ans, le concept ATAWAD ( anytime, anywhere, any device ) fait référence.

L’usage des technologies dans un  portable, qui fait tout ( téléphone, mail, GPS , photographie, vidéo ..) . Portable dans le sac à main, comme son mouchoir ou ses clefs de voiture. Pour quoi faire ?

Etre partout, sur n’importe quel « device », est l’élément fédérateur de notre nouvelle génération, Génération X ( ma mère utilise Skype ) et génération Y . I phone, l’I Pad…

L’usage est un concept marketing et technophile, largement utilisé par les médias, et le marketing des grandes entreprises, comme le sacro saint de la vie et de mort des nouvelles technologies. Utilisé ? cela survivra. Sinon mort, comme une faiblesse d’un avatar darwiniste mort né.

L’usage dans l’imaginaire du marketing est une loi de la jungle jugulée par les « consommateurs ». Le client « roi » qui déciderait de l’usage.. Un certain fantasme de la vie et de mort par le consommateur ou l' »usager ».

C’est largement sous estimer que l’usage d’un média ou d’une nouvelle technologie répond à plusieurs principes, et non pas à la vindicte du « consommateur » ou « usager ».

  • – Le succès de l’usage est d’abord soumis aux contraintes techniques.

Au moment où en France, par exemple, l’usage du minitel a fait succès , aux Etats Unis, la déception fut sévère. Suite au faible débit des lignes de l’époque, les essais de « minitel » américain fut un échec. L’affichage de certaines pages pouvait prendre une durée de 6 minutes. Fi de l’usage s’il ne marche pas.

L’usage est donc d’abord dans l’efficacité technique, il faut que « ça marche ».

La force et le succès de Twitter par exemple est dans une certaine partie liée à son implémentation technique. A la différence des blogs, ou des pages internet, Twitter est conçu pour être élaboré avec des « interfaces » (API) indépendantes du site twitter.com. C’est ce qui permet notamment à éviter la censure de ces messages « postés » ( voir la révolution « twitter » en Iran ). Même si on peut censurer le site twitter.com, il n’est pas possible de censurer les milliers de sites qui fournissent les « plugins » permettant de « twitter ».

L’innovation ne réside pas que dans l’idée génial de la découverte , mais dans sa réalisation concrète. ( 20 %  procède de l’idée et 80 % de sueur … )

  • – Le succès de l’usage est ensuite économique.

S’il n’est pas gratuit, le frein est réél. Cela paraît évident, mais bien une donnée dans l’essor ou non de l’usage.

C’est dans ce cas où l’usager considérera le retour sur « investissement »  : il fait balance entre le gain et le coût de cet usage.

L’internet illimité par forfait a permis de combler le retard de l’usage  d’internet en france, justement freiné par le minitel ;  puisque la notion de durée de connexion n’existe plus ( on remarquera qu’en Belgique par exemple, on pratique encore un coût à la « consommation », sur le volume d’octets téléchargés ).

les messageries sur minitel ont largement perduré ( et apporté gain considérable aux opérateurs ), parce que le consommateur estimait le « rendu » de ce service suffisant par rapport à son coût ( qui était facturé à la minute ).

L’usage du minitel a été une réussite, puisqu’il était d’un faible coût ( fourni gratuitement ou en location à bas prix ).  A le comparer au coût du forfait internet et d’un ordinateur, le minitel était purement économique.

La facturation des services minitel était une originalité à l’époque : l’usager ne payait pas directement l’opérateur de service ( le site de réservation SNCF, de voyagistes, ou d’informations d’un journal éditique) , mais directement à France Telecom, qui reversait leurs bénéfices aux entreprises de services. Cette facilité de « tout-en-un » dans ces kiosques de services ( évitant le paiement par le consommateur à chaque opérateur de services ) était originale.

  • – Enfin le succès de l’usage est avant tout politique.

-> La diffusion du minitel a été largement « sponsorisé » par l’état, qui voyait là le moyen économique de limiter les diffusions des annuaires papier.

->  l’usage des voitures « électriques » dans le domaine des transports est quasi embryonnaire. Non que la technologie ou le coût en soit un frein, mais il est évident que les constructeurs de voiture, dans la rentabilité des investissements, préfèrent miser sur la voiture à moteur à essence.

-> L’Europe paraît aujourd’hui une vaste zone de télécommunication, parce que largement couverte par le haut débit. C’est oublier les « zones blanches », ( dans les coins reculés ) ; alors que des technologies plus innovantes permettraient de régler le problème : par la technologie WIMAX par exemple, c’est à dire sans infrastructures techniques. Or c’est justement parce que les grands opérateurs de télécommunication ont largement investi dans ces infrastructures techniques coûteuses ( fibres optiques, relais … ), qu’ils ne sont pas prêts à favoriser d’autres usages. Paradoxalement, c’est l’Afrique qui pourrait en être le grand bénéficiaire, puisque là point d’infrastructure technique. Tout est à construire, et ce continent profite déjà de meilleure technologie. [ voir WiMax, le WiFi « nouvelle génération » : une solution pour l’Afrique ]

L’usage est ainsi largement porté par la politique de ces opérateurs, ou par les états.

En conclusion, l’usage est un mythe « marketing », et souvent à mettre en lumière avec la réalité technologique ; économique et surtout politique.