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La tension de l’arc, ou la révolte au XXIeme siècle

« Qu’est ce qu’un homme révolté ? un homme qui dit non.

Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. »

Ainsi commence l’essai d’Albert Camus, l’Homme révolté.

Dire non à notre monde insensé, et dire oui, à la vie , c’ est affaire d’exigence.

Et à chaque instant, cette tension entre le néant, ou l’absurde doit nous porter à tendre cet arc, en permanente tension, métaphore que prend Albert Camus dans la conclusion de son essai.

Vivre c’est résister. « A cette heure où chacun d’entre nous doit tendre l’arc pour refaire ses preuves, conquérir, dans, et contre l’histoire, ce qu’il possède déjà, la maigre moisson de ses champs, le bref amour de cette terre, à l’heure où enfin un homme, il faut laisser l’époque et ses fureurs d’adolescentes. L’arc se tord, le bois crie. Au somment de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre ».

Ces mots ont toujours une résonnance moderne. L’histoire n’existe plus, elle est javelisée dans les mouvements aussi incertains. L’économie . Chacun résiste à sa façon. Les mouvements sociaux qui au-delà des images télévisuelles ont bien une réalité concrète du lendemain sans espoir. Les mouvements virtuels, propulsés par le marketing et la nouvelle économie des nouvelles technologies. Un nouveau monde sans frontière. Tout est partagé. Facebook, twitter, et le « tout tout de suite » ( Atawad , Any Time, Any Where, Any Device ). Les mondes d’incompréhensions. Les mouvements migratoires à la porte de nos frontières.

Ce soir j’ai retrouvé un livre tout poussiéreux. Avec quelques notes. Toujours d’actualité. « L’homme révolté ». De Camus.

A lire également : https://zeboute.wordpress.com/2010/10/26/la-vie-selon-albert-camus/

 

La génération Y en contradiction

Bonne nouvelle, les DRH et les sociétés de communication qui vendent du « coaching » sur notre nouvelle génération Y ont encore du temps avant d’intégrer les transformations de la société.

La technologie va plus vite que l’humain, et … voici 3 exemples révélateurs de la vie en entreprise et familiale.

– hier rencontre avec ma DRH d ‘un grand groupe de distribution, 4eme entreprise mondiale. Avant même de parler de l’intégration des « jeunes » en entreprise, ma DRH est plutôt préoccupée en anti-mysoginie du manque de femmes dans mon équipe. Déjà 30 ans de retard sur l’intégration positive des femmes, alors des jeunes ?

– La préhempsion des nouvelles technologies n’est pas le monopole de la nouvelle génération. Ma mère, 62 ans, m’a demandé de l’inscrire sur Facebook. ô surprise elle utilisait déjà facebook comme M. Jourdain qui fait de la prose. Elle avait déjà un compte sur facebook et communiquait déjà avec ce réseau social. Comme la nouvelle génération qui utilise l’outil sans conscience.

– Stress d’un collègue qui revendique la nouvelle génération sur des problématiques du « tout tout de suite », ( atawad ) sans se rendre compte que :

55 % de la génération Y est au chômage, et que l’intégration en entreprise prendra du temps avant qu’on offre l’i-pad pour tous.

Les changements de mentalités prennent des décennies, et souvenons nous de l’ordinateur qui parle et comprend l’être humain, qui n’existe toujours pas.  Les « révolutions  » actuelles sont des petits pas. Turing a inventé l’ordinateur il y a 50 ans. Le chemin est encore long !

Voir aussi : Génération Y digital natives ou digital natives ?  http://wp.me/pWtTD-z

et les caractéristiques de la génération Y : https://zeboute.wordpress.com/2010/08/09/generation-y-caracteristiques-comportementales/

Et aussi, l’utilisation des SMS par la génération Y … : http://wp.me/pWtTD-3Y

l’espace et le temps virtuellement délicieux ?

Etre partout dans ses pantouflesL’espace !

Monde moderne, tout maintenant, tout tout de suite. C’est tellement agréable. Etre connecté avec ses proches, éloignés, ou pas. Avoir l’information en temps réel, et ne pas attendre le journal papier du lendemain. L’ère de l’ATAWAD, ou Any Time, Any Where, Any Device est là ; ou comment être connecté n’importe quand et n’importe où  sur notre I-phone ( pour les plus modernes ) ou ordinateur.

L’espace est à portée de main. Google Map permet de se « télétransporter » dans la rue ;  se connecter sur la chaîne CB News pour suivre les derniers évènements américains. Le tourisme de masse permet par Low cost, d’aller à l’autre bout de la planète, sans changer de pantoufle. C’est-à-dire sans changer d’habitude. Les kilomètres n’ont plus de réalité. On est partout. Arrivé à l’aéroport, et dans  les zones touristiques, les codes sont universels, et pauvres. La signalétique est la même.  Rassurant. Voyager aujourd’hui, ce n’est pas découvrir une culture, mais vérifier que même ailleurs on sera protégé dans son cocon. Et pouvoir transporter son « cocon ».

Le temps !

La durée et le temps résistent. Autant dans l’espace tout est immédiat, le temps est malheureusement incompressible. Faire un enfant prend toujours neuf mois ; apprendre à lire ou une langue étrangère toujours autant de temps , long, trop long, dans un monde où on peut être tout de suite  à Moscou, mais ne pas pouvoir parler Russe. Car l’apprentissage est long.

Le virtuel dans le domaine du temps n’a pas attendu les nouvelles technologies. La « transe », les manifestations animiques permettent d’être en temps réel présent avec les ancêtres, par des incantations. L’hostie, dans la religion catholique permet d’être à des siècles en arrière en prenant dans la bouche le corps du christ, en temps « réel ». Accélérer le mouvement dans l’espace, c’est oublier le temps . Régis Debray cite Kundera ; dans un exemple simple : un motard pour oublier une scène de ménage prend sa moto, et accélère. La vitesse grise, et permet l’oubli.

Conjuguer temps et espace, c’est conjuguer une équation à deux vitesses. Espace immédiat et temps lent et vertueux…

Calendrier du mois

Prenons date !

Ecrire un blog et faire partager c’est difficile, quand on veut faire la quadrature du cercle :

donner du sens,

expliquer intelligemment,

et rester léger !

Le sens, c’est le sens de la vie avant tout, et Albert Camus par son histoire personnelle en Algérie, parti de rien, et porté

par l’école républicaine française, voilà un modèle. Le coeur et les tripes avant tout : la vie, la révolte, la solidarité,

thème toujours d’actualité en ces temps de résistance sur les retraites : Albert Camus

Le sens, c’est aussi un regard sur demain , et le défi du XXIeme siècle : Génération Y ?

Le sens c’est réfléchir à notre monde virtuel, notre monde concret, et nos conversations . La communication, quoi !

Ainsi son histoire est passionnante : histoire de la communication, premier chapitre.

Attention aux nouveaux gourous de la communication. C’est quoi les principes de la com ?

Penser à la belle aux bois dormants, elle vivait dans une forêt et non dans les espaces verts. Monde froid ?

vive le monde chaud de la communication, du coeur, des erreurs, a si es la vida !

Bonne lecture !

Défis de la génération Y

Défis de la génération Y

Génération Y demain

Aujourd’hui, vivre dans son époque, c’est vivre avec les signes.

Les jeunes, labelisés sous «la Génération Y », savent manipuler à merveille ces signes.

Pour un puriste des sciences de l’information, il faut nuancer : les signes manipulables par les nouvelles technologies. I phone, internet, réseaux sociaux.

Autant dans le passé, c’étaient les « anciens » qui apprenaient aux jeunes, aujourd’hui ce sont les jeunes qui apprennent aux anciens à se servir d’internet, de la souris, de l’email.

Mais il s’agit généralement d’expliquer comment se servir de l’outil. Peu savent comment sont construits ces outils. Et surtout, on ne réfléchit pas au sens de ces outils. Ou au sens des signes qui virtualisent notre monde.

Les grands défis de la Génération Y et de nous tous ( ma mère utilise Facebook, Skype et Msn à 62 ans ! ) sont donc :

–          Mettre du sens dans son présent : la technologie est un moyen, mais pas une finalité. Que faire de ces usages ? les forums, les innovations humaines ( lobbying , manifestations organisées via les réseaux sociaux ) sont une réponse : utiliser l’outil pour une solidarité , un combat. Aux apocalyptiques dénonçant la modernité, on peut répondre que l’homme sait en permanence « recycler » par de nouveaux usages une technologie. Souvent, l’usage dépasse le créateur. Twitter en est un exemple, lors de la révolte iranienne. Un support de communication qui a dépassé l’origine du « dire ce qu’on fait maintenant ».

L’information est le nouveau pouvoir, mais le prochain sera plutôt de comprendre le sens, et de le maîtriser. [ Vague du savoir ]. Sans remettre du sens , le risque des idéologies ( racisme, religions extrémistes ) est fort. Et déjà latent.

–          Faire coexister l’exponentielle montée des données ( coûteuses en infrastructure ) et l’ environnement durable.  Le challenge des générations futures sera de conjuguer hyper sophistication de la société tertiaire ( manipuler les signes, l’information ) , avec une crise du « bit ». Que deviendront les usines internet de millions d’ordinateur, sans énergie, ou à un coût exhorbitant. Le data mining ( l’explosion des millions de  données  produites à chaque minute ) mourra de son coût. Une société tertiaire en faillite ? L’homo sapiens sans son I-Phone, comment l’imaginer ? C’est la réalité des prochaines décennies.

–          La transmission du savoir et la pensée : La société a largement décloisonné les hiérarchies, conventions sociales, et le modèle patriarcal. Avec bonheur, et interrogations. Le tutoiement par exemple ;  la crise des institutions ( l’école, la justice, la culture ). Les institutions sont perçues comme « castratrices » pour un jeune : entrer au théâtre  et devoir couper son portable, écouter un cours fastidieux alors qu’habituellement on zappe avec la télécommande. C’est un non sens.  L’institution demande de l’effort, et de la durée. Ivresse de ce décloisonnement ! Seulement, il implique aujourd’hui le cloisonnement au présent, à l’oubli , à l’information caduque en permanence.

Les sciences de l’information permettent de soulever ces problématiques, et de nuancer ce qu’on nomme dans cette science les « apocalyptiques » et les néo-modernistes-enthousiastes.

La seule réponse, elle est formulée plus haut.

On lira l’article qui reprend les moments clés de ce nouveau concept : entre les « pour » et les « contre » : https://zeboute.wordpress.com/2010/11/11/le-defi-et-lapologie-des-medias/

A lire : Penser et twitter en 140 caractères