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la belle au bois dormant dans les espaces verts

La belle aux bois dormant n’existe plus dans la belle forêt imaginaire que l’on a dans la tête, enfant ou pas.

Non, aujourd’hui elle est dans les espaces verts.

On ne parle plus de forêt, ou de parc, mais d' »espace vert ».On réduit l’espace à des fonctions urbaines. L’image n’est pas de moi, mais de Régis Debray.

Vivre aujourd’hui, c’est dans l’espace. L’espace immédiat. Les réseaux internet et téléphoniques permettent d’être partout à la fois. Partout à la fois, mais surtout nul part. L' »espace vert » est universel. Comme les espaces stériles que sont les aéroports, ou les points de chute touristiques qui regroupent les multinationales… Mac Donalds … L’histoire n’est pas nouvelle. Mais quoi de plus différent l’aéroport de Madrid ou New York ? eh bien pas de différence. Les mêmes codes signalétiques. Ne pas se perdre où que l’on soit, au monde. Ainsi le tourisme n’a plus d’exotisme, mais surtout l’assurance d’être chez soi ailleurs : Michel Houellebecq l’a bien évoqué dans sa littérature. On transporte dans le tourisme son « monde », et on retrouve ses repères, alors que l’essence même du voyage c’est oublier ses repères…

L’objet de ce billet n’est pas de dénoncer la médiocrité ou la paleur d’un monde froid, il faut vivre avec son temps. Mais réfléchir à la notion d’espace:

– l’espace public : il est né au XVIIIeme siècle, comme espace entre nobles et bourgeois contre un espace purement restreint à la cour de la royauté.

– l’espace intime : l’espace ou jardin secret, aujourd’hui vampirisé par l’espace médiatique et partagé.

– l’espace virtuel : les communautés internet, comme niche ( via les forums ) permettant la solidarité et le partage sur des sujets particuliers.

– l’espace-temps : ou l’accélération du « tout tout de suite partout » ( t’es ou ? ) , et l’espace temps, lent et nécessitant la maturité, temps incompressible de l’éducation, de la réflexion. Thème cher de la médiologie, dans la transmission de la pensée.

Heuristique d’internet

L’école apprend dans sa tradition rationnaliste le concept « thèse – antithèse – synthèse ».

Thème cher à Régis Debray, dans la transmission de la pensée ; aujourd’hui pervertie par le « tout tout de suite » et « sans recul ».

Aujourd’hui, penser et communiquer, c’est vivre en société, et vivre, c’est « communiquer efficacement ». [ voir Une logique de la communication ]

Aussi, la communication nouvelle par les médias, et essentiellement Internet nous apprend une nouvelle forme de rationnalité dans la pensée. C’est le « billet » ou les quelques mots qui titillent l’esprit, et qui permettent de capter l’intérêt. Rien de nouveau.

Les « billets » existent depuis longtemps dans les journaux, synonymes de notes d’humeur. Sujet léger qui capte l’attention du lecteur, mais avec une pointe d’humour, et de pertinence.

Les blogs relèvent de cette appropriation intellectuelle et jouissive : provocatrice, humeur. Ces formes d’information sont pertinentes quand elles renvoient ensuite à un sujet de fond.

Le billet ou le blog permet de papillonner.

Et plus généralement sur internet, par les liens hyper texte. En sautant de site en site. L’intérêt est de pouvoir « surfer » ou « picorer », moins limité qu’un raisonnement à suivre de bout en bout, où le lecteur est contraint par l’auteur.

Bien sûr, on se méfiera des catalogues d’idées… ( ex. rapports sur quelques recherches internet « reader digest » ou compilation ou copie de pages d’information ). la synthèse est toujours nécessaire.

La nouvelle composition éducative pourrait passer par un  » billet-lis-moi-c’est-intéressant / picore-mes-réflexions / synthèse-de-ma-réflexion ».

Sujet pour notre nouvelle génération Y !

Petit guide de survie au XXIème siècle

Le Xxeme siècle a connu 2 grandes guerres mondiales, dictatures. Nos grands parents ont connu la guerre. Le XXIeme siècle n’est pas serein. Les catastrophes écologiques annoncées, économiques, l’érosion de la religion en Europe sont les nouvelles donnes. Elles rejoignent en tout cas le siècle passé par cette même constante : le chaos, l’incompréhension et la sensation folle que nous ne maîtrisons pas le monde. Cela est paradoxal, tant le Progrès humain a permis de comprendre mieux la nature, la maîtriser par la technique. Les sciences humaines, la culture, et la médecine ont pu améliorer l’espérance de vie et soulager nos « maux » et peurs psychologiques. Des siècles d’inventions comme inefficaces..

Est-ce que sournoisement, devant ces échecs, l’homme ne s’est il pas convaincu qu’il n’y avait plus rien à faire, plus de possibilité à maîtriser le monde ? A prendre le recul sur les choses. La raison permet de comprendre les phénomènes visibles, les classer, les catégoriser Définir des règles, des lois. Classifier les choses, la nature. Prendre ce recul sur la nature et les évènements pour les maîtriser. Et être rassuré quant à son devenir ?

Régis Debray, dans son cours de Médiologie générale, en 1990, s’interroge déjà sur cette « défaite de la pensée ». Et dénonce, « le grand retour de l’immédiat ». On ne raisonne plus ( la connaissance), c’est l’information ( immédiate ) qui est devenue le sacro-saint et dicte. La vérité, l’autorité ? ce n’est plus dans le livre ( vrai comme un mot écrit ), mais : je l’ai vu à la télé ( vrai comme une image en direct ). C’est l’apparition, l’émotion, l’instant qui domine. Le corps et non plus la conscience. De ce fait, la peur et la fascination des spectacles des cirques de lion et des gladiateurs au temps de l’antiquité fait écho.

Aurions nous été amnésiques d’une vingtaine de siècles ?

Il est intéressant, donc, d’étudier les notions suivantes :

la notion de la transmission de cette pensée, à travers les siècles, et notamment la technique. C’est l’objet de la Médiologie.

Aujourd’hui, comment réfléchir et communiquer sur Twitter qui limite le message à 140 caractères ?

L’immédiateté ; Dans un monde de l’instant, étudions le signe. Un signe ( une étoile dans le ciel, une image, une information au journal télévisé ) a bien un caractère immédiat. Est il dans la nature, la culture ?  Réflexion et immédiateté sont ils opposés ? C’est l’objet de la sémiologie, l’étude des signes.