Archives pour la catégorie Textes essentiels

On ne peut pas ne pas communiquer

twitter en 140 caractèresIl n’est pas possible de ne pas communiquer.

C’est l’un des grands axiomes de la communication, défini par l’Ecole de Palo Alto, par Watzlawick.

On lira ici quel est ce principe, et surtout, dans nos problèmes de communication, ce que cela implique.

Au quotidien ! Lire la suite

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Le test de Turing, ou la machine peut elle penser ?

La machine peut elle penser ?

Voilà l’éternelle question qui hante l’Homme depuis que la technique accompagne l’être humain.

Question qui taraude l’intelligence artificielle.

A son PC, on lui parle souvent

( souvent par juron ).

L’ordinateur peut il être l’égal de l’homme ?

Ces questions qui peuvent paraître philosophiques ont été soulevées par le génie Alan Turing, qui fut à l’origine de l’invention de l’ordinateur.

Par ce qu’on appelle aujourd’hui communément, le « test de turing ».

En 1950, Alan Turing, écrit un article dans la revue Mind.

L’objet ici est de le commenter, et apporter un éclairage sur ce test célèbre.

L’article en question a bouleversé les conceptions de l’époque, comme les articles de Darwin, ou Einstein à leur époque.

Alan Turing pose cette question : « les machines peuvent-elles penser ? ». Lire la suite

Mythologies de Roland Barthes

Points de repère

Plus loin

Roland Barthes [ 1915 – 1980 ] est un acteur majeur de la discipline des sciences de l’information et de la communication.

Sémiologue, il a eu un regard neuf et moderne sur notre appropriation des mythes contemporains que sont la publicité, la mode, la presse.

De là, dans Mythologies, il décortique notre société et la décrypte.

[ on retrouvera plus bas quelques billets sur ces décryptages ]

Dans la seconde partie de son essai, il s’intéresse au mythe. Et à nous de s’y intéresser, car il est sous-jacent à notre monde d’aujourd’hui.  Lire la suite

Habermas et l’espace public

Dans le domaine de la théorie de la communication, Jürgen Habermas fait référence. Philosophe, rattaché à l’école de Francfort, Habermas a largement influencé les recherches françaises, notamment autour de la notion de « l’espace public ». Les thèses de Habermas sont souvent obscures, et nous trouverons ici quelques éléments de synthèse. Lire la suite

Bach, Escher et Godel, ou les paradoxes de l’intelligence artificielle

Chercheur en informatique, et en intelligence artificielle, fils d’un prix Nobel de physique, Douglas Hofstadter écrit en 1979 « Gödel, Escher et Bach », qui reçoit le prix Pulitzer. Cette œuvre est une ouverture sur les connaissances de la machine et de la pensée, en la confrontant à divers domaines. Telle la musique (Bach), graphique (Escher), les théories des mathématiques. Un échange pluridisciplinaire qui met en lumière : les mécanismes de la pensée, la possibilité de la machine à penser. Par des exemples subtils. Et qui marquera une génération de chercheurs en intelligence artificielle. Lire la suite

Le triangle du désir mimétique, René Girard

A quoi rêvent les masses ?

Dans notre société de consommation, l’objet est désiré. Les modes, la publicité nous poussent à consommer. Avoir le dernier smartphone, faire comme son voisin. Imiter…

L’imitation, voilà la pierre angulaire de René Girard, enseignant, philosophe. René Girard a une intuition fondatrice, dans la théorie du désir : le triangle du désir mimétique. [ Mensonge romantique et Vérité romanesque, 1961 ]. Lire la suite

L’analyse des images, par Christian Metz

Christian Metz [ 1970 ]. L’analyse des images. Revue de communication.

L’image a une ressemblance avec la réalité. Elle appelle à nos sens, la vue, à la sensation, le cœur plus qu’à la raison. Les experts en linguistique, qui s’occupent plus du langage ont pu se sentir un peu frustrés, devant cette forme de langage, qui semble étrangère au langage structuré que l’on connait. L’effort de Christian Metz est une réflexion sur l’analogie, et d’y trouver derrière l’image une structuration, une lecture à l’identique de la linguistique. Lire la suite

Cours de médiologie générale, ou le retour de l’immédiat. Régis Debray

Points de repère

Plus loin

Cours de Médiologie générale, Régis Debray 1991

Régis Debray, outre qu’il ait « combattu » en Amérique latine auprès de Che Guevara,  et que j’ai eu la chance de le rencontrer dans un aéroport en Irlance ( grand moment), il a ouvert la voix à la Médiologie, comme l’étude de la transmission de la Pensée.

[ on lira une étude scientifique américaine de l’impact de la technologie, internet, sur notre pensée : Etude Parvin ]

Le cours de Médiologie générale, bien qu’écrit en 1991 est encore  d’actualité, 20 ans après.

Ici est étudié le dernier chapitre, 12ème leçon , la loi des 3 états.

Le grand retour de l’immédiat.

L’époque voit rejaillir l’oralité, la fusion immédiate avec le corps, l’émotion. La chanson, dématérialisée sous le walkman, supplante la poésie, qui devient rhétorique et illisible. Dans le domaine de l’art, les tableaux picturaux sont décrochés au profit des « happenings », l’évènementiel. Fête de la musique. La communion, l’effusion dans l’instant.

Sérieux renversement de l’épopée de la Raison, la raison était émancipatrice, passer de l’immédiat au construire, «  comme le lent dégagement des apparences vers les lois, car la raison des choses ne traîne pas parmi les choses, au milieu des bruits et des couleurs. C’est la défaite du maître républicain qui nous disait « Séparez, distinguez, détachez vous. Faites abstraction. Prenez vos distances par rapport à votre culture, cette masse de préjugés qui vous collent à la peau ».

Toutes les réformes contemporaines de l’école visent à subordonner l’écrit à l’oral. Car l’écrit est artificiel, l’oral naturel. Cela est démocratique ( « la dictée est un acte répressif »), et les enfants défavorisés maitriseront plus facilement un français parlé qu’un français écrit.

« Ne dites plus « instruction publique », dites « activités d’éveil, dialogue, échange » ». « N’écrivez plus, jeunes gens, ne lisez plus des œuvres, branchez vous tout de suite, écoutez les informations, regardez vos écrans, éclatez vous sans tarder. Moins vous laisserez de traces, plus vous serez libres. ».

Dans l’oralité, « l’émetteur tourne autour du récepteur, alors que dans l’écrit, le récepteur tourne autour de l’émetteur. L’auditoire satellise l’émetteur. Dans l’autre, le message solaire satellise son lectorat. C’est dire que l’oralité recèle techniquement une fatalité tribale et démagogique, une pente à la facilité et à la complaisance. » Les émissions telles « L’heure de vérité », comme des jeux du cirque du Logos. Super sophisme.

« La ligne Chair  aboutit à la Démocratie, mosaique chaude et colorée de micro-milieux communautaires bouillonnant au jour le jour.

La ligne Verbe aboutit à la République, entité historique des lois, des livres, et de l’interprétation, antipathique à l’immédiat. »

De ce cours, Régis Debray définit la loi des 3 états : logosphère, graphosphère, videosphère.

Le tableau suivant les  résume :

Ecriture( logosphère ) Imprimerie( graphoshère ) Audiovisuel( videosphère )
Milieu stratégique ( projection de puissance ) La terre La mer L’espace
Idéal de groupe L’UN ( Cité, empire, royaume ) Absolutisme TOUS  ( Nation, Peuple, Etat ) nationalisme et totalitarisme CHACUN ( population, société, monde ) Individualisme et anomie
Figure du temps ( et vecteur ) CERCLE( éternel,  répétition, ) Archéocentré LIGNE( histoire, progrès ) Futurocentré POINT( actualité, évènement ) Autocentré : culte du présent
Age canonique L’ANCIEN L’ADULTE LE JEUNE
Paradigme d’attraction MYTHOS( mystères, dogmes, épopées ) LOGOS( utopies, systèmes, programmes ) IMAGO( affects et fantasmes )
Organon symbolique RELIGIONS( théologie ) SYSTEMES( idéologies ) MODELES( iconologie )
Classe spirituelle ( détentrice du sacré social ) EGLISEsacro saint : le dogme INTELLIGENTSIAlaique ( professeurs et docteurs ).

Sacro saint : la connaissance

MEDIAS( diffuseurs et producteurs ).

Sacro saint : l’information

Référent légitime LE DIVIN( il le faut, c’est sacré ) L’IDEAL( il le faut, c’est vrai ) LE PERFORMANT( il le faut, ça marche )
Moteur d’obédience LA FOI LA LOI L’OPINION
Moyen normal d’influence LA PREDICATION LA PUBLICATION L’APPARITION
Statut de l’individu SUJET( à commander ) CITOYEN( à convaincre ) CONSOMMATEUR( à séduire )
Mythe d’identification LE SAINT LE HEROS LA STAR
Dicton d’autorité personnelle Dieu me l’a dit Je l’ai lu dans le livre Je l’ai vu à la télé
Régime d’autorité symbolique L’invisible Le lisible Le visible
Centre de gravité subjectif L’AME LA CONSCIENCE LE CORPS

Indice Symbole et icone de Peirce

Points de repère

Plus loin

Les 3 niveaux des signes, selon Charles S. Peirce

D’une façon plus théorique, on pourra lire l’article sur la sémiotique, ou étude des signes, de Charles Peirce  :

https://zeboute.wordpress.com/2010/11/08/semiotique-de-charles-s-peirce/

Peirce distingue une tripartition des signes : l’indice, l’icône et le symbole.

Tout d’abord, l’indice : l’indice est un signe immédiat. Une trace de pas, un bruit, le ciel rouge. « Lorsqu’un objet occurrent concret est relié à son signe désignatif par quelque action directe ou quelque réaction comme l’action du vent sur les ailes du moulin, alors le signe est un indice ». L’indice est un signe arraché à la chose ou précise Peirce, « réellement affecté par elle ». Dans le symptome médical, ou météorologique, dans le cas d’empreintes physiques, de trace. Il n’y a pas de code, de réflexion, ou de mentalisation. Le signe existe dans la nature tel quel. Il ne représente pas la chose ou le phénomène, il les manifeste en direct ou en propre. Dans une conversation, les intonations, les regards, la posture constituent une couche indicielle.

L’icône : « il s’agit d’un objet dynamique dont la qualité est reliée à son signe descriptif par une similarité qualitative ou ressemblance ». Par exemple une photographie, une sculpture, un dessin. L’échantillon de tissu que me montre le tailleur est une icône. On parle ici d’analogie. L’icône en tout cas est représentatif. La coupure avec la nature est là : les animaux sont sensibles aux indices , mais restent indifférents à la une photographie. Les similarités sont là avec l’objet, mais elles sont reconstruites et représentées.

Le symbole : une loi, une règle ou une habitude peuvent n’être reliées à leur signe que par l’interprétant du signe. Ce signe est alors un symbole. Le symbole ne ressemble pas à son objet. Le panneau « sens interdit » ne dit rien. Et à la différence de l’image, le signe symbolique se structure par opposition ou exclusion. Comme la langue, ou un mot. « robe » et « rose » sont 2 symboles différents, et c’est l’opposition par la lettre « s »/ « b » qui déterminent le signifié. Le symbole pointe donc sur le mode digital ( du tout ou rien ).

Sémiotique de Charles S. Peirce

Points de repère

Plus loin

Charles Sanders Peirce ( 1839 – 1914 ) est logicien, philosophe et homme de sciences américain.

La sémiologie est l’étude des signes au sein de la vie sociale, et de la culture.

Les signes sont partout : la trace des griffes d’un oiseau dans la neige, une photographie, un un panneau de signalisation…

Saint Augustin indiquait : «  le signe est une chose qui se tient pour une autre chose ».

C’est la définition la plus simple que l’on trouve du signe.

Autrement dit, un signifiant et un signifié. Les 2 faces d’une pièce de monnaie inséparables : la panneau rouge tiré d’un trait blanc ( le signifiant ) indique que le passage est interdit ( signifié ).

L’apport de Charles S. Peirce est d’avoir élargi la réalité binaire de ces signes.

La signification du panneau « sens interdit » n’est valable que pour le conducteur automobiliste. Autrement dit, un troisième élément est nécessaire.

De même, le ciel rouge m’indique qu’il fera beau demain. Pour un peintre, le ciel rouge peut avoir d’autre intention.

Ainsi, Peirce définit ainsi le signe : « Un signe, ou Representamen, est quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose sous quelque rapport ou à quelque titre. Il s’adresse à quelqu’un. Ce signe je l’appelle l’interprétant du premier signe. Ce signe tient lieu de quelque chose : de son objet ».

« Le rapport de sémiose désigne une action, ou une influence, qui est, ou qui suppose, la coopération de trois sujets, tels que le signe, son objet et son interprétant.  Cette relation ternaire ne peut se laisser en aucun cas ramener à des actions entre paires ». Signifier suppose ici 3 termes, et non seulement deux.

A lire également : Indice symbole et icone de Peirce : une lecture de son texte fondamental.