Archives pour la catégorie Plus loin

Sociologie du Flash Mob

Points de repère

Plus loin

Etude, impact, Sociologie du Flash Mob

Le Flash mob « traduit généralement par foule éclair ou mobilisation éclair, est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance, avant de se disperser rapidement. » [ Source Wikipedia ]

Il s’agit généralement aujourd’hui d’évènements créés par les réseaux sociaux, via internet.

–       Un erzatz ou un dépassement des   » happenings  »  :

L’origine de ces mobilisations « évènementielles » suit les « happenings »  de la culture, qui en place des expositions culturelles dans les musées, proposait des « performances ».

Un happening est en effet  une performance  ( représentation ) , considéré comme un art. Le mouvement Fluxus en est un exemple, né dans les années 1960. Une opportunité de bousculer l’ordre établi de la culture des musées par des incursions provocatrices.

Le happening ou le flash mob ont en commun ce même sens : le temps réel ; Leur caractéristique est qu’ils sont dans la présence, l’immédiateté.

Et l’évènement est précaire ; une fois terminé, il est oublié. A moins bien sûr qu’il ne soit filmé et propagé par la video. Aujourd’hui par internet, via You tube ou Daily Motion.

Ce retour à l’immédiat, dans l’instant ; Le flahs mob ( hormis les vidéos ) et les « happenings » sont sans mémoire. Ils ne résisteront pas à 10 ans de culture, à la différence de la culture picturale ou littéraire.

Cela renvoie à la médiologie, thème cher à Régis Debray. A la transmission. Que retenir de ces happenings ou flash mob ?

La différence essentielle entre le « Happening » et le Flash mob réside dans le caractère « artistique » ( l’Art avec un grand A ) des happenings, tandis que le Flash Mob est consensuel, et relie les hommes dans ce qu’ils partagent déjà en commun ( une chanson le plus souvent un « tube » ). Le « Happening » a pour vocation de provoquer et de remuer l’intellect ; le Flash Mob a pour vocation de réunir le maximum d’individus dans une farandole partagée et connue de tous.

–       La communion des sens :

Flash Mob Leroy Merlin

Le flash mob est une communion, par la danse ; généralement il est l’expression d’une foule en mouvement sur un rythme, une danse.

On retrouve dans les vidéos la communion, la fusion dans le mouvement des corps. Participer à un Flash Mob, c’est entrer dans la danse ( au propre comme au figuré ). C’est « entrer dans l’orchestre ». [ Entrer dans l’orchestre ] .

On se mélange . Ce n’est pas la réflexion qui prime, mais la communion.  Comme la communion dans un concert, ou devant un match de foot. C’est l’instinct qui guide, au grand bonheur de tous : se retrouver, et partager. L’aspect indiciel prime [ La clôture sémiotique, ou la séparation entre la soupe primitive de l’indice et la réflexion ].

–       Le Flash Mob ou partager l’entreprise aves ses collègues :

Il n’est pas besoin d’être dans la Génération Y, pour confondre vie professionnelle et personnelle.

L’institution et l’entreprise exigent de séparer vie personnelle et professionnelle. Cette séparation est d’ailleurs encadrée par la loi, qui interdit de mélanger la sphère privée de la sphère professionnelle ( notamment dans l’embauche, ou la vie quotidienne d’un salarié au sein de l’entreprise) . Participer aux Flash Mob c’est donner de soi , et justement mélanger vie personnelle et professionnelle :  mettre en évidence son envie de danser, savoir danser, sourire, partager ! Dans le monde de l’entreprise, le flash mob procède du volontariat, et en ce sens reste positif : partager avec ses collègues de cette communion que l’on ne retrouve pas forcément dans une vie professionnelle trop structurante au quotidien. Un moyen d’échapper à une vie d’entreprise aujourd’hui feutrée. Il y a 20 ans, le Flash Mob se faisait spontanément dans les bureaux, mais sans video.

Le Harlem Shake est une variante du flashmob : il réunit des individus, autour de la chanson Harlem Shake, sur une vidéo partagée sur internet.

–       La reconnaissance sur les réseaux sociaux :

Le flash mob n’existerait pas sans la visibilité sur internet. Dans le monde de l’entreprise, le flash mob, évènement très ponctuel, par rapport à l’investissement fourni, permet surtout de la visibilité sur internet.

Moyen de mettre en évidence la satisfaction des employés à participer à ce genre d’évènement.

Et en effet, en conclusion, chacun y trouve son compte. Une euphorie collective, participative, sur un air partagé. Un tube, une chanson.

Exemples de flash mob :

Dans le domaine de la revendication des droits, Flashmob de baisers homos, contre le Pape, à Barcelone : http://www.youtube.com/watch?v=-cT_jSgE-cg

A lire, pour approfondir  :

Régis Debray, ou le retour de l’immédiat

Entrer dans l’orchestre, logique d’une communication

La clôture sémiotique, ou ce qui sépare la danse ( l’indice et le corps ) de la réflexion

La culture et ma culture

Points de repère

Plus loin

La réflexion de cet article est largement inspirée de la lecture du livre « La défaite de la pensée », d’Alain Finkielkraut.

La culture au sens large renvoie à une séparation avec la nature. Le propre de l’être humain, est de s’ »élever » .

Et garder au fond ce qui reste d’essentiel en soi .

Comme disait Edouard Herriot, la culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

La vertu de la culture, c’est de se détacher des contingences matérielles, et se rapprocher de ce qui peut unir une communauté d’hommes. L’histoire du progrès, de Platon aux siècles des Lumières a été une longue explication du mieux vivre par une meilleure connaissance de ce qui nous unit. Et surtout de rechercher l’ »universel » de l’homme.

Les grandes tragédies du XXeme siècle , les 2 guerres mondiales et surtout la colonisation ont montré avec évidence qu’il n’y avait pas de culture « universelle ». Et ont nuancé ce « progrès humain ».

Une transmutation de « la » culture en « ma » culture s’est opérée, au moment de la décolonisation.

L’Europe, et la France, n’ont pas le monopole de ce qui réunit les hommes. L’ »universel « a ses limites, comme la langue de l’Esperanto par exemple qui n’a pas été un succès de rassemblement des hommes par une langue commune.

La culpabilisation au sortir de la colonisation était de laisser les peuples s’exprimer. Et vivre leur culture. Quitte à cautionner, par manque de vision, les régionalismes extrémistes d’aujourd’hui.

La femme en burka, est-ce une marque de culture ou de déni de la condition universelle ? Sur ce point, Albert Camus avait réfléchi, et immiscer l’idée que tant que l’inégalité entre les faits, et la réalité étaient expliqués et intégrés, rien ne pouvait être possible…

Une culture universelle ?

A contrario, Goethe exprime sa surprise de lire un roman chinois si proche de ce qu’il avait pu écrire. Il découvre que l’œuvre humaine dépasse le particularisme.

Mais partout dans le monde, la culture est d’abord sienne et concrète. Le Volksgeist, ou génie national. En ces temps de guerre économique, le « chacun pour soi » renvoie à un nationalisme salutaire. Mais de la culture ? ne divisons pas les hommes, il faut les réunir.

La culture, c’est le domaine ou s’exerce l’activité spirituelle et créatrice de l’homme.

Ma culture, c’est l’esprit du peuple ; j’appartiens et ma culture imprègne à la fois ma pensée la plus haute et les gestes les plus simples de mon existence quotidienne.

Herder. 1774 . [ une autre philosophie de l’histoire ] : Herder affirme que toutes les nations de la terre ont un mode d’être unique et irremplaçable. Rien ne transcende la pluralité des âmes collectives, toutes les valeurs supra nationales, qu’elles soient juridiques, esthétiques ou morales sont déchues de leur souverainneté.

Décontextualiser l’œuvre. L’œuvre est soumise à des normes idéales. Or ces normes naissent d’un milieu, d’une génèse.

Les Anciens étaient indifférents à la succession d’évènements dans le temps. Herder intègre dans la durée ce qu’on avait cru invariable.

Voltaire voit dans le temps la victoire de la raison sur la coutume et les préjugés. Le siècle des Lumières voit le temps continu comme une progression continue de la civilisation. Herder replace le relatif. Et comparer Socrate à Spinoza est absurde.

Le média instantané ou le média du sens ?

Points de repère

Plus loin

Le média. L’origine du mot média est du latin, « medius », au milieu.

Le média est au milieu, intermédiaire entre la pensée, la raison, et l’Autre qui reçoit.

Le média est donc intermédiaire, soit  naturel ( l’oral, le langage ), soit  technique ( le livre, la télévision ).

L’écrit est le média le plus vieux après la parole ( « Au commencement était le Verbe « ), et à l’époque de l’antiquité grecque, ce « média » était déjà décrié.

Platon refusait d’écrire sa pensée, car elle lui semblait pervertie et déformée.

Ceci dit, l’écrit a permis de linéariser la pensée. Sans écrit, point de relecture, de revenir sur une réflexion.

L’écrit, et le média permettent le recul, la distance. De se détacher de l’humeur, l’émotion, de tout ce qui « parasite » la pensée.

Les études à l’école retiennent surtout la pensée froide des lois fondamentales, formalisées par des théorèmes. Mais elles oublient la sueur, la rage, les jalousies entre chercheurs, tel Kepler et Copernic par exemple.

La réflexion nécessite lenteur et détachement. Le film « In the mood of love » de Kong War Kai est par exemple une réussite esthétique en ce sens. Les sentiments, l’émotion des deux protagonistes sont filmés dans leurs mouvements au ralenti. Rendant plus fort l’émotion, mais aussi permettant au spectateur de « suivre », de « conscientiser » cette beauté humaine. Laisser suspendre le temps.

A contrario, les « nouveaux médias », comme la télévision, les réseaux sociaux, font fi du temps.

Tout est instantané. L’intermédiaire, « au milieu » de la production et de la réception du message n’existent plus.

Tout est instantané, et surtout, il n’y a plus d’intermédiaire.

« La transmission du message devient d’ailleurs plus importante que le message lui-même », comme le souligne Régis Debray. « le porteur de nouvelles est en lui-même la nouvelle ».

Plus de distance sur les faits, les informations  sont largement fournies en temps réel. Des milliers de dépêches de l’AFP par jour ne permettent plus de prendre le recul. Frustration journalistique. L’information est caduque le lendemain. L’information est par définition, formalisée par Shannon [ Théorie mathématique de l’information ], une mesure scientifique de la liberté de choix entre deux faits. Plus une chose est probable ( « le soleil est une planète du système solaire ») , plus l’information est nulle. Et inversement.

C’est  l’improbabilité qui définit l’information, et la substance des médias, sa richesse. Aussi, peut on réfléchir : les poèmes, la littérature, les peintures, bref, la culture sont largement probables et donc inintéressantes d’un point de vue médiatique.

La question des médias n’est donc pas de savoir s’ils sont utiles ( ils le sont ), mauvais ( voir la référence aux « apocalyptiques » du monde moderne ), mais de s’interroger en permanence s’ils donnent du sens, et s’ils jouent leur rôle fondamental d’ »intermédiaire » entre la pensée jouissive de l’être humain et notre monde.

Cela ne signifie pas refuser l’émotion, la fusion de nos sens, et l’immédiateté, mais de les mettre dans leur fonction originelle : les sentir pour mieux les apprivoiser.

La clôture sémiotique

Points de repère

Plus loin

Qu’est ce qui sépare la nature de la culture ?

L’homme fait partie de la biosphère, en tant qu’organisme vivant. La séparation du corps et de l’esprit a longtemps marqué la frontière entre l’homme et la nature. L’homme comme un être capable de se détacher de la nature.

Cependant, l’homme est un organisme vivant répondant aux mêmes lois de l’écologie du système. Il est immergé dans un monde fait de signaux, d’évènements auquel il doit s’adapter. De son propre environnement ( nourrir son corps, lutter contre la mort ) et de l’environnement immédiat. Edgar Morin, dans La Méthode retrace le cercle vertueux d’un être simple qui par complexification aboutit à l’être « supérieur », l’homme. Qui vit dans son environnement.

Vivre dans son environnement c’est le maîtriser. A la différence du monde végétal, qui s’auto alimente ( par la photosynthèse par exemple, et les sels minéraux puisés dans son environnement immédiat ), l’homme doit survivre, et chercher ses moyens de subsistance.  L’enfant qui naît est totalement dépendant de sa mère. Communiquer vers l’autre est un acte de survie, comme se nourrir. Maitriser le monde, et la communication, c’est d’abord appréhender les signes de la nature.

Déchiffrer les signes, c’est l’objet de la sémiotique. Mais comme M. Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, jongler avec les signes, c’est un acte naturel. L’enfant construit les mots, associe par analogie un son avec une action, un état ( la chaleur de « maman »). Comprendre les mots, c’est trouver le signifié ( le mot « porte » ) avec le signifiant ( l’objet porte ). Un courant fort de la linguistique ( Saussure ) a associé le signe avec le duo signifiant / signifié.

La structuration linguistique.

Cette structuration du monde réel se base sur la linguistique et la langue. Les mots « pose » et « rose »  se distinguent par l’opposition de 2 lettres p/r. Il s’agit d’une opposition digitale, du « tout ou rien » ( ou binaire ). La différence entre le sourire et la tristesse peut se représenter par un trait arrondi vers le haut ( le sourire ) ou vers le bas ( la tristesse ). Dans la sémiotique de la cuisine, cette opposition peut se traduire par le cru / le cuit.

Manipuler les signes, cela revient à les structurer comme la langue, par oppositions.  On parle alors de rhétorique. Comme dans la publicité ou le design ( forme arrondie signifiant la douceur ).

Cette écriture ou lecture « digitale » renvoie à la symbolisation.

Cependant, de nombreux signes y échappent. Ainsi, les signes inférieurs comme la mélodie, une sonnerie, l’intonation de la voix, un geste. Une odeur. Ces signes ne sont pas structurés comme le langage.

La pyramide sémiotique.

L’apport de Charles S. Peirce a permis d’élargir les signes à tout ce qui nous semble « inférieur » dans les perceptions que nous avons du monde. A force de raisonner, nous avons perdu le sens de ce qui peut nous échapper.

Le premier signe « primaire », c’est l’indice. Une trace de pas qui existe par lui-même, sans qu’il ait été « conscientisé ». Pas de code associé à ce signe. Il existe par lui-même.

La seconde nature des signes est l’icône, ou l’image ressemblante. Comme un dessin, une sculpture.

La troisième nature de signe est le symbole ( dans lequel on retrouve les signes représentés par la linguistique, évoqués ci dessus ).

Clôture sémiotique.

Par l’icône et le symbole, la coupure avec la nature est faite.  Les animaux sont sensibles aux indices, mais restent indifférents à une photographie. Les similarités peuvent exister avec l’objet, mais elles sont reconstruites, et représentées. Par un code le plus souvent. La frontière entre indices et icône/symboles définit ce qu’on appelle la clôture sémiotique.

En dessous de l’ordre de l’icône, dans l’ordre indiciel, la raison et l’abstraction n’opèrent pas. C’est le domaine du rêve, du flot de paroles, des gestes. C’est la soupe « primitive » dans laquelle on ne réfléchit pas. Cela peut être l’extase, la communion entre les hommes devant un match de football.

Au-delà, il s’agit de convention, code, et abstraction. C’est se qui permet de prendre le recul sur les choses, et sur le monde. C’est fondamentalement maitriser le monde.  Les conventions de table ou de politesse par exemple peuvent paraître ennuyeuses, mais elles permettent de prendre prise sur la vie, de se rassurer, de prendre les raccourcis utiles à la bonne vie dans le monde humain.

Pyramide sémiotique de Peirce

La sémiosphère ternaire de Peirce.

Comme on l’a évoqué, prendre prise sur un signe nécessite un code, une abstraction. Donner du sens. En cela, on entrevoit clairement qu’il faut un interprétant au signe. Et que le signifié d’un signe n’existe que pour celui qui le capte. La couleur blanche peut évoquer aussi bien la joie et le bonheur ( mariage ) que le deuil ( dans certaines cultures ).  Entre l’objet matériel et le signe représenté, Charles Peirce introduit l’interprétant.

Ainsi les signes suivent le schéma :

En ce sens, la relation entre paires ( signifiant / signifié ) de Saussure est un processus énergétique de stimulus / réponse ou Cause / effet. Et non un processus informationnel.

C’est là la différence entre le monde des signes et le monde naturel.

Le monde naturel, en effet, est le domaine des actions entre paires, telles que la relation stimulus/réponse, ou cause/effet. Si je reçois un coup, je peux tomber. La poussée n’est pas sémiotique, c’est une pression physique. On remarquera que si je reçois un coup, je vais peut être réagir, sans réflexion , en réponse à un stimulus, une menace.

Signifier ,au contraire, suppose trois termes, pas deux. Le troisième terme permet de choisir ou non. De réagir ou pas. Choisir de répondre au monde ou pas.

En cela, l’information et le signe permettent la liberté, le choix, et la prise sur le réel.

Le schéma de Peirce est plus novateur, et réalise l’importance des trois termes ( signe/objet/interprétant ) sur le processus informationnel.

A lire également, pour approfondir : Indice symbole et icone de Peirce, Sémiotique de Charles Peirce

Introduction à la sémiologie

La sémiologie ou l'étude des signesLa sémiologie est l’étude des signes, dans la vie sociale.

Les signes sont partout, et de plus en plus dans notre société moderne, société dite tertiaire.

L’agriculture est de l’ordre de la nature, et peu productrice de signes.

Maîtriser les signes, et au moins les comprendre est une nécessité de notre monde d’aujourd’hui.

Sémiologie renvoie au signe, ou par exemple au symptôme.

Dans la médiologie médicale par exemple, il s’agit de déceler sur les symptômes, ou signe, les explications d’une maladie. Le signe renvoie à une interprétation possible. Une tâche visible sur la peau est à interpréter.

Plus largement, tout est matière à sémiologie. La publicité utilise largement le signe, comme discriminant d’une marque à l’autre. Le signe de la marque Nike par exemple permet d’identifier la marque sans aucune mention de « nike ». Juste un signe écrit sur les maillots…

Etudier les signes, et les catégoriser par une « sémiotique », c’est pertinent pour mettre en évidence notre lien avec la réalité, intégré par un recul sur les choses .

Pouvoir lire une étiquette d’une bonne bouteille de vin permet d’en jauger la qualité.

Et éviter l’ivresse… Boire le vin est bien plus jouissif.  Abuser de cette sémiotisation, c’est réduire toute la réalité à des concepts un peu stériles.

Michel Serres notait lui-même dans le « Tiers instruit » la passion à vivre et expérimenter, et ne pas tout schématiser.

Les concepts en peu de mots sont souvent une stérilité, et il est plus facile de construire une théorie en quelques mots ( comme la mode de la « génération Y » ) que d’appréhender la complexité du monde.

Des exemples intéressants ont permis de vulgariser la sémiotique, notamment au niveau de l’image.

Une émission télévisuelle «  Arrêt sur image » a permis de décrypter nos médias, et de capter la partie « invisible » mais tellement évidente des signes concrets d’une communication analogique. Les gestes, les intonations, les lapsus ont une part de vérité communicationnelle plus révélatrice que le contenu du message lui-même.  Quand j’arrive à un entretien d’embauche, les gestes maladroits ont plus d’impact que le contenu de mon CV.

On sent bien que le signe peut être très « primaire », comme l’indice : une trace de pas dans la neige, les cloches d’une église annonçant le décès d’un paroissien, un trémolo dans la voix. Il peut être plus évolué, en copiant une réalité : une photographie représentant un évènement. Qu’on nommera « icone ». Ou un symbole : une interprétation de la réalité par un signe détaché de son signifié. Le symbole « Nike » en fait partie. Il ne ressemble pas à la chaussure. C’est l’association du signe et de la marque qui définit cette relation de signifiant/signifié. Sur l’indice, l’icone et le symbole, on se réfèrerra au texte https://zeboute.wordpress.com/2010/11/09/indice-symbole-et-icone-de-peirce/.

A quoi sert donc la sémiologie ? A capter le réel, et surtout s’en détacher. Maîtriser le signe, c’est maîtriser notre époque.

Textes relatifs:

Au trop plein de « signes », dans l’article infobésité, ou le besoin d’une clôture sémiotique ]