La fin des post’it ?

La fin des post-it ?

Les ateliers de design thinking, de vision, de collaboration d’intelligence collective sont des moments privilégiés pour réfléchir et de trouver des solutions à des problématiques.

Derrière un post it, on y met une idée. Parfois une frustration. Parfois une belle idée.

Et les post it affichés sur un mur sont immortalisés. Par une photo en fin d’atelier.

Et après ?

 

Petit rappel, je vous propose d’abord de présenter les nouvelles façons de travailler ensemble avant d’ en faire une analyse contradictoire.

 

Les nouvelles façons de travailler ensemble.

Les ateliers d’intelligence collectives sont une formidable opportunité d’échanger, de construire ensemble.

Le mythe du penseur de Rodin seul avec son intelligence a longtemps marqué : le siècle des lumières jusqu’à l’école républicaine en France.

Une construction de l’intelligence.

Penser tout seul est pourtant un non sens, même si le travail intellectuel est nécessaire, surtout dans l’enfance.

Pense-t-il seul , Comme si tout venait de soi.

Alors que c’est bien avec les interactions avec les autres qu’on doute, qu’on s’enrichit. Qu’on alime sa réflexion.

Les ateliers d’intelligence collective permettent l’interaction nécessaire à la création d’idées.

L’engagement.

Les ateliers d’intelligence collective ont aussi ce mérite : celui d’engager.

Dans les organisations traditionnelles, les effets top-Down sont souvent stériles.

Quelques personnes éloignées du terrain réfléchissent, et décident d’une position ensuite descendue de manière hiérarchique du haut vers le bas vers les salariés.

L’inconvénient de la méthode est qu’elle n’a pas impliqué les salariés.

De fait, si le message n’est pas clair ou incohérent, le message ne passe pas.

Pire : il est dénaturé même si le message partait d’une bonne intention.

A la différence, les ateliers d’intelligence collective réunissent tout le monde.

De manière horizontale, peu importe sa position hiérarchique dans l’entreprise.

Une horizontalité propre à notre siècle de communication où l’institution et la hiérarchie se sont épuisées.

L’intérêt d’engager, c’est à dire de mettre en mouvement les collaborateurs, c’est de leur faire vivre ce moment ensemble qu’ils ne peuvent ignorer ensuite. Les collaborateurs se sont exprimés.

Même si on est pas d’accord sur les décisions ou les propositions, l’acteur a participé.

Et c’est l’essentiel.

 

Théorie de l’engagement.

Les ateliers de design thinking donnent une grande part d’engagement et de participation des acteurs de l’atelier.

Dans la théorie de l’engagement formalisée par Joule, qu’on lira ici,  ce moment où chacun écrit sur un post it est un acte d’engagement qui ne peut s’oublier.

C’est comme signer une pétition.

On inscrit et on signe de sa plume soi-même.

Dans les ateliers collaboratifs,  on écrit avec un stylo,un feutre des mots, son humeur.

Dans certains ateliers, on va plus loin : on signe une vision partagée et un engagement.

Comme chez monsieur le maire pour signer le registre de son mariage.

Ces moments formels, inscrits sur le papier physique ont un grand impact psychologique. Ce ne sont pas des accords verbaux ou virtuels. Un acte performatoire.

Mais derrière cet engagement, la réponse doit être adéquate.

Souvent ces moments de partage n’aboutissent pas. Pas de feed-back.

Pour les managers ou boss qui ont construit l’atelier, c’est une formidable opportunité de capter l’humeur, la température .

Laisser la parole libre et ouverte de manière bienveillante pour capter les irritants.

Et contrer la culture du silence qui a détruit quelques grandes entreprises mondiales parce qu’on n’écoutait pas les salariés.

Pour instaurer ce climat de confiance et d’engagement, il faut du gagnant-gagnant.

Quoi de pire de demander aux salariés s’ouvrir leur cœur et leur tripe si on ne les prends pas en compte. L’effet peut être contre productif.

 

Les post it, une idée ?

Les ateliers de co-construction collective réunissent de manière physique les individus.

On utilise les matériaux physiques : les post it, les tableaux blancs, les feutres, les feuilles de papier. Parfois des légos. Des gommettes,

Comme à la maternelle. Cet effet régressif replace le salarié au delà de sa position actuelle, celle de l’enfant émerveillé qui peut dessiner sa vision de l’entreprise.

Dans la PNL ( programmation neuro linguistique ), la préconisation de bonnes relations professionnelles est celle d’adulte à adulte. 

Eviter les rapports enfant/parent, les rapports victime / Sauveur.

Dans les ateliers d’intelligence collective, l’exercice est différent : on essaye de réveiller l’enfant en soi. Conserver sa capacité d’être créatif, imaginaire et utiliser son potentiel humain plutôt que ses compétences techniques. D’enfant à enfant !

D’ailleurs, ces ateliers sont bienveillants : ils sont intenses et on met à disposition des bonbons. On dessine. Souvent on y rit. On s’amuse.

Une régressivité positive pour retrouver l’essence : oublier son opinion , ses habitudes pour retrouver le sens.

Une limite à l’intelligence collective ?

On écrit en lettre majuscule un mot, une idée . Sur ce fameux post-it.

C’est la toute puissance de l’idée réduite à un mot en caractère majuscule.

Et photographiée pour ne pas perdre toute cette richesse de collaboration.

Sauf que…

Ces post-it finiront à la poubelle.

La photo reste là. Pour celui qui a organisé l’atelier de ci-construction, selon son humeur, il retirera la richesse de l’atelier.

Il en déduira des choses positives pour l’équipe.

Et installera un plan d’action qu’il communiquera.

Mais souvent, il n’en parlera pas à l’équipe qui s’est dynamisée dans l’exercice.

Parce qu’on est déjà passé à autre chose. faute de temps.  L’atelier marque la fin du processus de co-création.

Après, il n’y a plus personne. Seul l’organisateur dans une solitude qui doit travailler le sujet.

C’est dommage.

Le design thinking passe ainsi par plusieurs étapes :

L’immersion, l’idéation, la décision, le prototype. Et surtout le « test ». C’est à dire voir si ce qu’on a construit (  un produit, une idée, un concept ) est valide, tangible.

Et souvent les ateliers se finissent ainsi : tout le monde est content de l’atelier.

Et on oublie l’aspect ´test’ et itération.

Ainsi les idées, les solutions proposées au mieux engendrent de manière informelle une ou deux actions. Au pire, plus de nouvelle de ce moment de design thinking qui doit itérer…

Les ateliers post-it se transforment donc en une liste positive de sujets à traiter.

Mais s’il n’y a pas un pilotage, un après… la démotivation scrute ceux qui ont fait l’effort d’y mettre l’énergie.

Bien sûr dans les propositions des collaborateurs, tout n’est pas possible.

Mais la moindre des choses est de revenir sur ce moment et le sublimer plutôt que de l’oublier. Et refaire le même atelier d’introspection trois mois plus tard.

Les jeunes collaborateurs qui s’essayent la première fois à cet exercice ne verront pas de problème.

Ceux qui participent à de multiples fois à ces ateliers, ces moments deviendront sceptiques.

Le management considérera ces seniors comme rétissants aux changements.

Alors qu’au contraire, c’est le manque de transparence et de changement itératif qui les frustrent. Pas le changement.

Les vertus de ces ateliers est de créer l’engagement puisque chacun y met son idée. Inscrite par les post it c’est d’à dire par l’écriture sur papier avec son doigt. Cette physicalité permet d’inscrire sa pensée et de ne pas rester dans le virtuel ou le concept intellectuel

C’est un geste qui engage. Comme de prendre l’hostie dans la bouche à l’église ou de signer avec son crayon une pétition, signer un acte de vente.

L’écriture est performative : elle est déjà action. Et le collaborateur agit déjà.

Ne pas considérer l’engagement des salaires dans la suite est destructrice de motivation. On y croit plus.

Cela dénature complètement l’objectif pourtant positif et bienveillant du départ.

Tip !

Avant même de préparer les ateliers sur lesquels on passe beaucoup de temps, il faut déjà avoir inscrit la suite de l’atelier.

D’une part, en fin d’atelier on rassure tout le monde en indiquant qu’il y a un après.

Et la préparation de la suite est déjà écrite.

​Les nouveaux modes de collaboration sont empreints de belles énergies. A protéger, avec bienveillance.

 

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