L’univers du Design Thinking

Au premier abord, faire du Design thinking est troublant. On redevient enfant. On mange des bonbons et on peut dire tout ce qu’on veut.
Bizarre dans le cadre professionnel…
J’ai testé le Design thinking et allez, suivez moi !

A quoi sert le Design Thinking ?

Le Design thinking est là pour déstructurer nos schémas de conception et de perception habituels.
Le monde rationnel cher à Descartes nous a obligé à réfléchir, poser les hypothèses. En déduire des conclusions et des solutions formelles. Posées sur la raison.
Mais on ne peut malheureusement penser tout seul, a contrario de l’image immortalisée par Rodin du penseur.
C’est la collaboration qui permet de construire son univers et sa réflexion.
Aussi dans le monde de l’entreprise, les phases traditionnelles de conception, développement et diffusion du produit laissées aux seuls mains d’experts est devenu caduque.

Surtout dans un monde agile, où l’innovation s’accélère et peut s’inscrire rapidement de manière tangible dans le monde réel.

Le design thinking est une mise en scène.

Et c’est là l’essentiel : mettre l’humain au centre de la place.

Le lieu doit être accueillant. Les participants sont choyés avec des bonbons haribos. De la couleur, de la serénité. On retrouvé l’univers de cocon de l’enfant à l’école.

Se sentir bien.
On pourrait trouver la mise en scène régressive. Et surtout politiquement déplacée dans le monde de l’entreprise, où à côté de ces scéances positives, tout est fait sans couture.

Loin des salariés lambda qui eux souffrent de leur conditions de travail. Une bulle d’oxygène dans un monde de brutes.

Le design thinking est là pour révéler l’intelligence collective.
De fait, le reste doit aider à placer l’esprit et le.intelligence dans le confort. La couleur, les jus d’orange, les bonbons sont là pour faire du bien au corps.

Et concentrer L’esprit.

La mise en scène est de l’ordre de Goffman.
Goffman de l’école Palo alto montre que nous jouons dans nos environnements , donc celui de l’entreprise également, un jeu.
Nous sommes acteurs et nous obéissons naturellement aux rôles qu’on se donne.
Alors dans le Design thinking, les didascalies indiquent clairement les règles et la façon de jouer :
Bienveillance , écoute , créativité .

La partition est écrite par le coach du Design thinking qui a règlé toute la pièce, en plusieurs actes :

  • Empathize :

il s’agit d’interviewer les parties prenantes de la pièce de théâtre, ou d’autres acteurs. Afin de permettre de se mettre en empathie avec les protagonistes du problème, ou du produit.

  • Define :

Cet acte joué par les acteurs du Design Thinking consiste à trouver un point de vue partagé, et choisi.

Il s’agit de s’inspirer, de lister les problématiques, les synthétiser dans un cadre, sur lequel on choisit de travailler. On écrit le « comment pourrait on faire ? ».

  • Ideate :

L’intelligence collective prend sens ici, où les acteurs sont invités à trouver des idées, décalées, loin parfois de leur univers. C’est sortir de ses chacras.

  • Prototype :

C’est l’étape essentiel, dans le Design Thinking, où on produit. Un résultat sous la forme d’un produit, d’un prototype, d’une affiche. De tout livrable possible. L’enjeu est la création collective aboutie sur un support formel, physique. Tangible.

  • Test :

La phase de test permet d’affiner les solutions, d’avoir un retour des utilisateurs.

Dans ce processus ( le Design Thinking est un processus ), les étapes sont fixées, mesurées dans le temps. ( par des ateliers courts de 20 minutes à 1h ). Comme dans la pièce de théâtre, où tout est mesuré.

Seul reste le jeu des acteurs, de ce processus. Où dans cet espace contraint, l’acteur peut jouer de ses tripes, de son intelligence, de ses doutes, ses questions, ses propositions. Le jeu du vrai acteur.
De fait, l’acteur n’a pas à réfléchir, ou plutot il n’a qu’à réfléchir à l’objectif fixé par la pièce : laisser libre cours à sa créativité et à sa raison.
Le Design thinking est donc très structurant dans sa forme, mais pour laisser émerger la créativité , le seul mot qui doit transpirer.
Le processus donne un cadre.
Et en ce sens il permet d’éviter les écueils des réunions stériles où sans cadre, les personnalités s’expriment au détriment de la coopération.

Chacun joue son rôle habituel ( l’expert , le marketeux, l’architecte … ) avec les écueils habituels.
Dans le Design thinking, les rôles habituels qu’on s’attribue disparaissent.
C’est l’horizontalité de la transformation digitale.
Avec son bonheur : chaque parole, Peu importe son statut, a de la valeur. Ou pas. C’est collectivement que le choix est fait.

La novlangue du Design thinking.

Le terme persona, idéation sont des mots étranges . On pourrait trouver ces termes proches du langage d’une secte…
moi même très littéraire, j’apprends de nouveaux mots :
Le terme idéation par exemple est un mot inconnu, peu utilisé dans le monde de l’entreprise.
Le terme idéation a été inventé par John Stuart Mill, philosophe et logicien, au XIXème siècle.
Dans le monde de l’entreprise les mots de la littérature et de la culture voire de l’intelligence n’existent pas.
Seuls les mots de la performance sont importants : projet, cadrage, roi pi retour sur investissement ( peu er compliqué à calculer sur une feuille blanche ), spécifications, méthodologie…

Ces mots pourtant permettent comme la mise en scène de se déconnecter de son quotidien.
De ne pas se rattacher à des concepts lessivés qui on perdu leur sens.
Le Design thinking redonne le sens . Car il introduit des notions qu’on réexplixite.

Dans les méthodologies habituelles, le résultat est souvent incertain ou peu palpable.
Dans le Design thinking le résultat est un prototype que l’on teste.

Le terme « tangible » est souvent utilisé dans le Design Thinking pour constater la réalité de ce qu’on a produit par le processus de Design Thinking.

Le bon résultat du Design Thinking est bien quelque chose qu’on peut toucher. Tangible, du latin tangere : toucher
Un prototype peut être un vrai produit, construit dans un fablab, un site internet, une application informatique.

Ou tout simplement une infographie, un poster qui reprend dans une transcription graphique, donc concrète toute l’intelligence produite.

Le Design Thinking, c’est bien penser différemment, ensemble.

A lire également : Goffman, la communication comme un théâtre.

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2 Commentaires

Classé dans Nouveaux usages du 21ème siècle, Transformation digitale

2 réponses à “L’univers du Design Thinking

  1. Bonjour et merci pour cet article. Ajusté, sensible, et consistant ! Je fais le parallèle avec mes observations en tant que formateur Mind Mapping. Pratiques complémentaires, elles appartiennent au domaine de la facilitation (ou management) visuelle. Je revins sur quelques points qui me parlent.
    ► La perception « régressive » en 1ère approche. Idem bien souvent pour le Mind Mapping. « C’est bien joli votre affaire…mais je n’y vois rien de bien sérieux. Des enfants peuvent faire cela….etc ». Justement, des enfants qui créent se fixent plus sur le processus de création que sur le résultat. Ils peuvent bien déchirer devant vous ce dessin que vous trouviez extra (sincèrement) ! Et comme aujourd’hui la complexité des affaires rendent les résultats plus souvent incertains, il faut une conscience accrue des processus. C’est comme cela que l’on peut ajuster un business model par exemple. Avec les pratiques visuelles on peut équilibrer Processus et Résultats. Et facilement opérer des passages, zoom in/out.
    ► Les pratiques visuelles « éclatent » les rôles. En ce sens où chacun vient avec sa casquette « Fonction » et entend bien défendre ce qu’il pense être le cœur de son professionnalisme. Avec le visuel on explorer de nouveaux territoires et on doit recomposer une réalité (aspects narratif) qui devient plus sociale. Plus sensible aussi. Les silos deviennent plus perméables
    ► Transformation digitale. Oui, pour remettre le client, la valeur au centre des attentions on a besoin de ce qui précède !!

    • Bonjour, merci pour votre compliment sur cet article qui vous plus apparemment 😀. J’aime beaucoup votre complément sur la perception régressive. En mettant en-avant le processus de création plutôt que le résultat., dans le Design thinking, et plus largement dans l’intelligence collective. Comment faire du design thinking ? L’exemple avec les enfants est très parlant- et je retiens l’image ! Merci à vous, cordialement. Guillaume

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