Le Juke Box, cet objet désuet du 20ème siècle

Cet objet oublié du XXeme siècle : le jukebox.
Le jukebox est un objet étrange. Aujourd’hui un smartphone de quelques centimètres fait office de diffusion de musique.
Le jukebox lui prend jusqu’à 1m80 de hauteur de 1,5 de large.
Pour quelques musiques.
Le jukebox n’est pas si vieux.
Il a rempli nos cafés d’un parfum musical différent.
Retour sur cet ovni du 20eme siècle !

Petite histoire du jukebox.

Le jukebox est inventé par un français, Pierre Joseph Bussoz (1872-1958). Et largement diffusé aux état unis, au XXème siècle.

Le premier jukebox est installé à San Franscisco en 1889.

Le concept est simple : l’appareil contient quelques disques qu’on peut choisir pour écouter le morceau.
Technologiquement, le jukebox a évolué. D’abord des tubes, puis des vinyls, les cd et enfin la musique numérique. La place de ces supports étant de plus en plus réduite, le nombre de chansons choisies à augmenté.

Il a fini par mourir, remplacé par les musiques numériques diffusées dans les espaces publics.

Le choix de la musique.

À l’heure où aujourd’hui on zappe les musiques, le choix de la musique est sans intérêt.

L’horizon des possibles est quasi infini. La mise en ligne numérique de tout l’univers musical permet de mettre à portée de main, ou plutôt d’oreille l’ensemble de la discographie depuis son début. Par les applications Deezer, Spotify.
À l’époque du jukebox, chaque choix est payant. Pour une pièce qu’on insère dans le jukebox, il faut choisir SON titre.
Dans les cafés, le jukebox est remplacé par une musique d’ambiance qui ne s’arrête jamais.
Comme est devenu notre monde : toujours bruyant, sans silence. Oui, le silence, c’est un autre objet oublié du XXème siècle ! [ le silence, cet objet oublié du XXeme siècle ]

La raréfaction du choix ( le nombre de chansons disponible ) et la raréfaction du moment ( chaque lecture de chanson ) donnaient un vrai sens au plaisir du jukebox.
C’était une expérience de plaisir. Un moment sacré.
D’autant qu’il était rare. Et ces moments n’existent plus. Dans les cafés, vous ne pouvez pas devenir le DJ le temps d’une chanson.
Paradoxalement, cet usage n’a plus d’intérêt pour notre monde moderne. Blasés par la musique disponible partout ( chez moi, sur les écouteurs sur mon smartphone ), quand je le souhaite.
Demain, pourtant, l’égocentrisme de notre monde individuel pourrait pourtant remettre cet usage au goût du jour.

Comme le selfie Pour la photographie, la chanson du jukebox aurait un effet cool pour moi :
Dans le café, la musique d’ambiance s’arrêterait pour laisser place à un titre de Nick Cave. Chanson improbable qu’on n’entend pas sans les cafés.
Je l’aurais choisi et payée et je jouerais de ce moment où je deviens le maître le temps d’une chanson. Mon univers musical résonnerait dans tout le café.
Narcissisme et jubilation ultime.
Le nouveau jukebox dans la beauté du meuble…

L’expérience sacralisée du jukebox.

Avant même de profiter de la musique, l’expérience jouissive du choix de la musique fait partie de ce moment avec le jukebox.
Un peu comme monter les escaliers avant de retrouver sa dulcinée pour un moment d’amour.
Ensuite, l’insertion de la pièce dans le monnayeur du jukebox est un peu le moment jouissif avant d’entendre le mécanisme du jukebox se mettre en marche.

Pour reprendre la métaphore de l’amour, c’est comme insérer son objet dans la fente de son amoureuse…
Le déclic du jukebox met la machine en branle.
Selon les modèles, on voit le disque tomber sur le plateau.. on voit les lumières se mettent à clignoter jusqu’à ce que les premières notes de musique démarrent.
Voila, enfin, le jukebox prend l’espace de la pièce.
Placé dans un coin du café, il est inerte la plupart du temps. Et le temps d’une chanson, il s’impose dans toute la pièce.

Partager sa musique ?

Il est intéressant de noter que la musique choisie dans le jukebox emplissait tout le café. Et cette musique, choisie égoïstement par un client s’imposait à toute l’assemblée..
Aujourd’hui, dans la rue, les jeunes font de même.

Avec leur enceinte numérique connectée en Bluetooth sur leur smartphone, ils distillent sur la plage, dans les parcs leur musique. Imposée à toute l’assemblée du public.
Cet usage et ce comportement sont bien le renouveau de la musique du jukebox.
À la différence près que l’usage du jukebox était codifié, et normalisé.
Et le client ne mettait qu’une ou deux chansons’ laissant ensuite à d’autres de choisir d’autres musiques.

Un partage communautaire comme on dirait aujourd’hui. Ou chacun participe à l’ambiance de la soirée.

Les usages se croisent. Et se décroisent au fil du temps. Le jukebox, c’est une belle boîte pleine de souvenirs, et de ce velours dans l’espace musical !

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Classé dans ces objets oubliés, Fin du XXeme siècle, médiologie

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