Le drive-in, cet objet oublié du XXème siècle !

A l’aube du confinement en avril 2020, le drive-in ( cinéma en plein air avec la voiture ) redevient à la mode.

Oui, regarder un film de cinéma dans sa voiture, loin des autres. Une barrière de distanciation tellement évidente !

Temps de lecture : 5′ !

Le drive-in ( ciné parc ) est un usage qui a disparu au fil des décennies.

Aux États unis, il existait plus de 5000 drive-in.

Dans les années 1950, le drive-in était souvent le seul moyen de profiter du cinéma.

Le territoire américain étant si vaste que les infrastructures cinématographiques n’existaient pas dans beaucoup de contrées américaines.

En avril 2020, pendant le confinement dû à la pandémie du coronavirus, le retour du drive-in est de retour !

Il répond à une problématique simple : sanitaire.

Autant dans un cinéma classique, des centaines de sièges côté à côté ne permettent pas la distanciation physique,

Autant la voiture est le rempart à se distancer de ses voisins de cinéma.

Le succès pendant la pandémie du covid19.

Autokino à Essen, l’un des deux drive-in en Allemagne, affiche complet tous les soirs – les projections en plein air ne peuvent se dérouler que la nuit – depuis mars 2020, au moment des premières mesures de confinement dans le pays.

Le drive-in pourrait-il revenir durablement dans nos territoires ?

Reprendre les usages d’autrefois, c’est l’effet jogging !

L’effet jogging est celui-ci : on pensait que les voitures nous feraient définitivement arrêter de marcher, de courir.

Et pourtant c’est l’irrésistible propension qu’a l’homme à résister à la technique, et de se réapproprier soi même ce qu’il est ; et d’anciens usages.  C’est que face à la voiture, on a plutôt réinventer le jogging. Et courir. Sans but, juste courir sur un tapis roulant. A lire ici : l’effet jogging.

Alors les usages reviennent délicatement.

Comme le drive-in en ces temps de nécessité à rester à distance, dans sa voiture ? Pour continuer à profiter du cinéma ?

Il faut de l’espace ; et seule l’Amérique dispose de ces espaces où on peut venir sur un terrain désaffecté voir un film en grand écran.

Le drive-in était le symbole de la liberté individuelle par excellence.

La voiture, l’élément essentiel de la réussite après guerre était poussée par Ford.

Chaque citoyen américain devait disposer une voiture.

Et chaque citoyen américain devait participer à cette longue chaîne mécanique, industrielle et capitaliste:

Travailler à la chaîne et participer au maillon de l’Amérique industrielle.

Humoristique  et cyniquement illustré par Chaplin, dans les « Temps modernes« .

Le drive-in est ainsi la réalité dans les années 1950 de pouvoir montrer sa réussite sociale. Et  de pouvoir profiter du bien être du divertissement.

Les films proposés sur les drive-in étaient des films de seconde zone : film d’horreur ou de science-fiction, loin de grands films cinématographiques.

Le plus important était ce moment de couple, où le mâle amenait sa petite amie au cinéma. Seuls dans la voiture.

A l’arrêt, la main ne glisse plus sur le boîtier de vitesse, mais sur la jambe blanche sous la jupe de sa dulcinée.

Le drive-in est tout à la fois un moment de vivre un moment d’histoire filmée et la réalité sentimentale avec sa dulcinée. le popcorn et le Coca-Cola imprègnent l’atmosphère de la voiture.

Le drive-in en plein air a disparu.

Il béguait un peu avec la nécessité de la distanciation sociale et l’urgence de ne pas propager ses microbes.

Le cinéma de plein air aujourd’hui.

Le drive-in s’est pourtant transformé depuis le dernier siècle, plus comme un cinéma de plein air. Sans voiture.

Et comme un happening pour rassembler encore le monde.

Le cinéma de plein air s’est immiscé dans les festivals, dans les soirées d’été en plein centre ville.

Pour proposer un moment de convivialité. Sans moteur de voiture.

Et justement proposer à ceux qui souhaitent profiter de cette liberté, sans contrainte, sous la chaleur de l’été. De respirer.

Les municipalités proposent cet instant de vie collective, gratuite.

Les voitures ne sont plus là.

On ramène sa couverture, ses propres boissons, sa gamelle. Loin du capitalisme.

Les enfants sautent, crient, en attendant l’image délicieuse qui jaillit du grand écran. Le silence se fait.

On commence à écouter, suivre et rêver dans les étoiles du cinéma devant soi, et en parallèle des étoiles dans le ciel.

Moment magique de rendre les étoiles du ciel et les étoiles du cinéma en un tout.

Digital et analogique se mélangent.

Un moment magique, gratuit, sensible, tangible.

Le drive-in est mort, car il est l’incarnation surannée d’un monde où le moment de partage n’a lieu que dans la carcasse d’une voiture.

Et où la voiture grand modèle ne peut que vivre dans les cimetières américains.

Un autre siècle.

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