Ce livre écorné qu’on maltraite et qu’on adore !

livre_disparition_librairieLe livre est il maltraité ?

Les nouveaux usages nous font oublier le bon livre de papier, qu’on avait dans sa poche. Qu’on emportait même dans des endroits improbables.

Les livres numériques, e-book, tablettes feront ils disparaître le livre d’antan, comme la musique sur le net fait disparaître les CD et bon vieux vynils ?

Le livre est devenu un objet virtualisé qui n’est plus un objet sacralisé qu’on prend sous son bras, sous ses doigts.

Tribute to my book, c’est ici !

J’aime le livre.

Depuis bien longtemps on écorne le livre, par familiarité. Comme on écorne et charrie gentiment l’homme ou la femme qu’on aime. Qu’on caresse , ou qu’on note au crayon de bois pour ne pas l’abîmer. Ce livre est un objet en voie de disparition lente et fatale ?

Le livre écologique, et fiable.

lecture_livre_disparition_numeriqueLe livre a pourtant encore ces attraits que n’a pas le livre numérique. On n’a pas besoin d’électricité . Hormis qu’il fait déchirer des arbres, le livre ne produit pas de déchet . Un peu écologique quoi. Pas besoin de batterie de son appareil numérique . Le livre est donc l’objet nomade qu’on aime avoir avec soi, car il ne tombe pas en panne. Même loin de chez soi on peut poursuivre la lecture . A la différence de l’objet numérique qui a besoin de

Sa batterie.

Cet objet qu’on emportait partout pouvait se tordre , et subir les plus grandes tortures : dans un lieu humide, le livre craint peu la pluie pourvu qu’on le protège un peu. Il n’a pas peur de la plage. Le sable laissera peut être d’eau trace, comme l’huile solaire sur quelques pages, mais il résistera à la lecture. A la différence d’une tablette qui se rayera. Et provoquera une hystérie à la vue du prix payé pour son objet numérique…

Enfin, dans ces lieux improbables que sont la campagne, la plage, on n’a pas peur de laisser en évidence les Fleurs du Mal en apparence sur sa serviette pendant qu’on va se baigner. A la différence du smartphone ou de la tablette … qui peut susciter le vol..

Bref, le livre est rassurant.

Le livre dans sa poche

livre_poche_partout_physique_libraireL’objet sacralisé s’est pourtant bien modernisé pour répondre à l’usage : celui de pouvoir lire sans trop dépenser.

Le livre de Poche a été une révolution démocratique. Avoir accès à la lecture, la culture plus simplement.

Comme les nouveaux usages de notre monde de communication qui a accéléré l’accès gratuit à la connaissance. Par Wikipédia. On relira ces principes clés de la société de communication moderne.

Les livres aujourd’hui devenus gratuits sont devenus des produits de consommation.

D’ailleurs, on ne lit pas forcément tous les livres.

Les études montrent qu’un lecteur homme s’arrête à la 30eme page et les femmes à la centième, sans tout lire le livre.

Voilà ce que les études sur la lecture grâce au numérique a permis de comprendre : on ne lit pas toujours tout un livre.

La raison en est simple . Devant l’abondance et la gratuité du livre dans son ensemble, on peut zapper.

Un livre qu’on achète, qu’on a désiré a plus de prix. On le chérit et on fait l’effort de poursuivre la lecture même si c’est compliqué.

Voilà la valeur du livre. Un objet à adopter !

Le livre nous capte.

curation_bibliothecaire_internet_information_mediologieMac Luhan décrivait les médias, en les catégorisant . Médias chaux et froid. Certains nécessitent un seul sens ( l’ouïe pour la radio , la vue pour le livre ). Et de la pauvreté du média ( un livre en soi est une juxtaposition en noir et blanc de lettres ) force à la concentration. ( on relira médias chauds et froids, de Mc Luhan ).

A la différence des médias chauds , comme la télévision qui sont pauvres en terme de contenu mais monopolisent tous les sens pour en recomposer et restituer un monde.

La lecture elle se fait sur les caractères imprimés que le cerveau déchiffre. Il faut faire effort pour s’immiscer dans l’univers.

Mais quelle jouissance… Adopter un livre et disparaître dans ces pages, voilà l’expérience ultime et jouissive. En décalage avec les nouveaux usages d’immédiateté .

Cette épaisseur du livre

dictionnaire_objet_mediologie_sémiotiqueLe livre physiquement montre son épaisseur à la différence de d’objets numériques qui marquent l’avancement de la lecture par une jauge.

Mais sentir le chemin à parcourir , en passant une page l’une après l’autre est un vrai chemin parcouru, physiquement. En tournant les pages.

Le livre par sa matérialité clos l’espace de l’imaginaire dans un espace, en dimension. [ on lira l’épaisseur du dictionnaire , qui reprend cette potentialité du physique du dictionnaire ]

Bref, le livre, physique que j’ai entre mes doigts a cette saveur indiscible que n’a pas le livre numérique.

Cela ne l’empêchera pas de disparaître.

Mais on conserve tous chez soi une pile de livres. On les regardera avec bienveillance. Et on conservera ce souvenir.

1 commentaire

Classé dans Billet, ces objets oubliés, médiologie

Une réponse à “Ce livre écorné qu’on maltraite et qu’on adore !

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