La fin des icones, chacun son modèle ?

Les jeunes, les adolescents, et toute génération ont longtemps pris pour icone les « stars » ( étoiles ), les footballeurs ( grand footballeur comme Platini ).

Surtout au XXieme siècle, avec la consécration des icones du cinéma, notamment dans le cinéma Hollywodien. Greta Garbo, James Dean…

Aujourd’hui  l’icone existe-elle toujours ?.

S’identifier à une star, à une icone qui rassemble, qui peut nous ressembler, et nous propulser dans nos désirs, nos décisions, nos comportements c’est être porteur de repère. Aujourd’hui, l’icone serait il en perte de vitesse ? Ou fragmentée ?

L’icone à travers nos civilisations, en 4 époques…

Les mythes d’identification à travers les siècles.

L’identification à un modèle dans la société s’est inscrite  sur différents supports « ontologiques », médiatiques. Régis Debray les a formalisé en 1990 dans un tableau médiologique. Depuis, nous considérerons la 4eme époque, propre à l’usage du numérique.

En voici les 4 époques ,


  • La parole biblique.

Le mythe d’identification , avant l’avènement de l’écriture était le saint. La relique qu’on adorait. Des pélerinages, des prières. La parole était divine. Les prières permettaient de communier, d’être présent à Dieu. Le repère de la société patriarcale était bien la religion, par les icones. Les symptômes médiatiques en étaient la prière, les peintures, les vitraux dans les églises. [ dans la religion chrétienne essentiellement ].

 » Je l’ai entendu » 

  • L’imprimerie ou la diffusion du héros littéraire.

L’imprimerie a permis la diffusion de masse : des journaux, du roman. Du héros, qui rassemblait la République, via l’école. Le héros balzacien. L’anti-héros. Le héros médiocre, comme dans Madame Bovary, de Flaubert. Le héros dont chacun pouvait projeter ses repères, ses ressemblances. Car le héros n’avait pas d’image. Chacun pouvait le décliner. En un sens, il était universel, déclinable, et « partageable ».

« Je l’ai lu » ( dans un livre, dans le journal )

  • L’avènement de l’image.

L’arrivée de l’image a permis l’arrivée de la « star ». Dans le cinéma, la télévision. Celle dont on a une image, qui a un corps, un mouvement. Et dans lequel la communion est possible.

[ la communion religieuse existe bien , notamment par l’hostie dans la religion chrétienne, qui est un acte d’absorber physiquement par le corps une émanation divine ].

L’avènement de la star rend la personne fantasmée comme à la fois inaccessible, et accessible, par l’identification que l’on en a sur sa vie. Partager les même tragédies, les mêmes bonheurs. Puisqu’au fond, la star est une personne vivante, comme chacun.

« Je l’ai vu » ( au cinéma, à la télévision )

  • L’avènement d’internet, ou une fragmentation de l’icone.

L’arrivée d’internet, et surtout du monde foisonnant où la star n’est plus qu’une étoile parmi d’autres dans la galaxie, la position de la star, de l’icone, des références ont changé . L’icone, la star est volatile. Elle est plurielle. Chacun son modèle, son icone. Une démocratisation de ses repères ?

On remarquera d’ailleurs que ce ne sont plus les médias qui nourrissent le mythe, mais nous même. On tweete ou on « like » ( I like ) ce qu’on désire, ce qu’on aime.

« Je l’ai twitté »

Une désacralisation par les médias.

La star est devenue désacralisée. Par les médias, notamment orientés « people », qui ont descendu les stars au rang des gens comme tout le monde.

Pour les médias, c’est un peu la poule aux oeufs d’or qu’ont a tué, car pour vendre son média, on en a multiplié les apparitions médiatiques . Si elle ne reste pas désirée, et un peu inaccessible, la star se liquifie..

La star se prend au propre piège de la médiatisation. Pour exister, elle a besoin du média. A être présent, coûte que coûte. Gréta Garbo n’avait pas besoin de faire  un publi-reportage dans un magazine de presse pour exister.

Ce changement est volontaire par la plupart des stars, car elles en retirent à la fois un bénéfice promotionnel ( être « présent », fonction phatique de la communication ), et économique ( en tirer des revenus ).

Dans un monde hyper-communicationnel, rester présent est important. Quitte à montrer des photos qui n’appellent pas au mythe..

L’icone rabattue, ou le réseau social du contact.

Les nouvelles icones, musiciens, stars, écrivains ont compris que le média ( qui dans son sens éthymologique signifie « milieu » ), est un intermédiaire dont on peut se passer. Maîtriser son image, maîtriser sa carrière, c’est rester libre. Une nouvelle liberté et « libertaire ».

De là, par exemple, Radio Head, a choisi de proposer ses créations artistiques directement à ses fans , sans intermédiaire. Ce qu’on appelle en nouvelle technologie le « peer to peer ».

La star devient son propre artisan de sa création. Elle se rapproche, rompt les barrières iconiques vis à vis de son public. Mais n’est ce pas retrouver la vrai communion, dans le domaine musical par exemple, dans les concerts, où chacun est en osmose avec son idole ?

[ L’industrie cinématographique est un peu différente sur ce point ]

Pour chacun, trouver son repère dans un idole existe toujours.  L’identification à un modèle relève du mimétisme, comme l’a très bien montré René Girard. Faire comme son idole, posséder un disque pour être « comme » . Aujourd’hui, ce mimétisme est plutôt choisi :

Le mimétisme choisi.

Se projeter dans la « star »  se vaporise, ou se fragmente. Par la profusion des médias, par la profusion de tout artiste, qui devient icone par quelques « buzz ». Dans la myriade de cette galaxies de stars, parfois proclamées trop vite, chacun choisit son idole. Chacun son i-phone, chacun son idole. La star n’est plus unique, dans un monde du spectacle omni-présent.

Fragmentation des médias synonyme d’une fragmentation de l’icone. Chacun son mythe, chacun son buzz, chacun son tweet.

La vrai star est bien celle qui résiste à ce temps virtuel et instantané. Combien ?

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1 commentaire

Classé dans Communication, culture, Histoire science de l'information et de la communication, médiologie

Une réponse à “La fin des icones, chacun son modèle ?

  1. DamienSalsa

    Intéressant j’ajouterai que notre époque est :

    – Marquée par l’immédiateté on peut devenir « un star » en marquant un but ou en chantant un tube
    – Il est possible d’avoir, de construire son propre héros
    – La star peut être déchue. Heureusement on n’est plus une star à vie, sauf peut-être encore pour quelques têtes couronnées
    – On peut changer de stars très facilement ou avoir un un modèle pour chaque thème : sport (Zidane), Générosité (Mère Thérésa)..

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