Vous avez dit disruption et innovation ?

La novlangue de notre monde numérique aime les grands mots : disruption, révolution, transhumanisme, changer le monde, valeur du produit, agilité…

Derrière ces mots, quelle réalité ?

La disruption ?

La disruption c’est casser des règles, des usages et réinventer le monde.

Force est de constater que la fameuse bulle internet des années 2000 refroidit aujourd’hui avec un monde de startups largement valorisées pour des usages sans grande valeur ajoutée.

Tant qu’on reste dans la culture du silence, dans le monde des business Angels, tout va bien.

Et c’est cette culture du silence qui a mené à la plus grande crise des subprimes au début des années de ce siècle, en 2009 : ne pas dire les choses.

Alors disons les choses.

Et disons le, le monde des startup a le vent en poupe. Tout le monde sait qu’il n’en restera que quelques unes. Vraiment innovantes.

Si elles ne sont pas rachetées par les monopoles des grands géants américains.

Alors le monde économique copie le modèle de la transformation digitale. C’est salvateur quand cela a une vraie valeur pour nous être humains.

Et toutes les innovations en matière d’écologie sont une vraie valeur à l’échelle de notre monde.

Petite histoire des génies industriels.

Mais faisons le constat, lorsqu’on parle de disruption et innovation :

Les ingénieurs au XIX eme siècle ont inventé l’électricité, la machine à vapeur, la médecine de pointe. Les vaccins , Einstein est le dernier génie et aujourd’hui tout le monde est un génie.

Le dernier vraiment serait Steve jobs qui a inventé le smartphone, avec l’iPhone.

Il a révolutionné nos usages, notre façon d’appréhender le monde informatique. Il nous a fait quitté l’ordinateur personnel des années 1990.

Aujourd’hui, l’innovation est un renouvellement de nos usages.

Pas de révolution comme l’arrivée de la locomotive à vapeur.

Restons modestes.

Les startup utilisent le vide et les irritants de notre siècle de confort.

Exemple ?

  • Uber par exemple est une mise en fluidité de l’usage du taxi. Le fondateur à Paris s’est trouvé dépourvu de transport et a trouvé cette idée de monter une entreprise Offrant le service facile de trouver un conducteur. Les taxis existaient déjà.
  • De même Airbnb est né de cette approche : trouver un logement où dormir, simplement. Pas chez un copain mais ailleurs. Les hôtels existaient déjà.
  • De même, l’application Tricount par exemple nous facilite la vie pour calculer les comptes lorsqu’on est entre amis. Qui a acheté quoi ? La calculette existait déjà.

Oublier les irritants.

Rien de révolutionnaire ou de disruptif. Juste une fluidité de notre vie quotidienne améliorée.

Oublier les ennuis, les irritants.

Oublier même que l’on paye tout cela.

Pour les gafas, la gratuité passe par la collecte en masse de toute notre vie.

Pour le paiement, on essaye de nous faire oublier que ces usages sont payants. Faire ses courses dans le magasin Amazon sans payer en caisse. Le paiement sans contact d’Apple ou des banques françaises nous font oublier que tout est marchandise.

Et je suis une marchandise oubliée dans cette fluidité numérique.

L’expérience sans couture, dit on.

L’innovation de notre monde économique est de nous faire oublier.

Alors utiliser le mot de disruption ?

Dans sa Keynote en mai 2018, Google présentait une révolution : demander à Google d’appeler son coiffeur à sa place pour prendre un rendez vous. Est ce une innovation que de vous substituer à une machine qui rompt le lien social ?

Certes, les progrès dans l’appréhension des techniques du langage humain sont conséquents. Le test de Turing est peut être en passe enfin d’être réussi. Et derrière cet exemple marketing, les applications peuvent être immenses.

Le bricolage, ou l’art de la rupture.

Pourtant, le mot qui signifierait mieux notre monde d’aujourd’hui c’est bricoler, et non disruption.

Le bricolage à cette signification :

Si l’on revient sur la définition du bricolage, de la « bricole » :

Bricole est emprunté à l’italien briccola « catapulte »,  « celui qui casse, qui rompt ».

L’usage est bien de casser, de rompre la théorie pour la mettre en pratique.

Les usages et transformation digitaux ne créent pas de théorie. Les brevets des gafas nous inciteraient à penser le contraire. Derrière les milliards d’investissements, en comparaison, Monsieur et madame pasteur pourraient rougir.

En attendant, le monde numérique se contente d’utiliser les bases du monde informatique créé à la fin du xxeme siècle : réseaux informatiques, internet , calculateurs, stockage des données.

L’usage du bricolage est bien de mettre en pratique tout ce trésor théorique de sciences de l’informatique maintenant.

Voilà pourquoi on pourrait parler de bricolage plutôt que de disruption.

Le terme en anglais serait « hacker ».

Sans grande motivation que de décrocher le graal des startup. La licorne. Le monopole. La réussite financière.

L’intelligence artificielle, une révolution.

L’intelligence artificielle pourrait cependant être ce nouveau monde, cette nouvelle frontière à franchir.

Intelligence artificielle qui changera radicalement notre monde, comme l’a fait l’automobile pour remplacer les chevaux.

La différence est là : tout le monde ne montait pas à cheval, et les cavaliers ont changé de métier. Sans savoir ce qu’ils sont devenus. Une anecdote, en somme.

Rien à voir avec l’intelligence artificielle qui chamboule déjà tous les métiers.

De la banque, à la comptabilité, les ressources humaines, la finance, les centres d’appels, les secrétaires, les informaticiens…

En attendant, les mathématiciens des grandes écoles, les développeurs informaticiens coderont notre monde petit à petit.

Passant de ces petites innovations à la grande révolution numérique attendue.

En ayant loupé le coche de l’intelligence artificielle en France, dit-on, la blockchain pourrait être le nouveau moteur de l’industrie numérique française.

L’intelligence humaine, à revisiter.

L’être humain est captivant et déroutant.

L’internet a créé toutes les conditions pour permette l’accès à l’information ; à la création. La révolution pour le coup d’un monde ouvert. Un prolongement de l’invention de l’imprimerie.

Publier ses musiques, écrire vos passions, votre envie d’un monde ouvert.

Le monde numérique et les géants américains ont profité de ce vide non utilisé .

Les tuyaux numériques vombrissent de vidéos netflix, de vidéos pornos, et de toutes ces données chères aux gafas : là où vous êtes, votre géo localisation, les mesures de tout notre être.

Dépossédés.

Alors prenez votre force de disruption.

Comme le font les startupers : utiliser le monde numérique pour réinventer une façon d’être. La votre.

Ce petit truc qui mette de l’humanité et vos convictions dans ces tuyaux.En mesurant l’intérêt futile de ces trouvailles, de ces innovations qui servent elles ?

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