L’économie collaborative n’est-elle plus qu’un concept marketing ?

délocalisation_france_épicerie_france_bonheurL économie collaborative est-elle un nouveau concept marketing ?
Toute nouvelle application qui utilise un tant soit peu les réseaux sociaux, les partages numériques se targue de faire de l’économie collaborative ou participative.
Blablacar, Uber, Airbnb, la ruche qui dit oui, comment s’y retrouver dans l’écosystème de cette économie collaborative ?
Je vous propose une petite règle, qui donnera l’éclairage dans ce monde un peu confus de l’économie collaborative !

Les fondamentaux de l’économie collaborative.

Tout d’abord, en quelques mots, rappelons les principes de l’économie collaborative !
L’économie collaborative procède de ces ingrédients :

  • les usages internet, nés du web 2.0 permettent le partage et la production d’information sans passer par les intermédiaires traditionnels ( centrale d’achat, monopoles hôteliers, etc… ).
  • l’intermédiation avec des personnes qui échangent un service , avec une participation financière à la hauteur du service rendu.
  • L’aspect financier : la société se tourne vers l’économie collaborative, parce qu’elle a un intérêt financier.
    Comme le troc, gratuit. si les gens utilisent blablaCar, ce n’est pas qu’un intérêt écologique de réduire le trafic routier , mais parce que c’est moins cher. En tant de crise.
  • Écologique et sociétal : pratiquer un acte d’économie collaborative doit nous rendre fier d’avoir aidé à la société responsable et durable : une association, une économie en difficulté, l’écologie.

 

La réappropriation marketing du concept de l’économie collaborative.

réalité_augmenté_monde_virtuel_reel_commnicationComme tout concept nouveau, le marketing et les grandes entreprises s’y attachent avec intérêt.
Surtout lorsque leur monopole s’en voit menacé.
Ou se réapproprient les tendances du moment.
Les termes, repris par le marketing, à force, deviennent creux, et lessivés par les agences de communication.

C’est le cas par exemple de l’environnement durable.

Tel Michel-Edouard Leclerc :

« le terme [ environnement durable ] est tellement large, mis à toutes les sauces, qu’à l’exemple de Monsieur Jourdain, tout le monde peut le revendiquer. Et puis, c’est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors, de tout temps, les marchands ont su récupéré les bons slogans ».

On lira l’exemple du concept d’environnement durable repris par le marketing ici : « Sémiotique de la croissance« .

Ces concepts marketing permettent de générer pour ces agences de nouvelles prospections que tout le monde s’arrache.
Quitte à raconter de nouvelles histoires, et ça les grandes sociétés aiment bien : le story-telling.

M. Jourdain fait de l’économie collaborative. Ou on fait tous de l’économie collaborative sans le savoir ?
Comme l’environnement durable dont on s’approprie le concept en racontant une histoire qui séduira le consommateur, parler d’économie collaborative peut réunir toutes les entreprises.
Puisqu’au fond, notamment les entreprises de distribution, font le lien « humaniste » de proposer facilement, à moindre coût des produits.
En rendant service : tout est disponible, à moindre coût : les grandes centrales d’achat des distributeurs veillent sur nous. Le prix est la, mais avec les conséquences désastreuses pour les producteurs.
Ne vous laissez pas berner par les belles histoires.
Ici, je vous propose la grille de lecture qui vous donnera la conviction.
elle est née de l’article de l’experte Rachel Botsman., mais en la rendant ludique par cet acronyme : passa ?

Economie collaborative ou pas ?

UberPop est-il né de çette économie collaborative ? Quid de Airbnb ?

Le mot de code qui résume l’aspect sociétal et qui permet de répondre à la question : « Est- ce que c’est de la consommation collaborative ? » Est le suivant : passa !
Avec cette grille de décryptage, chacun pourra analyser : économie collaborative ou pas ?

  • P : producteur : celui qui rend service .

Le producteur doit être valorisé : il est là pour apporter un service, au juste prix.
Pourquoi le juste prix ? Parce qu’il retrouve un gain financier pour pouvoir vivre, et où qui correspond à la valeur exacte de ce qu’il produit. Sans intermédiaire. C’est le cas par exemple de la ruche qui dit oui : le producteur vend ses produits, sans vouloir rendre son activité capitalistique.

  • A: Authenticité , les valeurs humaines :

La valeur de l’économie collaborative est d’un point de vue naïf, sociétal, de vouloir changer les choses.
Et de faire la rupture avec des modes de consommation qui ont engendré pendant des décennies le gaspillage, la pollution, les usages inutiles par des intermédiaires qui étaient présents pour réguler le marché. Et d’arrêter de profiter de accélération de la société de consommation.
Ce n’est pas un jugement négatif, car l’explosion de la consommation a eu des bienfaits pour la société a un moment donné.

Aujourd’hui, cette constante croissance de la consommation a des effets pervers. c’est donc également de l’écologie dont on parle.
Dans les valeurs on y intègre donc les relations de partage, de respect ( avec des populations en difficulté par exemple ) : un modèle de bien vivre ensemble.

  • S : biens Sous utilisés :

Remettre au goût du jour des usages ancestraux qui ont disparus, par la modernité de notre monde est la gageure de l’économie collaborative. le recyclage est un exemple criant de réutiliser, customiser, et rendre une seconde vie aux outils qui traînent , dans le garage par exemple.

  • S : service plutôt que posséder.

Le consommateur veut posséder. Cet ultime désir mimétique, comme le définissait René Girard.. Pourtant posséder sa voiture n’est plus une finalité en soi, pour peu qu’on ait fait l’analyse de ses propres envies. ne pas copier. Ne pas posséder. Utiliser les biens mis à disposition, par d’autres.

  • A : Acentré : délocalise, distribue, non centralisé .

La société collaborative ne se décrète pas. Ce n’est pas un concept qu’on déploie. cela vient de la communauté. et comme les valeurs humaines sont présentes, l’économie collaborative fédère et relie les êtres , dans un modèle décentralisé.
C’est le moment de retrouver une économie délocalisée, face à une mondialisation criante qui fait peur. l’economie collaborative doit rassurer. elle ne doit pas être un mode d’usage centralisé aux États Unis qui régulerait l’activité de la vie de nos campagnes et de nos villes.

A la lumière de ces règles de l’économie collaborative, chacun pourra appliquer la grille sur les usages vue et revus des nouvelles annonces d’économie collaborative.

Le PASSA par l’exemple : UberPop.

uber_économie_collaborative_méfaits_uberisation

Prenons un exemple, d’actualité, la société Uber qui permet de mettre en relation usagers et transporteurs privés.

UberPop passe t il la règle du PASSA ?

Et UberPop est il une société d’économie collaborative ?

  • P : les producteurs de service ne sont pas des salariés qui avaient une activité. Pour certains si ; sur ce point on ne peut se positionner : certains chauffeurs de uberPop n’avaient peut être pas de travail. UberPop leur a peut être permis de leur offrir une opportunité ( pas d’études sur ce sujet à ma connaissance sur le profil des chauffeurs UberPop ).
  • A : les valeurs humaines, l’authenticité. Uberpop ne sont pas a mon sens une caractéristique de l’entreprise, sinon, face à un conflit aussi majeur en France, et dans beaucoup d’autres villes du monde tel New York, la société aurait tenté de calmer le jeu. Les conflits sociaux et la violence générés par l’arrivée d’uberPop montrent que ces valeurs humaines n’ont pas lieu d’être.
  • S : service plutôt que posséder. La uberPop est bien dans l’usage du service, celui de transporter les gens que de posséder.
  • S : sous utilisé : là encore uberPop répond à un besoin légitime de la clientèle : celle d’un service de transport quand les taxis ne répondent au besoin . La demande est forte, et uberPop transporte les usagers sans conditions fortes, à la différence des taxis ( localisation, état des passagers un peu alcoolisés qui souhaitent rentrer a bon port ).
  • A : acentré ? bien que localisé dans l’approche urbaine, chez moi, UberPop est une entreprise américaine. Qui ne connaît pas les quartiers. L’aspect communautaire n’existe pas. L’aspect local est caractérisé par le rapprochement physique de l’usager et du taxi Uber.

UberPop qui relie usagers et chauffeurs, à un prix et service réduit , pourrait se targuer d’être dans ce monde le l’économie collaborative. mais la valeur suprême de l’économie collaborative est celle-là : est ce qu’uberPop rend service à notre société ?
La société poussée par Google qui est actionnaire, les distorsions de concurrence ( les chauffeurs ne sont pas soumis aux mêmes règles que les taxis traditionnels ) et les conflits sociaux qui engendrent un désordre public nous montrent que non, ‘UberPop n’est qu’une activité commerciale basée sur un concept numérique.
Les États Unis sont bien loin, et uberPop est bien loin du partage de nos richesses locales.

Je vous invite à utiliser cette grille du Passa pour bien comprendre et analyser ce qui collaboratif, sociétal qui change notre monde en bonheur.
Loin des dollars, sans faire de l’anti-capitalisme trivial.
Ici, on parle d’usage, de nouveaux modes de vivre ensemble.
De beaucoup d’humanité .

NB. J’ai formalisé la règle PASSA ici décrite. Vous pouvez bien évidemment la partager ( commons 2.0 ), mais je vous remercie de citer la source. Zeboute’Blog. Pour vous servir !

6 Commentaires

Classé dans Economie collaborative, Nouveaux usages du 21ème siècle

6 réponses à “L’économie collaborative n’est-elle plus qu’un concept marketing ?

  1. Pingback: L'économie collaborative n'est-elle plus...

  2. Bon article qui fait le tour de cette fameuse économie dite collaborative, qui passionne tout le monde, et en inquiète certains. La « share economy » ne fait que recréer ce qui existait avant dans les villages sous forme de prêt, d’échange, de troc. Désormais, la technologie permet d’échanger et de partager tout et n’importe quoi avec n’importe qui dans le fameux village mondial, le tout en continu. Dans cet esprit, nous venons de lancer iziParty, une plateforme collaborative de location, une sorte d’Airbnb de l’évènement. Pour les curieux, à voir sur http://www.iziparty.com

    • Merci. et ajoutons que pour la « Share économy », c’est le premier qui se lance et rafle tout le trafic qui devient le référent ! comme Airbnb ou BlablaCar !

      • Tout à fait vrai ! Il existe un vrai effet rouleau compresseur en la matière, en général c’est premier arrivé premier servi, les concurrents devant se contenter des miettes du trafic…

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  4. Pingback: Les petites règles pour mieux vivre au quotidien ! | Zeboute' Blog

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