La machine à écrire, cet objet désuet du XXème siècle

secretaire-homme-machine-ecrire-stenographieLa machine à écrire est l’objet mécanique qui a longtemps été le médium de la belle lettre formelle. qu’on envoyait a l’administration pour des formalités en tout genre.

De l’encre frappée sur le papier par quelques tampons de fer, actionnés par des touches de plastique du clavier.
Cet objet qui sent bon le métal, le rouleau d’encre et qui résonne dans le silence de l’inspiration, Voilà un objet oublié, à redécouvrir ?

L’outil analogique du XXème siècle.

La machine à écrire est l’outil de l’administration, de l’entreprise.
C’est la secrétaire, ou la dactylo qui se servait de cet instrument pour retranscrire les comptes rendus de réunion, les notes à l’usage de l’ensemble des employés. ou à l’attention de fournisseurs, de toute correspondance.

la faute de frappe interdite. ou la rigueur de la lettre juste.

Dactylo-outil-machine-ecrireSe servir d’une machine à écrire était une compétence, voilà pourquoi elle était l’outil de travail spécifique à la secrétaire.
Contrairement au usages numériques d’aujourd’hui qui permet par le « back Space » ou la « touche arrière » de supprimer la lettre mal saisie, la machine à écrire était sans pitié : la moindre erreur de frappe nécessitait de recommencer tout le travail..
Voilà la particularité qui distingue nos outils médiologiques avec ceux d’aujour’hui : le clavier  numérique, l’impression au fil de l’eau.
le papier était précieux les photocopieuses n’avaient pas envahis nos entreprises.

la machine à écrire, précurseur de nos usages numériques modernes ?

La particularité de la machine à écrire, c’est qu’elle s’inscrivait dans un temps lent, celui de la réflexion ( l’image de l’écrivain pensif, cigarette à la bouche, devant sa machine à écrire ). mais que pour produire les mots et les phrases, il fallait aller vite. L’unité de mesure est le nombre de mots tapés à la minute…
Dans un monde actuel où tout va vite, où tout s’accélère, la machine à écrire est un petit bijou en avance sur son époque.

la vitesse, dans un monde si lent.

Reproduire des comptes rendus de reunion, notifier des directives auprès de salariés prenait du temps, comparativement à l’heure où aujourd’hui les comptes rendus de réunions sont diffusés alors même que la reunion vient de se terminer.
Nous n’avons plus besoin de la secrétaire, c’est le cadre ou l’employé qui saisit lui même les notes. les correcteurs orthographiques, et les documents numériques préformattés ont démocratisé l’usage de la note transcrite en lettres et polices de traitement de texte.
paradoxalement, l’utilisation de la machine à écrire devait être rapide, pour pouvoir diffuser rapidement le contenu et informations à diffuser.
Vue que l’ecriture formelle sur beau papier nécessite un intermédiaire ( la secrétaire ),  la vitesse de frappe était un élément capital dans la compétence de la secrétaire. Pour accélérer la production du résultat dactylographié. le film Populaire, retrace avec nostalgie cette époque des années 1950.

Capter le discours en signes et en temps réel.

sténographie-dactylo-machine-ecrireLa sténographie est le pendant manuel, et le compagnon de la secrétaire, afin de prendre les notes à grande vitesse et suivre le discours oral du locuteur dont on doit prendre les notes.
Basée sur une transcription de signes écrits rapidement, la secrétaire pouvait ensuite à loisir retranscrire le discours sur feuille papier, sur sa machine à écrire.
Aujourd’hui le Dictaphone est largement utilisé, même s’il est encore moins efficace que la sténographie.

L’imprimerie démocratisée.

Si j’évoque ici la machine à écrire comme un objet desuet, ce n’est pas par pure nostalgie ( quoique ! ), mais elle est un exemple des premiers usages autonomes qu’on a attribue Plutôt aux usages numériques.
Car à proprement parler, la machine à écrire est bien un usage miniaturisé de l’imprimerie.
des bâtonnets métalliques reliés à des caractères d’imprimerie sont actionnés par les touches rendues accessibles à l’utilisateur. plutôt qu’une matrice de plombs fixés sur des planches.
Certes l’impression est unitaire, à la différence de la production de masse qu’est l’imprimerie de Gutenberg.
Mais elle est rendue possible de manière facile ( sans formation particulière ), de manière autonome , et à moindre coût. un outil démocratisé.
La machine à écrire s’est diffusée dans les foyers familiaux, petit à petit, lorsque leurs coûts ont diminués.
Et ce sont exactement les conditions de l’arrivée des outis numériques modernes regroupés dans la sphère du web2.0 : autonomie, démocratie. ne manque que la diffusion de masse…
un outil est remplacé par un autre, mais il a apporté une composante singulière, réinjectée dans le nouvel, plus moderne.

2 Commentaires

Classé dans ces objets oubliés, Fin du XXeme siècle, médiologie

2 réponses à “La machine à écrire, cet objet désuet du XXème siècle

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  2. Marie

    il manque l’évocation du stencil pour la copie !

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