C’était mieux avant !

C’était mieux avant.

La formule, vous l’entendez tous.

Oui l’âge d’un temps perdu où tout était mieux.

Cette propension à enjoliver un passé est naturelle en soi. Car la beauté du passé est souvent celle de l’enfance.

Où la naïveté, le plaisir et la joie saine de l’enfant s’exprimaient.

 

Michel serres, académicien et philosophe fait l’inventaire à contrario de ces fameux « c’était mieux avant ».

Il parle comme le vieux qui se plaint du présent, en apostrophant la Petite Poucette, cette enfant qui vit dans notre monde numérique et ancrée dans la modernité.

Et la génialité encore de ce grand homme, Michel Serres, c’est qu’il parle avec justesse et tendresse. Lui si âgé. Et qui pourrait dire aussi : « c’était mieux avant ».

Non il choisit de revisiter le passé pour mieux l’inscrire dans le présent.

Oui certaines choses étaient mieux. Mais oui le présent nous apporte du mieux. A nous d’en faire bon usage !

Je vous propose ces petits retours en arrière du passé. Pas si loin.

 

Guerre et paix.

Le xxeme siècle a été marqué par les grandes tragédies meurtrières.deux guerres mondiales, le fascisme, la guerre civile et la dictature en Espagne. Le communisme qui séparait le monde en deux, en Europe.

Aujourd’hui, même si on est en guerre, avec le terrorisme islamique, nous sommes dans une Europe qui ne s’écharpe plus.

Cela fait 70 ans que nous sommes en paix sans discontinuer.

« avant il n’y avait pas de portable, de sorte que chacun se confrontait durement au réel tel quel, alors que grand papa ronchon rouspète de voir aujourd’hui Petite poucette dans le doux du virtuel, comme sancho, sur son âne, riait sous cape devant les frasques livresques du Quichotte.

Je n’aurais pas détesté qu’avant, ces guerres, ces morts, ces féroces dirigeants, ces mensonges, ces camps, ces crimes, ce poison, n’eussent pas sevi d’une réalité aussi dure, mais dans le virtuel d’un jeu vidéo doux ».

 

Idéologies.

Les fake news, les insultes sur les réseaux sociaux ont envahi notre espace. Les communautés entre soi se forment.

Le respect aujourd’hui ?

C’est oublier qu’avant sans crainte de procès, nous pouvions caricaturer les juifs, montrer quasiment de manière scientifique que les africains étaient incultes et proches des primates. Que les allemands n’étaient que des brutes sanguinaires.

 

Les échanges interculturels, les programmes erasmus, l’accès aux voyages plus facilement permettent de trouver sur certains égards une proximité. Qui rapproche les peuples.

Le portable et le numérique me permettent de chercher, d’informer de manière instantanée. Et de pouvoir faire du fact checking. Faire taire la bêtise.

 

Maladies.

On remet en cause les vaccins, les antibiotiques.

Se faire vacciner, folie de notre temps, est perçue comme dangeureuse. Un comble !

Souvenons nous, nous dit Michel Serres, de de temps où l’on mourrait de la vérole ou de la tuberculose.

Pas de sécurité sociale. Les pauvre mourraient sans soin. Et les riches ne s’en sortaient pas mieux.

Nos parents ne se déshabillaient pas sur les plages, ou dans les piscine, non pas par pudeur. Mais parce que ces vêtements dissimulaient les marques de la variole, avec d’indélébiles cicatrices.

 

Propreté et hygiène.

Avant, nous raconte michel serres, on ne faisait la lessive que deux fois l’a n : au printemps et à l’automne.

On utilisait les cendres fournies par les cuisinières l’hiver et les cendres des champs qu’on brûlerait l’été. Ces cendres paraît il, contenaient de la potasse.

 

Chez le coiffeur, on utilisait la même serviette d’un client à l’autre. On ne secouait juste la serviette pour retirer les cheveux du précédent client.

La plupart des hôtels ne disposaient pas d’eau courante.

L’hygiène n’arriva que longtemps après les années 1950.

Le magazine Elle lança même sans fracas un article recommandant aux femmes de changer la culotte chaque matin.

La plupart s’en scandalisèrent.

 

Mâle au travail.

Avant, pour les mâles, dehors, le travail se faisait à la main. Pelle, pioche. Pas de mécanique pour soulager la peine. Tout au biceps. Dos courbé. Des tonnes de gravillons travaillés à la journée.

Pelles mécaniques, transporteuses ont changé notre quotidien.

Les pioches ont été remplacées par les marteaux piqueurs. Super paradis. Sauf pour le bruit. Le bruit se subsista aux sueurs.

L’agriculteur a également profité de ces nouvelles machines qui font tant peur au départ. Et dont on pense qu’elles vont tuer le travail. Aujourd’hui, l’agriculteur n’a plus mal au dos, sans s’il reste trop longtemps devant son ordinateur.

 

Communications.

« Avant je fus matelot. Embarqué pour un temps dans un port de Somalie, j’écrivais à ma fiancée que son travail attachait à Bordeaux, Gironde. Deux villes portuaires, assurance donc de liaisons rapides ! Les lettres nous parvenaient au terme d’un petit mois de voyage. La belle répondait gentiment à mon état d’âme du moment ; et je réagissais avec grâce à l’état correspondant de son sentiment. La distance faisait que chacun avait, dans l’attente, oublié ou quasi l’émotion délicate et fragile que l’autre décrivait « .

Michel serres ne pouvait « imaginer alors ke miracle du portable, où soupir et aveu traversent l’espace comme la lumière, quels que soient l’écart et la distance ».

« Avant, nous vivions isolés dans un espace partout disparate et morcelé. Nous savions peu de la vie à la ferme voisine , quelques détails du village, quasi rien du chef lieu ».

L’absence d’information accula bien des gens à faire de mauvais choix.

 

Provenance alimentaire.

On mange moins bien maintenant ?

Aujourd’hui la traçabilité des denrées alimentaires a largement contribué à améliorer les conditions de production et de stockage alimentaire.

Le fermier, parfois près de ses sous n’appelaient pas souvent le vétérinaire. Et repérait mal les maladies du bétail.

Michel serres nous explique qu’à l’âge de 20 ans il contracta la fièvre aphteuse. Et on n’en meurt pas. Alors « non, ce n’est pas la peine de sacrifier, pour elle, des milliers de bovins ».

Pour le jambon, on utilisait le couteau pointu pour dénicher les vers dans le porc.

 

Langues et accents.

Michel serres est occitan. A la télévision ou à la radio, nous sentons encore cet accent.

« A l’oral de l’école navale, l’examen auditif, où il fallait s’exprimer à haute et intelligible voix, souleva autour de moi des rires inextinguibles, entretenus savamment par le médecin examinateur qui, sans se lasser, me faisait répéter : quarante. Je fus rétrogradé au classement d’agregation, le jury estimant que je n’étais pas exploitable sur la totalité du territoire. Je ne doute pas qu’il eut raison, puisque nous ne nous comprenions pas les uns les autres et sûa mon premier poste en Auvergne, les étudiants disaient en silence que je devais être italien. A Paris, pour me présenter devant n’importe quel guichet, de gare, de poste, je devais m’exercer longuement à prononcer les mots avec assez de ´francité’ pour que l’on me comprenne sans éclater de rire ».

 

Aujourd’hui, les accents se sont évanouis. Du moins, on se comprend.

Avec bienveillance, Michel Serres nous montre que nos nouveaux mode de vie sont un peu technicisés, parfois poussés par la communauté européenne.

Mais qu’au final ils ont une utilité.

A chacun d’y réfléchir et s’informer. Car aujourd’hui les lobbies ont supplanté le bon sens.

A chacun de trouver la béquille bienveillante qui vous aidera.

Qui nous aideront à mieux vivre ce monde.

A lire, « C’était mieux demain », de Michel Serres ! Edition Le Pommier.

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4 réflexions au sujet de « C’était mieux avant ! »

  1. Josiane BOUDON HERREMAN

    Merci de nous rappeler que tout n’était pas mieux avant et de vous faire l’interprète d’un grand Monsieur comme Michel SERRES. Amicalement

    Répondre

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