Big Brother n’est pas là où l’on croit

google_identite_numerique_big_brotherLa confidentialité sur internet fait largement débat.
Le projet Prism, aux Etats Unis pour contrer le terrorisme a révélé que nous étions tous surveillés.
Les politiques de confidentialité sur les réseaux sociaux sont dénoncées par la commission européenne.
Pour préserver la liberté, la confidentialité de nos usages au quotidien.
Et pourtant ?

La menace la plus flagrante de notre vie citoyenne et numérique n’est pas celle de la confidentialité de nos données personnelles.
Depuis longtemps déjà nous sommes scrutés.

Par des enquêtes, des analyses, par toutes les sociétés commerciales dans lesquelles on a laissé trace :
la grande distribution, notamment, où les cartes de fidélités scrutent nos achats.
La difficulté de ces entreprises est la capacité à cibler, et ingurgiter des millions de données quotidiennes.
La différence avec les grands acteurs du web, et Google notamment, c’est que c’est leur métier est bien de gérer la donnée.
Cependant, sur mon profil Facebook, on me propose des liens pour rêver sur de nouvelles voitures ; alors que c’est n’est pas du tout ma passion.

Bug de Facebook sur son approche publicitaire ?

La menace plus invisible est pourtant là :

Celle de ne plus pouvoir utiliser internet que pour lire, consommer et acheter.
Et celle de ne plus pouvoir profiter de la liberté qu’a permis internet : celle d’être autonome, de pouvoir produire de l’information, des musiques, des articles ( comme celui que vous lisez en ce moment ).
Pourquoi ?
Parce que l’usage d’internet a rétréci ce que nous avions encore, à l’heure de l’avènement du web.
Les nouveaux outils techniques ( tablettes, smartphones) et les réseaux sociaux ne permettent plus qu’une chose :
Ecrire 140 caractères sur Twitter.
Liker sur facebook.
Ou retwitter.

Et de ne plus pouvoir écrire, avec un clavier.

Avez-vous déjà écrit un article en 3000 lignes avec une tablette ?

Non.

Vous avez tout compris.

L’usage est roi , et les industries nous proposent ce qu’on veut.
Ceci dit, cette lente disparition du clavier, du texte est bien là.
Pour revenir à la menace de nos libertés, l’Europe s’intéresse à la liberté individuelle…
Ne plus pouvoir s’exprimer sur le web permettrait il de ne pas pouvoir s’exprimer en tant que citoyen. ( et vis à vis de l’Europe ) ?

Ne faisons pas de paranoia.
Mais je vous propose de lire ce petit billet : la poucette de Michel Serres n’a-t-elle qu’un doigt ?
Ou l’amputation de soi, sur le web.

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2 Commentaires

Classé dans Billet, Usage internet

2 réponses à “Big Brother n’est pas là où l’on croit

  1. Merci pour ça et assez d’accord (tu noteras que je commentes un article un an après sa publication) et après avoir passé du temps sur ce site, il y a donc encore un peu de monde pour écrire, chercher, lire (plusieurs minutes), ne perdons pas espoir. Le point de vue critique que tu développes ici fleurit sur la toile et c’est bon signe.

    Et ce genre de réflexion me fait souvent citer Neil Postnam, à propos d’Huxley :

    « A une époque de technologie avancée, la dévastation spirituelle risque davantage de venir d’un ennemi au visage souriant que d’un ennemi qui inspire les soupçons et la haine »

    • Merci pour votre
      Commentaire et je suis d’accord avec votre citation très intéressante : ne nous laissons pas porter par les usages qu’on nous impose tout doucement , c’est un peu l’objet du story telling utilisé de
      Manière fallacieuse : nous faire croire à une belle histoire qui n’en n’est pas une . Cordialement guillaume

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