Les bonnes pratiques de l’homme numérique qui écrit

open_data_démocratie_institutions_publiquesCommunity manager, curator, bloggueur, les métiers numériques sont prolifiques aujourd’hui sur le web.
Avec la même vigilance :

Rester cohérent, ne pas céder à l’infobésité du web, et être présent, au bon niveau.
La réputation de l’entreprise, et de soi même est importante.
La valeur ajoutée est cruciale pour le community manager : devant des milliers d’informations postées, véhiculées sur le web, on peut se sentir tout petit, tout va très vite.
Il faut être présent, sans trop l’être, et apporter une valeur numérique essentielle.
Bon pas, faux pas ?
Rester transverse, modeste, et retour sur les pratiques ancestrales.
Focus !

Le blogueur et le community manager au XVIIIème siècle.

L’usage du web n’est pas différent de tous ceux qui ont nourri les communautés d’espaces publics et communautaires, dans la communication, à travers les siècles.

L’espace « public », né au XVIIIème siècle, concept qu’à introduit Habermas.
D’un état monarchique, l’ouverture à la pensée publique s’est faite progressivement par la sphère politique, bourgeoise, puis non bourgeoise.

Là est né l’intermédiaire entre le peuple, le public et le médiateur, ou celui qui a un recul, une légitimité.
C’est cette légitimité que doit trouver tout blogueur, ou community manager :
Ne pas être comme l’internaute lambda ( qui peut être expert du domaine qu’on doit animer ).
Il faut être un relais et une référence.

Etre présent. Faire converger, faire participer une communauté d’intérêts.
L’internet d’aujourd’hui, c’est d’être visible : capter l’auditoire, le traffic.
Et pour cela, l’humilité est de rigueur.

Exemple : on connait tous Freud.
Pourquoi est-il plus connu que Charcot, par exemple, dans le domaine de la psychologie ?
Charcot a les mêmes compétences que Freud en son domaine.
A la différence de Charcot, Freud avait su tisser un lien de réseaux en Europe, par des conférences, des publications.
Et capter l’auditoire, l’aura, le public ; et l’intérêt.
S’attacher seul au contenu en pensant qu’on a une compétence légitime n’est pas suffisant.
Comme le disait Keynes « on ne peut avoir raison tout seul« .
Le mythe du penseur de Rodin, pensant seul, s’écroule.
L’autre, et en l’occurence l’internaute, est le miroir nécessaire, qui permettra de faire rayonner .
L’arrivée d’internet ne change pas fondamentalement la donne.

Hormis la technique qui a changé, et l’explosion de la vie numérique, l’internaute est toujours sur une page à la fois sur le web.
Et se concentrera sur ce qui lui semble intelligent, et pertinent.
C’est ce que préconise d’ailleurs Google pour qu’un article soit visible sur le web : le contenu, le contenu, toujours le contenu !

Certains web-addict des réseaux sociaux poussent à multiplier les liens, les commentaires, les buzz.
Comme on vient de le voir :
– cette « médiatisation » du contenu a la vertu de partager, ensemble. Et de donner la visibilité nécessaire au web.
– elle doit être mesurée, pour ne pas tomber dans l’infobésité. Et le silence des octets que personne ne lit. S’attacher donc au contenu.
On lira l’article pertinent de Franck Cyrille, sur les « impostures de l’écriture web« .

L’an 0 du community manager.

regle_3_i_communication_digitaleLe community manager est un nouvel ovni en entreprise.
Il semble né avec internet.
C’est oublier des siècles de fédération de l’information.
C’est oublier le journaliste, celui qui trie l’information pour le journal papier.
C’est oublier les premiers « taggeurs » des articles ( ces fameux mots-clés ) : ils sont nés en 1895. Catégoriser.
Paul Otlet est avocat, et il crée à Bruxelles en 1895 l’institut national de la bibliographie.
Pour organiser ce travail, une classification mondiale est normalisée, via la fiche « normalisée » de 12,5 sur 7,5 cm.

Permettant de formaliser un répertoire universel.

Son objectif est de créer le « livre universel du savoir », en « comptabilisant au jour le jour le travail intellectuel des deux mondes ».
Le travail consiste à systématiser la documentation sur les publications.
Aujourd’hui, vous penserez que Wikipedia a assouvi ce travail dans le numérique.

Comment, donc, être pertinent ?

  • Rompre avec les usages :

Aspiré par le monde numérique, il est naturel de suivre l’usage en cours dans le monde numérique.
Mais justement, l’innovation est bien de faire différemment.
Et pourquoi pas de revenir en arrière :
C’est l’effet jogging, concept développé par Régis Debray.

Reprendre des vieilles techniques ancestrales, plutôt que de foncer sur les usages d’aujourd’hui.

A la lecture des usages de la curation, du journaliste d’antan, les sources sont nombreuses…

Et être différent, c’est pointer exactement ce qu’est l’information, dans sa génèse :

le plus improbable devient le plus important.

Annoncer que la capitale de la France est Paris, n’intéresse personne, et a un degré de 100% de probabilité.
Annoncer une information pertinente, non retransmise par des « follows » ou « retweet », à 1% de probabilité est une information ; au sens scientifique. Et a une valeur.
Comme le dit Google ( en ce sens, le géant américain a un peu raison ) , c’est la qualité du contenu qui est mise en avant.

  • La transparence :

La transparence est une caractéristique fondamentale de la société de communication.
Internet permet de publier des masses d’information. Certaines auparavant privatisées, deviennent publiques.

Ce qu’on appelle l’open data :
la RATP par exemple fournit par exemple des informations pour que les sites communautaires puissent profiter des tracés des lignes, de l’arrivée des rames, etc…
La transparence se traduit aussi par le fact checking ( vérifier des informations, des paroles publiques ou politiques ) :

tout se sait, tout se vérifie.

Et il y a toujours un expert du sujet qui saura répondre à des informations erronées.
Il est donc inutile pour quelconque community manager ou entreprise , ou le blogueur de cacher ou déformer l’information.

  • L’intelligence collective et l’humilité :

Le community manager, ou tout référent « numérique » se doit d’une humilité.
Même s’il est encensé par son expertise, et par la nouveauté de la fonction, on se référera à ce que je viens d’évoquer :

la transparence, et la multiplicité des inter-agissants numériques ( l’internaute expert dans son domaine ) doit pousser à l’humilité.
En intéraction avec des milliers d’internautes, on trouvera toujours plus fort que soi.
L’humilité est donc une caractéristique essentielle de tout communicant sur le web.

Benjamin Bayart, expert de la vie numérique, nous dit : « L’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d’écrire« .

Alors écrivez. Avec nuance, la petite phrase qui captera le web.

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2 Commentaires

Classé dans Billet, Usage internet

2 réponses à “Les bonnes pratiques de l’homme numérique qui écrit

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