Erreur de com’ ? La larme de joie ou de tristesse

La larme coule sur la joue.

Que signifie cette larme ?

Est-ce une larme de joie, ou larme de tristesse ?
La communication non verbale ne permet pas toujours d’être claire.
Et à la différence de la communication verbale, rationnelle et explicite.
Les erreurs de communication reposent souvent sur de mauvaises interprétations de la parole verbale et « non-verbale ».
Nous illustrons ces difficultés de communication, par l’approche de Paul Watzlawick, qui a redéfini un cadre général de la communication.

La communication analogique et digitale.

Rappelons nous : l’homme a cette capacité de communication sur les deux axes : analogique et digitale.
La communication digitale est la communication rationnelle.

Nous avons un cerveau, structuré en neurones. Chaque transmission d’influx nerveux entre neurones définit des impulsions digitales, binaires.

La « computation » permet de calculer, de penser, de réfléchir.
En utilisant toutes les fonctions de logique : le et, le « ou », la négation..
La richesse de la pensée et la complexité de sa structure implique une exactitude, dans la formalisation.
Ainsi, la communication verbale est riche de sens. « je t’aime » ou « je te hais » ; le locuteur a tout compris.

Dans la communication analogique, il s’agit de toute communication non verbale.
Elle regroupe les postures, les geste, les intonations de voix.
Dans une conversation entre étrangers italiens, où l’on ne comprend pas la langue, il est souvent facile de deviner ce qui se noue : l’énervement, la passion, le désaccord, l’enthousiasme.
La communication analogique qui transparaît nous permet de percevoir la relation.
Et c’est là que la communication analogique est la plus présente : dans la relation.
Quelqu’un qui aime, qui fait la cour, qui s’occupe de ses enfants emploie la communication analogique. Souvent, sans devoir parler : le sourire, une caresse, l’intonation.

Il en est de même des animaux.

Lorsque le chat miaule en vous caressant la jambe de sa queue. Il ne veut pas communiquer « Donne-moi du lait ».

Non, le chat n’a pas de communication digitale à proposer. Mais il exprime une relation : « Sois une bonne mère pour moi ».
La communication analogique comporte peu de syntaxe qui permette une communication structurée. Et notamment peu de signes de distinction, de négation.
Par exemple, pour dire « je te veux du mal », l’homme ou l’animal peuvent se montrer menaçant, mordre, crier.
Pour dite « je ne te veux pas de mal », la communication n’a pas de langage syntaxique.
Aussi, les animaux, qui ne disposent pas de communication digitale, usent de la simulation. Entre eux, ils font mine d’attaquer, de menacer, puis s’arrêtent ; indiquant que cela n’est pas leur intention ; au contraire.

Le dauphin, ou « je suis ton ami ».

Le dauphin, pour indiquer qu’il respecte, et ne veut pas de mal à l’homme ouvre sa gueule à dents ascérées, prend la main de l’homme dans sa mâchoire, mais ne mord pas.

Signe de signifier : »je peux te mordre, te vouloir du mal, mais je ne le fais pas ». Ensuite, le dauphin livre à l’homme le bas de son ventre, étant la partie la plus fragile et vulnérable de son corps. En signe de reconnaissance mutuelle.

Voilà comment exprimer la négation ( je ne te veux pas de mal ), par la communication analogique.
Il est évident ici que ces mécanismes de communication sont complexes, et pas forcément explicites.

Les erreurs de communication analogique et digitale.

Comme nous l’avons vu, les niveaux de communication digitale et analogique sont différents.
Passer d’un niveau à l’autre nécessite une traduction. Et comme toute interprétation, elle est sujette à des erreurs.

De la communication non verbale à la communication verbale : l’erreur de traduction.
Dans un interrogatoire de police, un individu tremble, a des sueurs.

Quelle signification digitale ( raisonnée ) peut y mettre un inspecteur de police qui l’interroge ?
Ou bien l’individu est coupable, et le policier traduit cette nervosité par un aveu de culpabilité.
Ou bien l’individu est innocent, et ses gestes ne sont que le reflet du désarroi d’un innocent pris dans un système policier qui le dépasse.
C’est au policier de déterminer, selon sa conviction, son interprétation.
On notera ici qu’il n’est pas possible de déceler dans le comportement « analogique » ou non verbal un choix discriminant entre deux vérités. Le caractère analogique ne dispose pas les syntaxes du « ou ».
L’erreur courante de communication est la mauvaise interprétation, traduction.

Supposer un message analogique inexistant.

Bateson introduit une erreur flagrante courante : supposer qu’un message analogique est par nature assertorique ou dénotatif , comme l’est un message digitale :
« Quand une pieuvre ou une nation fait un geste de menace, l’autre peut en conclure « elle est forte », ou « elle va attaquer », mais cela ne figure pas dans le message original. Le message à vrai dire ne dénote rien, et il serait plus juste d’y voir l’analogue d’une proposition, ou d’une question dans le domaine digital« .
Paul Watzlawick souligne ce fait :

« les messages analogiques appellent la relation, et ils sont donc autant de proposition concernant les règles futures de la relation« .
Par mon comportement, je peux signifier ou proposer l’amour, la haine, le combat, etc.., mais c’est à vous d’attribuer une valeur de vérité, positive ou négative, future à mes propositions.
Inutile de dire que c’est la source d’innombrables conflits relationnels…

De la communication digitale à la communication analogique.

Une conséquence directe de la communication est en général la perte partielle de l’aptitude à la métacommunication sur les aléas de la relation.

Je ne peux pas parler avec ma raison, des explications sur mon problème de communication.
Le retour à l’analogique d’une communication digitale à une communication analogique peut être bienfaitrice.
Se serrer les bras, lorsqu’on à peine à expliquer son désarroi avec les mots.

On peut y noter également les symptômes de conversion symbolique des rêves, qui sont d’une certaine manière des messages analogiques ( images, perceptions sans sens raisonné ).

Communiquer, c’est user de tous ses sens.
Maîtriser les deux canaux ( analogique et digital ) est primordial ; au moins en avoir conscience.
La bonne pratique de communication est d’user le bon mode, au bon moment : pratiquer le sens, ou la relation !

En savoir plus !

La logique de la communication : les 5 axiomes de la communication.

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5 Commentaires

Classé dans Bonnes pratiques de communication, Mes propres textes

5 réponses à “Erreur de com’ ? La larme de joie ou de tristesse

  1. « A person exists by differentiating self from other and by connecting self and other » (Gary Yontef in Awareness, Dialogue and Process).
    Pour abonder dans le sens de cet article, la communication (au sens connexion entre soi et les autres) est même vitale, puisque c’est à travers elle qu’une personne/soi peut exister en tant qu’individu (et donc différencié des autres).

  2. Pingback: Paul Watzlawick Une logique de la communication | Zeboute' Blog

  3. Pingback: La communication analogique des dauphins, et digitale de l’homme. | Zeboute' Blog

  4. Pingback: La communication d’aujourd’hui, web ou pas web, revisitée. | Zeboute' Blog

  5. Pingback: Infographie de la communication, selon Watzlawick | Zeboute' Blog

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