Parler aux machines, l’histoire jusqu’à Siri

« Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, il y a la réponse de Siri« .

Voilà le slogan des nouveaux outils numériques d’Apple. Pas besoin de tapoter, à la voix, on peut parler à sa machine, son ordinateur, et obtenir une réponse.

Il y a bien longtemps que l’on parle à son ordinateur, souvent par juron, lorsqu’il buggue, et qu’il faut le rebooter. Mais jamais l’ordinateur ne nous répondait.

Aujourd’hui, c’est fait. Mais on devrait dire, depuis bien longtemps. Petit rappel !

Parler au machines, c’est considérer qu’elles peuvent réfléchir. Ou penser. Les relations entre l’homme et la machine ont été source de nombreuses littératures. On lira : les machines peuvent-elles penser ?

Avant de parler aux machines, et les considérer comme notre égal, quel est le test que doit passer la machine pour que l’on accepte de parler à si étrange objet ?

C’est l’objet du texte fondamental,  du Test de Turing, qui aujourd’hui encore suscite tous les ans un challenge auprès des chercheurs. Passer ce fameux test. Tous les ans, un prix , le Loebner Prize Gold Medal, est décerné aux travaux  qui pourraient passer ce fameux test.

On lira un commentaire et un extrait de cet article majeur dans les sciences de l’information, et de l’intelligence artificielle : le test de Turing

De la théorie, la pratique a essayé de suivre ce test.

  • Le programme Parry, de Kenneth Colby, dans les années 1960 est censé imiter des paranoïaques.

De fait, les réponses et dialogues de la machine ont été mélangées à de vrais patients. Les psychiatres ne purent les départager.

La structure est assez simple : le programme repère les mots clés de la question ou de l’affirmation, expurge toute syntaxe et style. Il confectionne ensuite une phrase en reprenant les mots clés. Lorsque le programme n’aboutit pas, il demande des précisions ; comme le ferait un humain.

  • Le programme Eliza.

Inventé par Weizenbaum, ce programme simule les intéractions entre un psychanalyste et ses patients. Les patients qui eurent affaire à ce thérapeute virtuel en furent satisfaits, et quelques-uns lui devinrent même attachés, et continuèrent à le consulter…

Le programme peut être consulté en ligne : Programme Eliza

  • Le programme CleverBot.

En 2008, Rollo Carpenter a développé le logiciel Cleverbot. Il souhaitait faire apprendre à la machine, petit à petit des phrases, afin de converser naturellement avec l’humain.

Il est possible de converser avec CleverBot, ici. Il parle également français.

Cleverbot a remporté, en 2010,  un prix lors de la BCS Machine Intelligence Competition. Le logiciel, plus puissant que celle fournie sur le lien ci-dessus, a ainsi réussi à se faire passer pour un être humain auprès de 42,1% des volontaires qui ont échangé avec CleverBot !

Le test de Turing est bientôt passé !

  • Les programmes à nos usages quotidiens.

Obtenir la bonne réponse à sa question, voilà l’enjeu qu’à travaillé Google, et en fait le leader dans cette technologie.

Son succès, au-delà de l’algorithmie, est la puissance des machines dans leurs calculs. C’est ce qu’Alan Turing soulignait, lorsqu’on trouve les machines peu efficaces, idiotes, et limitées…

Les usages, qui semblent novateurs, comme Siri, ou Google, utilisent les faibles besoins de l’humain. Il s’agit peu d’intéragir avec le locuteur, l’humain, mais trouver ce qui répond à un mot, à un besoin limité.

Le fait de donner sa géolocalisation, le mot-clé que l’on recherche, fournit l’information triviale que les moteurs de recherches, écrits ou vocaux ont vite fait aux moteurs de savoir ce que l’on cherche.

Google a annoncé dans son prochain moteur de recherche, en 2013, la recherche sémantique naturelle.

C’est à dire répondre de façon naturelle à une question, comme le fait Siri ( Apple ), pour la voix. « Je cherche les horaires de bus devant chez moi ». Google fournira les horaires de la ligne 3bis, en indiquant « Dans 10 minutes, vous avez un bus qui part à côté de chez vous ».

D’autres sites proposent déjà cette recherche naturelle, telle Wolfram.

L’intimité avec son joujou numérique est encore en recherche.

A suivre ! Et n’oubliez pas Alan Turing, c’est celui qui vous permet de lire ce texte… Alan Turing.

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2 Commentaires

Classé dans Billet, Communication, Histoire science de l'information et de la communication, Usage internet

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