le blog comme une hyper extension de soi

156 millions de blogs sur la toile. Chaque jour, 1 million de nouveaux billets sont publiés.

[ source : Wikipedia – Blog ]

Le rêve de tout bloggeur est réalisé :

pouvoir partager avec des millions d’internautes son humeur, sa passion, son hyper-extension de soi.

Mythe ou réalité ?

Focus !

Le blog a été l’une des premières nouveautés de ce qu’on a appelé le Web 2.0. : créer son blog, publier des billets facilement, sans compétence technique particulière.

Le succès a été immédiat, comme les chiffres précédent l’illustrent.

L’intérêt, vite compris, du blog est de pouvoir partager sa passion, son humeur, au fil du temps.

Mais comme toute activité, la constance est de rigueur. Publier régulièrement des billets nécessite du temps, de la régularité.

La visibilité des blogs sur le web a été un frein sur la continuité, la régularité des bloggeurs.

Pour être lu, il faut du contenu. Et une qualité éditoriale.

Ainsi, telle la loi darwiniste, seuls les bons blogs ont résisté au silence du web. Beaucoup de blogs, toujours référencés ne sont plus alimentés. Dernier billet à 2009…

Comme le note Wikipedia,  » rares sont les blogs qui affichent une grande longévité, et l’écrasante majorité des blogs ont été abandonnés par leurs auteurs « .

Dans les statistiques de novembre 2011, de Email-Brokers, seuls 7% des 2,6 millions de site français, sont des blogs.

Ainsi donc, même si les nouveaux outils tels que les smartphones, les tablettes telle l’Ipad coupent les doigts, et le clavier, écrire un blog reste et demeure un formidable vecteur de communication, et d’étendre son « inner-life » ad eternam, anytime and everywhere !

L’hyper extension de son fort intérieur.

Comme un journal de bord, ou un journal intime, le blog est l’apothéose de ce que tout Platonicien, dans l’Antiquité : pouvoir faire exister sa pensée, partager son logos.

Certes Platon ou Socrate se méfiaient du média, de cet intermédiaire qui dénature la pensée, qui n’est pas vivante ; mais lue a posteriori.

Cependant, faire exister sa pensée sur internet a ces avantages ontologiques :

  • La pensée devient géographiquement illimitée  ( ce billet est lu au Canada, ce billet est écrit à Dunkerque, loin des lieux dits « culturels »  comme les intellectuels et/ou artistes parisiens ).
  • Elle est mémoire, et peut être lue tout le temps  ( les insomniaques liront ce billet à 3h30 du matin ).
  • Elle est intemporelle : ces bouts de pensée sont sauvegardées et « imprimées » sur de grands serveurs, appelés datacenter, surveillés, sauvegardés.

En bref, le blog permet de rendre universel dans le temps et l’espace sa pensée, son histoire.

Elle répond à cette transmission de la pensée chère à Régis Debray ( la médiologie ) : transmettre.

La limite de cette extension de soi est la limite technique. Le livre papier a une durée de vie limitée ; la donnée numérique peut se liquéfier en bien moins de temps… J’ose espérer que ma nièce de 4 ans me lira à ses 60 ans, lorsqu’elle se demandera qui était Zeboute…

D’un point de vue ontologique, le blog est une vraie « extension » de son cerveau sur 2 aspects:

  • La mémoire :

écrire un billet, c’est imprimer la marque de sa pensée, de manière atomique, ou synthétique.

  • L’hyper-texte neurologique :

la réflexion humaine imprime des liens, des empreintes dans son cerveau. D’une pensée, on passe à l’autre via des liens synaptiques, des retours-arrière, à l’image de ce qu’on appelle dans le langage interne les liens hyper-texte. C’est à dire, sur un mot, sur une réflexion, pouvoir sauter sur une autre pensée, une autre réflexion, au gré de son activité psychique.

L’exigence éditoriale

Penser pour soi même est limitatif , car exister, c’est par la confrontation aux autres.

Par les idées, la perception. C’est l’Autre qui nous construit et nous reflète, par un miroir, ce que l’on est.

L’écriture sur son journal intime, ou journal de bord, perdu dans une armoire n’a pas de grande portée, sauf pour les êtres qui nous entourent. Ecrire pour les autres et être lu nécessite exigence.

Ecrire un billet de qualité relève des mécanismes d’écriture, et en ce sens, est une écriture littéraire à part entière.

 

Le blog, has been ?

Dans les nouveaux usages numériques, le blog pourrait déjà paraître dépassé. « T’écris un blog ? ». [ sous-entendu : c’est dépassé ]

A côté du micro-blogging, comme Tweeter, les humeurs écrites sur les murs de Facebook, dans un format court, le blog a toujours sa place.

Sur les points suivants:

  • les réseaux sociaux sont essentiellement une aggrégation, ou une de liens vers des articles de fond, qui sont des blogs en général.
  • Le blog reste intemporel ; il reste, tandis que les tweets, ou les commentaire sur facebook, ou liens aggrégés par ce qu’on appelle les « curators » sont éphémères.
  • Les billets des blogs sont une vraie construction de forme et de fond, dans les propos qui y sont tenus. Ils permettent un recul, et ne relèvent pas du buzz ( pour les blogs de qualité ).

Ecrire, avec les outils numériques d’aujourd’hui est compliqué.

La petite poucette, chère à Michel Serres, n’a qu’un doigt. Et ne peut plus écrire. Le bloggueur est devenu aujourd’hui celui qui est exigent, comme l’écrivain qui suait avec son stylo sur une page blanche : La petite poucette n’a t elle qu’un doigt ?

Le blog ne triche jamais.

Comme on l’a évoqué précédemment, le blog est l’objet démocratique par excellence. Chacun peut s’y essayer. Il ne faut pas être journaliste, ou expert revendiqué. Juste avoir la passion, et l’exigence.

Tout le monde n’a pas la chance, ou l’opportunité d’être écrivain, journaliste. Mais pouvoir être l’égal de ces professions est possible. Pourvu qu’il y ait de la passion, de l’exigence, et de la constance.

Le blog est un objet démocratique. S’il n’est pas qualitatif, il n’est pas lu.

Et on retiendra sur chacun de nos surfs, il y a une énergie, une exigence [ ou pas ] derrière un billet.

Puisse Google oublier le modèle économique et présenter les meilleures illustrations d’un monde numérique accolé à un monde terriblement humain… 

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9 Commentaires

Classé dans Condition humaine, culture, Histoire science de l'information et de la communication, Littérature, médiologie, Mes propres textes, Plus loin, Point de repère, Usage internet

9 réponses à “le blog comme une hyper extension de soi

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  3. « Le blog est un objet démocratique. S’il n’est pas qualitatif, il n’est pas lu. » Curieuse affirmation. Je ne vois pas le lien. D’autre part, hormis sur les revues automobiles, « qualitatif » n’a pas le sens de « de bonne qualité » ou bien « ayant de l’intérêt ». Bon je suis ronchon mais globalement je trouve vos arguments très pertinents !

    • Bonjour,
      Merci de votre remarque, même un peu ronchon 🙂
      Je parle d’objet démocratique, dans le sens, où ce sont les lecteurs qui décident ou pas de la qualité et de l’intérêt du blog. C’est la « sentence » du peuple numérique en quelque sorte. S’il n’est pas pertinent, le blog ne sera pas lu.

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