
Michel Foucault est l’essayiste visionnaire, qui a su décortiquer l’histoire de la surveillance au XXème siècle. Et punir.
Dans « Surveiller et Punir« , il explique l’évolution de notre société. Et toujours visionnaire, dans un temps où la surveillance systématique se déploie . En Chine, avec de la reconnaissance faciale, et même en France, avec des projets « en test » aux Jeux Olympiques de Paris.
Comprendre pour mieux décider !
Petite histoire de la surveillance et du supplice.
La surveillance dans nos société est d’abord là pour détecter les mauvais faux pas des citoyens. Et de punir.
La punition au XXVIIIème siècle, en France est celle du supplice. L’échaffaud, la torture en place publique jusque la mort du condamné. Un temps où on brûle avec de la cire. Ou l’on déchire à coups de tenaille.
Heureusement, ces temps sont finis, jusqu’à ce que Robert Badinter mette fin à la condamnation en France. Pas si lointain…
Le supplice en ces temps doit être gradué, codifié. Fait partie d’un rituel où le corps est meurtri, symboliquement. Marquer le corps au fer rouge. La sentence est décidée de manière secrète. Elle n’est pas binaire « le condamné est coupable ou ne l’est pas ». Il l’est toujours. Seule la punition est graduée.
La décision de la sentence est toujours publique. Le condamné doit avouer publiquement son crime. Et l’exécution doit être publique. Pour faire peur à la population. La décision du prince, du roi doivent marquer les esprits.
La surveillance et le supplice cachés

Le spectacle mis sur la place publique a disparu petit à petit ; la violence amena la violence du public ; parfois même des rébellions.
Le supplice se fera dans les murs de la justice. Dans le silence. Et surtout, on ne touchera plus au corps. Le corps n’est plus le sujet de la punition.
Ce sera l’âme. La privation du corps ( par la mutilation ) devient privation de liberté, privation de l’âme. On s’intéresse alors à la psychologie du condamné.
La condamnation ne prend pas seulement en compte le crime lui même, mais les raisons pour laquelle il a été commis. Si le criminel était psychologiquement conscient de son état ; et si le condamné avait des circonstances atténuantes.
Surveillance et discipline.
Le milieu carcéral est donc un lieu de surveillance et de discipline.
Pourtant, depuis le XIXème siècle, la surveillance et la discipline se sont développés ; hors du milieu carcéral.
- Dans le domaine militaire : les camps construits sont devenus géométriques ; les tentes orientées pour qu’on puisse observer les soldats
- Dans les cités ouvrières où on construit de manière paternaliste des villes offertes aux ouvriers pour mieux contrôler leur activité.
- Dans les hopitaux ; où de large travées permettent d’observer les malades ; loin des chambres individuelles.
La surveillance généralisée de nos temps modernes.

On pourrait penser que la surveillance généralisée est l’apanache d’un autre temps.
Pourtant aujourd’hui, les techniques de panoptique ( cher à Beitham ) sont encore les usages modernes :
- sur les lieux généralisés de surveillance, l’open space est le lieu où on peut contrôler. Et surtout où chaque individu s’auto contrôle ; car il sent qu’il n’est pas seul.. Le recyclage désuet des camps militaires ou des hôpitaux : voir, se faire voir pour influencer.
- La discipline et le contrôle : aujourd’hui, dans ce qu’on appelle « l’agilité », c’est aussi inscrire l’engagement dans les 3 semaines ; même pour des activités intellectuelles. La mesure de l’activité sur les chaines de production, selon Taylor, dans l’automobile est maintenant élargie aux tâches intellectuelles. On demande aux développeurs informatiques ( BAc+5 ) de s’engager sur des tâches à accomplir. Sous un discours bienveillant ( comme les patrons paternalistes pour les ouvriers ), le résultat est le même : la mesure et le contrôle de l’activité.
- L’examen : la réussite des élèves sous l’ancien régime était sanctionnée par l’examen. une manière pour les professeurs de valider leur enseignement, de contrôler. Et pour les élèves les engager à réussir un objectif. Aujourd’hui, les « certifications », les validations de sa formation ( Cloud Google Reward ) reproduisent ce schéma ancestral de la validation ; on-line et toujours.
Michel Foucault a ainsi écrit l’histoire de la surveillance, de la discipline ; qui a encore valeur aujourd’hui.
On relira ici les 2 billets que j’ai écrit ; pour approfondir :
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