Petite chronique, premier jour du confinement

Je suis un être humain. Comme la moitié de l’humanité, je suis chez moi. Comme vous.

En m’interrogeant sur le sens de la vie. De protéger sa santé.

Tous humains.

Revenons sur le jour 1 du confinement.

Mon vécu est personnel, et peut être décalé par rapport à ce que beaucoup apportent dans l’urgence aux malades, à permettre que les gens puissent toujours se nourrir.

Retour en arrière.

Janvier, Mardi, 7h50.

Sur mon smartphone, en petit, sur quelques vidéos et fil d’actualité, quelques cosmonautes envahissent une ville. Ils sont vêtus d’une tenue blanche, avec masque. Et déambulent, le pas un peu maladroit dans une ville. En face d’eux des gens en t-shirt déambulent. Sont-ils chinois.

Quelques signes que je ne comprends pas en chinois inscrits sur l’écran.

Je zappe le post sur mon smartphone, c’est loin.

Je passe à une autre info. Un buzz sur une star française prise sur le fait dans le vol dans un magasin.

Un mois plus tard, jeudi 17h50.

Le temps est chagrin, il pleut.

En regardant par la fenêtre, je positive. L’eau qui coule va enfin aider à éviter les problèmes de sécheresse de l’été passé.

Je regarde les gouttes tomber. Je regarde le monde tomber.

J’en profite pour faire un like sur facebook sur un post sur le réchauffement climatique.

C’est mon engagement bas de gamme et peu citoyen. Je sais que si je like, l’information remontrera dans les actualités de pas mal de monde. Mon engagement citoyen à deux balles.

Je me souviens juste de Stéphane, un jeune de 24 ans qui crie avec désespoir que sa génération n’a aucune perspective. A cause des catastrophes climatiques qui se pointent bientôt.

J’ai ouvert l’armoire et mangé un petit LU en chocolat. Histoire de baisser le stress et l’angoisse. En lisant collé à mon smartphone à la vie morbide en continu.

Je passe trop de temps sur ces foutus réseaux sociaux. Mais le voilà addictif. Tant pis pour moi.

Je n’’ose pas appeler un psychologue pour aider à diminuer ces drogues addictives qui polluent quand même bien ma vie.

21h00.

J’ai adoré Rome, en me baladant l’année passée. On y côtoie les arènes des romains, le moyen âge, le baroque italien. Dans des monuments emprunts d’histoire et de beauté.

la culture de siècles et ‘histoire dans un même lieu.

Ça me plaît, j’ai l’impression de voir la Time Line de notre condition humaine, de notre histoire. Au même endroit.

Sur l’écran de mon smartphone, je reconnais les lieux que j’ai visité. Flâné.

En tout petit, j’ai un petit smartphone.

Les places sont pourtant vides, sur le reportage que je scrute avec sidération.

à un détail près.

Les places sont vides. Même les places royales.

Le détail, ce sont sur les places une file longue d’italiens.

En file les uns derrière les autres. Des italiens qui font la queue dehors, alignes les uns derrière les autres. A bonne distance, remplissant l’extérieur du supermarché. Scène surréaliste.

Les files devant les magasins russes. En manque de nourriture.

Les flashs dans ma tête sur l’histoire du rationnement de bousculent. 1989, la chute des régimes communistes. Les files dans les magasins par peur de manque, de crise.

Je remets en ralenti la vidéo sur cette place. Bien italienne. Des gens font la queue au supermarché. L’Italie est entrée dans un confinement.

Situation étrange, d’un pays que j’ai foulé. Et dont je connais quelques collègues.

C’est encore loin. Les images des vidéos peuvent disparaître. Par enchantement. Il me suffit de cliquer sur la petite croix en haut à droite.

Un mois, plus tard, 10 h 40.

Ce matin, il fait beau. Depuis 5 jours le soleil est parmi nous.

Je suis dehors, profitant du soleil et de l’air un peu frais.

Je suis sur un parking, devant un supermarché. A côté de Lille, à Cora Villeneuve d’Ascq.

Une longue queue, silencieuse et disciplinée avec des caddies en plastique.

On attend lentement à entrer dans le supermarché.

L’image des italiens faisant la queue me revient. Ça me paraissait si loin. L’image m’a rattrapé. Sur mon smartphone, le long fil d’actualité est moins sentimental.

Les italiens et les français apparaissent ensemble, sur le même hashtag #confinement ou #covid-19.

On peut parler d’Europe, d’humanité, de l’être universel, de séparer les nations, les pays. Et chacun pour soi.

Pourtant en regardant ce fil d’actualité sur mon smartphone, sur Twitter et facebook, je retrouve un petit goût à l’humanité :

On est tous dans la même galère, et tous sur le même bateau. Chinois, américains, espagnols, belges, anglais.

Les chiffres montent comme à la loterie.

Une seule humanité, dans la même captation de ces molécules maléfiques dans nos corps.

Nous avons tous le même cerveau, le même cœur, la même énergie, les mêmes rêves et désespoirs.

Bon aujourd’hui, on a la même angoisse c’est sûr.

Et les mêmes combats de résilience à tenter de vivre avec ce couvre feu maléfique qui pourrait nous sauver.

Être tous avec soi même. Au mieux avec sa famille.

La moitié de l’humanité réunie pour une fois dans la même stupeur.

14 h 00.

Il est quelle heure ?

14 h 00.

Confiné, ah, oui, la notion du temps a disparu.

Le temps s’est étiolé.

Pour celui qui se retrouve avec lui même, c’est un virage intéressant. L’expérience ultime de la condition humaine. Être seul avec soi même.

Dans un moment où l’on doit rester seul, dans un même endroit, c’est un moment imposé universellement un peu intéressant.

Des parasites peuvent annuler cette réflexion spirituelle. En s’évadant verticalement, en appelant l’aide de Dieu.

En s’évadant, en se scratchant contre les écrans numériques, la télévision, les séries proposées en boucle. Le monde du divertissement et de l’anéantissement intellectuel a repris les armes.

Certaines chaînes deviennent gratuites. On inonde le monde télévisuel de vieux films, de séries pour cultiver l’état d’hypnose.

En attendant de sortir de ce monde un peu particulier.

La peste.

Ce matin, sur mon blog, je souris. Mes statistiques de lecture ont monté. Sur un article, les lectures de Camus. On revient aux essentiels.

Parce qu’Albert camus avait écrit un roman essentiel, la peste.

D’un point de vue réel : la peste.

Et d’un point de vue métaphysique : comment vivre dans un monde de peur, où le lendemain n’est plus concevable.

On remarquera que le lendemain impossible était déjà propulsé par la catastrophe climatique. Sans écho.

A la différence, la catastrophe sanitaire du conivarius a déclenché des milliards de dollars et d’euros.

Le sujet est le même.

Que deviendra notre futur ?

On attendra sagement en sortie de crise les mêmes effets catastrophiques quant au climat.

Et on réagira.

La bonne nouvelle de cette crise mondiale c’est qu’elle relie les hommes.

Et que cela soit pour la santé immédiate ( le conivarius ) ou la santé de la crise climatique, on aura compris qu’on pourra mettre les efforts. La seule chose, plutôt avant que cela soit dramatique comme nous le vivons en ce moment.

A suivre.

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