Le Hoax ou la rumeur vombrissante numérique

enfant-internet-école-apprentissage-médiologieInternet est un fabuleux outil de connaissance.
Et derrière une trouvaille, une information, se méfier.
A soi de vérifier. De capter la bonne information.
On dit que les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas existé.
On dit que le génocide des juifs n’a pas existé.
Je l’ai vu sur le web. C’est vrai ?
Et quoi d’autre ?

La désinformation est omni-présente, elle n’est pas nouvelle.
La fin des grands conflits du XXeme siècle et la guerre froide entre les Etats Unis et la Russie a rendu plus subtile les désinformations.
Les dictatures sont toujours là, mais moins visibles.
L’exemple,ici, rappelant que le journalisme indépendant doit toujours perdurer :

La vigilance de l’information.

A moindre mesure dans nos sociétés plutôt tranquilles, loin des dictatures évoquées ci dessus, perdurent d’autres désinformations ; les rumeurs, les peurs.
Dans une société confortable, il faut trouver d’autres peurs.

Le Hoax, la rumeur ( numérique ) à détruire
Cest l’objet du Hoax.
Le hoax est une rumeur, un canular, une fausse information.
Elle est largement véhiculée par les réseaux sociaux, par les mails.
« Attention, les vignettes rouges sur les emballages indiquent une toxicité du produit. On nous ment ». C’est faux.
Ce genre de messages remplissent nos boîtes mails. Et souvent, on les rediffuse.
Le lobby gay ? le lobby nucléaire ? le lobby des agro-alimentaires ?

Généralement ces messages s’attachent à de petites choses : « EDF ponctionne 1 euro sur nos factures, anarque ! », « l’Etat a réduit nos retraites dans notre dos. »
2013 a été malheureux en France sur un projet de mariage pour tous, et notamment pour les homosexuels.
A l’étranger, comme en Angleterre, ce sujet a été un non-évènement, et normal.
En France, il a déchainé les rumeurs, les désinformations ; la famille comme menacée.

Et un an après, la France n’est toujours pas menacée par le mariage gay.
Les peurs ont provoqué ces déferlements de mails, d’invectives sur les réseaux sociaux en véhiculant de fausses informations.

Généralement ces rumeurs sont là pour entretenir une certaine conspiration face aux « géants », aux « méchants », à toutes les positions dominantes commerciales, politiques.
Depuis que la guerre froide entre les Etats Unis et la Russie s’est effrondée au XXème siècle, il faut toujours un méchant, un bouc-emissaire. Un nouvel ennemi.
Dans le langage du XXieme siècle, cela s’appelle « la conspiration ».
Cette peur face à la conspiration a tragiquement provoqué un génocide au XXème siècle avec l’extermination des juifs, et provoqué une guerre mondiale.
Aujourd’hui, la peur de la conspiration renaît : la négation des attentats aux Etats-Unis du Trade Center, l’extermination même des juifs.
Ces peurs ancestrales de l’autre, de l’inconnu, de la conspiration rejaillissent de manière plus anecdotiques mais puissantes, dans notre quotidien.
A travers ces Hoax.
Le hoax parait anodin, anecdotique, mais peut être ravageur.
La rumeur est là pour propager des idées fausses.
Quelque chose sur quoi on peut canaliser nos propres angoisses, peurs.

Le monde numérique, l’accélérateur du « malware ».

Internet a accéléré la viralité de l’information. Surtout quand elle est erronée.
Via les mails, les tweets sur Twitter, ou sur Facebook.

Face à ces rumeurs ( qui historiquement n’ont jamais pu être jugulées, même avant l’arrivée des nouvelles technologies ), peu de moyens sont possibles.
Le propre de la rumeur est qu’elle est subtile, mouvante, incontrolée.
Et les démentis ne peuvent la faire taire.
On se souviendra d’un moment médiatique où Isabelle Adjani était venue sur un plateau de télévision pour indiquer qu’elle allait bien pour enrayer une fausse rumeur.
Mais la position de son bras avait resuscité des confirmations des rumeurs…

L’arrivée des nouvelles technologies tel internet ne permet pas de taire ces rumeurs.
Alors qu’une simple vérification permet tout à chacun de découvrir.
Les sites malveillants, racistes, homophobes relaient des informations trompeuses.
L’usage des citoyens est bien d’être vigilant à ce phénomène.
Sur Facebook ou Twitter, on vérifiera ce qu’on voit. On évitera de partager à d’autres ce qui nous semble irrationnel, stupide.

Voilà la force d’internet ( la démocratie et l’autonomie de chacun à diffuser de l’information ), et sa faiblesse ( la viralité empêche aux vraies informations de rendre la vérité ).

Les contre-techniques.

Les contre techniques de ces rumeurs sont pauvres, mais nécessaires.
Leur efficacité est redoutable sur les spams de fausses informations, car une recherche sur internet permet immédiatement de trouver l’erreur.

  • Hoaxbuster.

Le site francophone hoaxbuster recense ces hoaxs. Il demande soutien financier. Et permet de manière efficace de vérifier les mauvaises informations véhiculées sur le web.

On lira un article intéressant du Monde à ce sujet : Qui est Hoaxbuster, le site qui débusque les rumeurs.

  • Le Fact Checking.

Le fact checking est un nouveau concept né d’internet, et qui s’est propagé dans l’usage du journalisme : vérifier ce qui est dit.
Europe1 tous les matins use de cette réflexion salvatrice : A un politicien qui annonce des chiffres, des faits, le journaliste vérifie, et annonce à ses auditeurs si cela est vrai. ou pas.
Cette pédagogie de la vérification permet aux citoyens de ne pas prendre pour acté ce qui est annoncé. Et il a un effet salvateur : on peut vérifier. Et ne pas mettre tous les acteurs de la société dans le même bain, en prétextant que « tous nous mentent ».
Le fact checking est proprement dit la vérification de faits annoncés sur les médias.

  • A l’usage du citoyen.

Mon objet ici est de ne pas être donneur de leçons quant aux usages que l’on fait d’internet.
On trouvera cependant ici les bonnes pratiques, évidentes :

*  le buzz rigolo

Les blagues sur les noirs, les femmes, les homos sont parfois drôles.

Mais comme l’a indiqué Freud : « la blague est une insulte de non-dit« .
Derrière un caractère drôle se cache finalement une vraie insulte qui ne dit pas son nom.

Internet est une profusion de buzz rigolo, de vidéos moqueuses.

A chacun de clarifier sa conscience : puis-je cautionner ce que je vois, et surtout, dois je le partager à d’autres parce que c’est cocasse, ou cela va faire rire ?
Citoyen numérique, ne soyons pas le beauf numérique qui partage des vidéos, informations abjectes, abrutissantes.

* l’information non vérifiée.

Les informations véhiculées sur internet ne sont jamais vérifiables, sauf si elles proviennent de sites de confiance comme lemonde.fr, par exemple.
Alors rechercher sur le web la même information qu’on a trouvé permet généralement de la confirmer.
Car heureusement le web permet de rétablir en position dominante les bêtises du web.

Grâce aux journalistes, les réseaux tel Hoaxbuster.

 

2 Commentaires

Classé dans Billet, Communication, Usage internet

2 réponses à “Le Hoax ou la rumeur vombrissante numérique

  1. Pingback: Dictionnaire de la vie numérique, du web, et des réseaux sociaux | Zeboute' Blog

  2. Pingback: Se marrer sur les sites parodiques, le bon sens partagé ! | Zeboute' Blog

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