Dictionnaire des paradoxes

dictionnaire_objet_mediologie_sémiotiqueLa vie est un paradoxe.
Du berceau, on se construit toute une vie. Pour mourir.
Les paradoxes sont des idées, à première vue choquante à l’esprit humain.
Ils sont pourtant partout présents, et devraient en soi, ne pas exister.
Petit lexique des paradoxes.

double_contrainte_communication_bloqueeLe paradoxe est un non sens de l’esprit, du comportement. Quelque chose qui heurte notre pensée, d’un point de vue rationnel et logique.
Le fumeur fume en sachant pertinemment que cela détruit sa santé.

Ce concept de paradoxe existe, nous heurte, mais il se noie dans notre quotidien…

Le paradoxe est aussi une incapacité à considérer un ensemble de fait cohérent : un bug, une faille vient détruire un système construit.
Voici un dictionnaire de tous les paradoxes, formalisés et conceptualisés.
Cher à Edgar Morin, il a vocation à illustrer de manière transverse tous les domaines artistiques, mathématiques, psychologiques du paradoxe, et de la contradiction au sens large.

Axiome de Paul Watzlawick : on ne peut pas ne pas communiquer.
Paul Watzlawick est théoricien de la théorie de la communication.

Il formalise dans ses axiomes de la communication qu’on ne peut pas ne pas communiquer.
Il est ainsi paradoxal que même en ne voulant pas communiquer, on  communique…

  • Exemple : 

– A l’aéroport, un passager endormi bras croisés sur son siège ne communique pas au sens propre, mais communique à celui qui le voit qu’il souhaite ne pas être dérangé, qu’il est fatigué..
– Je ne réponds pas à un mail, c’est communiquer à l’autre que je ne veux pas de relation avec lui.

Boucles Etranges.
Les boucles étranges sont un concept introduit par Douglas Hofstadter.
Ces boucles illustrent la surprise de la pensée devant des phénomènes qu’on pense linéaire, mais qui au contraire se bouclent en revenant à un état initial.
Dans son texte majeur « Gödel, Escher et Bach« , Douglas Hofstadter met en transversalité ces étrangetés d’un point de vue graphique ( Escher ) , mathématique ( Gödel ) et musical ( Bach ).

  • Exemple :

Le mouvement perpétuel, Escher.

Canon de Bach.

Les canons de Bach emploient des thèmes musicaux où les notes de musique montent en tonalité, par intervalles, en introduisant plusieurs voix.
A un moment donné, les notes retombent sur la tonalité initiale. Déroutant : la fin du canon qui devrait s’éloigner de la tonalité initiale y revient, magiquement.

Double contrainte.
La double contrainte est un concept démocratisé par Bateson : elle concerne les relations humaines et la communication humaine.
Elle correspond à l’antagonisme de deux comportements sur lesquels le sujet ne peut choisir et se voit acculé.

  • Exemples.

– Le photographe qui nous dit « soyez naturels ». Par cette formule, on chasse le naturel devant la pose.
– La maman qui dit « si tu m’aimes tu gouteras à la soupe » : l’enfant aime sa mère mais n’aime pas la soupe. il ne peut choisir…

Escher.
Escher est un graphiste hollandais qui illustre dans ses dessins des boucles infinies : un élément graphique qu’on pense linéaire et fini surprend par son caractère infini.

  • Exemple :

escher_main_dessinant_hofstadter

Mouvement perpétuel, Escher.

Paradoxe analogique et digital.
La communication verbale rassemble les éléments logiques de la pensée, de l’expression ; la communication analogique rassemble tous les éléments non verbaux mais qui procèdent à communiquer : mes gestes, ma respiration, le ton de ma voix.
souvent ces 2 modes de communication sont contradictoires.

  • Exemple :

je peux faire un exposé intelligent, confiant et logique sur le fond, mais si je m’exprime en tremblant, je véhicule un manque de confiance.

Paradoxe du crétois.
Le paradoxe du crétois est un exemple illustre de la limitation de la rationnalité, et de la pensée logique.
Le crétois dit : « tous les crétois sont des menteurs ». S’il dit vrai, alors la formule est vrai, et donc il ment ( et la formule est fausse … ). S’il dit faux, le crétois n’est pas menteur, et la formule est vraie…

Paradoxe ontologique de la communication.
Le paradoxe ontologique est une contradiction pour tout être humain qui désire utiliser ses premiers mots pour communiquer :
pour pouvoir communiquer avec l’autre, je ne peux choisir mes mots, il faut « entrer dans l’orchestre » avec les autres :
M’immiscer dans les règles de bien-séance, les règles de politesse, avant de pouvoir dire.
C’est le concept « entrer dans l’orchestre« , formalisé par Paul Watzlawick.

  • Exemple :

l’adolescent qui peut avoir foncièrement raison dans son expression de ce qu’il est doit avant tout apprendre à se taire, et se conformer aux règles d’usage.

Science et ses limites.

La science utilise le postulat de séparer le phénomène qu’on observe des contingences : une loi pour être universelle doit sortir de la particularité. L’observateur est détaché de l’expérience.

La lumière est pourtant un phénomène paradoxal : selon le point de vue de l’expérimentateur, la lumière a une nature ondulatoire ou particulaire.

Théorème de Godel :
Mathématicien, Godel formalise l’incomplétude de la rationnalité, et de la logique : on ne peut tout démontrer. Dans toute théorie, il existe des énoncés que l’on ne pourra jamais déterminer en restant dans le cadre de la théorie. Et qu’il existe toujours dans une théorie des éléments dont on ne pourra démontrer la négation.
Toutes les formules axiomatiques consistantes de la théorie des nombres incluent des propositions indécidables
Il existe ainsi une faille, un paradoxe dont on ne peut sortir qu’en sortant justement de la théorie qu’on détermine. Elle illustre de manière mathématique le paradoxe du crétois.

Théorème de Turing :
Alan Turing est mathématicien et informaticien britannique.
Il formalise un théorème ( équivalent du théorème de Gödel, d’un point de vue informatique ) : il montre l’incapacité de n’importe quelle machine à résoudre totalement un problème.

Trésors des paradoxes.

Trésor des paradoxes est un ouvrage de Philippe Boulanger et d’Alain Cohen. Il met en évidence les paradoxes de  notre monde :

  • la dissuasion nucléaire qui pousse les Etats à se munir de cette arme pour ne pas l’utiliser.
  • La machine de Claude Shannon : une machine gratuite, qu’on allume par le bouton « on », mais qui est construite pour appuyer sur le bouton « off » et s’éteindre.
  • La mode : « la mode, c’est ce qui se démode » ( Jean  Cocteau )
  •  » on se rend compte qu’on dort quand on se réveille » ( John Lennon )
  • La virginité se perd en se prouvant ( en perdant sa virginité )
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Classé dans Communication, Condition humaine, culture, Mes propres textes

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