Le Tag, cet objet sémiotique succulent

nuage_tag_internet_etudeLe tag, cet objet succulent de la sémiologie, est contradictoire.
Selon la définition, il est à la fois un objet conventionnel de structure de la pensée ( méta-donnée), et également un graffiti, où s’exprime plutôt sa sensibilité, l’artistique.
Aujourd’hui, le Tag est devenu l’objet de reconnaissance, d’appel dans notre monde de la communication.
Twitter, la télévision, le graphisme de notre époque.
Focus sur ces 3 lettres !

Le Tag, ou le graffiti préhistorique.

tag_graffiti_histoire_twitter

Source Wikipedia : Rome, iie siècle, un âne crucifié. Le commentaire Alexamenos adore son Dieu suggère que ce dessin raille un Romain converti au christianisme

Le tag à l’origine est un graffiti, une signature.
Dans sa définition, le Tag est à la fois :

  •  une étiquette, mot-valise, mot-clé qui résume l’objet de ce qu’on parle : un texte, un article. Le tag est une méta-donnée : une donnée qui explique de quoi on parle, qui catégorise.
  • un graffiti, dans les arts. Visuellement, le tag est un symbole, un dessin, un mot, une phrase.

Historiquement, le tag est né à la préhistoire ( dans l’acceptation du terme graffiti ).
Il a été longuement vecteur politique ( le graffiti V comme Victoire , messages clandestins pendant l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale ).
On distingue le graffiti de la fresque dans son caractère illégal, ou clandestin.
Dans les sociétés urbanisées, le tag est devenu un acte clandestin, écrit sur les murs, pour marquer, imprimer.
Le tag est un acte d’appropriation du territoire urbain.

Mettre sa patte, son empreinte.

Le caractère d' »imprimer » est fort, et rejoint la définition originelle du mot qui est une étiquette perforée sur un ruban.

Les pochoirs utilisés par les taggers aujourd’hui reviennent à l’usage initial de ce mot.

La catégorisation de notre monde.

Le tag, ou mot-valise, étiquette est aujourd’hui utilisé comme une balise : il permet de catégoriser.
Cet usage se retrouve largement dans les ouvrages scientifiques, pour résumer le contenu des publications.
Sur les blogs, il permet de résumer le contenu de l’article.

Dans le référencement sur internet des articles, ces mots balises permettent de référencer les articles, selon la nature du sujet.
Historiquement, la catégorisation des sujets est née en 1895, et vient d’un vaste projet, celui de référencer la connaissance humaine, bien avant wikipedia. C’est le projet d’Otlet, qui crée l’institut national de la bibliographie.
Pour organiser ce travail, une classification mondiale est normalisée, via la fiche « normalisée » de 12,5 sur 7,5 cm.

Permettant de formaliser un répertoire universel. Le répertoire se nourrit de mots en entrée, le tag.
Car pour tout usager d’une bibliothèque, l’importance des mots-clés, lorsqu’on recherche un ouvrage est primordial.
Ces mots clés permettent de retrouver rapidement l’information.
Voilà pourquoi cet usage a été largement réutilisé dans le monde numérique ( par Google, les usagers des blogs, du monde numérique en général ).
Pour Google, et tous les sites de référencement, ces mots-clés sont une aubaine.

La mutation du Tag numérique vers le Tag social, communautaire, expressif.

diese_twitter_hashtag_definition_analyseLe tag a une valeur iconique, même s’il est un mot, qui est plutôt un symbole écrit.
le tag est cependant reconnu immédiatement, car il est simple : un mot, un dessin, un schéma.

Le cerveau l’identifie sans même lire lettre à lettre ce qui le compose.
En ce sens, dans la typologie des signes sémiotiques ( indice, icone, symbole, selon Peirce ) , le Tag se rapproche de l’icone.
Les nuages de tags ( utilisés au début du web 2.0 ) donnent cette représentation graphique, cette osmose, cette communion visuelle et graphique avec une « soupe » sémiotique mélangée de mots.
Twitter a inventé le nouveau concept du Tag, par le HashTag.
Par le dièse, #Tag, les tweets sur ce réseau social sont catégorisés par l’internaute lui-même.
Ils permettent tout à chacun de suivre ces mots-balise selon son intérêt.
Le Hashtag permet ainsi :

  • De rassembler tous ceux qui sont intéressés par le même sujet ( exemple : #Marketing #Obama ).
  • De rassembler, comme au café du coin, les sensibilités différentes.

Derrière un même mot-clé, chacun a un avis, un intérêt différent. Ainsi #UMP pourra rassembler et partager des informations pour les « pro » et « anti » UMP. Ces hashTag communs à des sensibilités différentes peuvent cependant être destructeurs. On l’a noté lors des manifestations pour et anti mariage gay. ( #MariagePourTous ). Les tweets ont juxtaposé des opinions radicalement opposées, et cette promixité a provoqué une surenchère de messages violents.

  • De rassembler aléatoirement , et créer une valeur épistolaire sur un thème.

Ainsi le HashTag J-1 rassemblera tous ceux qui ont un évènement important le lendemain :
L.B.A : J – 1 avant la #fetedesmeres
Jason : J-1 avant d’avoir mon crédit !
Alex : J-1 pour les 20 ans de Marseille qui sont gagner la Ligues des Champions! #TeamOM #OM

On lira ici le concept du Dièse et HashTag de Twitter

Le Tweet comme Tag.

Le tag visuel, qu’on voit sur les murs, ou les panneaux, lorsqu’on roule sur les routes est immédiatement capté.
Ces petits mots sont bien des images « instantanées ».
La théorie de l’information a formalisé un fait essentiel : la probabilité. [ Claude Shannon : Théorie mathématique de l’information ]
un mot est immédiatement intégré, sans qu’on le lise lettre à lettre.
Parce que l’information suit la probabilité des mots : si j’écrit mathéma , on sait que je veux écrire mathématique. La redondance est là pour améliorer la lecture, mais n’est pas nécessaire.
Aussi, le mot, la petite phrase devient un signe atomique apprivoisé.
Et le Tweet, phrase unitaire de quelques mots devient un signe unitaire et atomique.
C’est l’usage des Tweetos qui ont une centaine de tweets qui défilent sous leurs yeux : ils captent l’essentiel. Par ce même mécanisme habituel, qui devient inné de capter le bon sujet.

La captation immédiate devient naturelle : le tweetto repère les « buzz », par les formules chocs. Il repère les commentaires, car visuellement Twitter nous aide, par les logos, les liens surlignés, par les tweets qui ont été rééchangés, et qui peuvent avoir un intérêt moindre.

Le tweet artistique comme Tag dans les rues.

tweet_tag_hashtag_graffiti_web2.0Comme conclusion, le Tweet devient le graffiti dans nos rues.
C’est l’expérience faite au Brésil, à Sao Paulo : tagger dans la rue des Tweets, qui sont bien des « tags ».
La nuit tombée, les lampadaires illuminent la ville, avec une empreinte sur le sol de Tweet, reliés à l’imaginaire, et la vie des gens :
Exemple de tweets : « J’ai retrouvé mon chien ici », « C’est là où mon père m’a appris à pédaler », « Mon premier baisé fut dans ce parc ».

A lire ici : l’éclairage public pour faire apparaître les tweets dans la ville

Cette expérience intéressante relie le graffiti de la préhistoire, nos usages numériques ( twitter ), et un sens social ( mon histoire vécue ).

Publicités

1 commentaire

Classé dans Communication, Condition humaine, culture, médiologie

Une réponse à “Le Tag, cet objet sémiotique succulent

  1. Pingback: Dictionnaire de la vie numérique, du web, et des réseaux sociaux | Zeboute' Blog

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s