Ma vie avec Twitter, 2 ans après. Radioscopie.

twitter_atawad_objet_personnelQuoi de neuf sur Twitter ?
L’année passée, après un an d’immersion sur ce réseau social prometteur, j’avais décortiqué une radioscopie de Twitter.
Le HashTag, les différents usages ( que faire de Twitter ? )…

Quelle évolution de Twitter, un an après ?

4 tendances à explorer :

  • la lente mutation de Twitter vers une dimension sociale de vivre ensemble.
  • l’élargissement du public.
  • la sacralisation de Twitter, comme média institutionnel de la communication en temps réel.
  • la parole publique et privée

Focus !

La lente mutation de Twitter vers une dimension sociale de vivre ensemble.

trans_media_trans_canal_marketing_stratégieL’une des fonctionnalités de Twitter est de diffuser de l’information, ou d’informer ce qu’on fait. ( Tell what you do ).
Il a largement été utilisé au début par un grand nombre d’experts ( du web, de la sphère des médias ), et des journalistes pour diffuser de l’information brute.
Lors des grandes conférences, Twitter est le moyen de dire ( pour ceux qui tweetent ), et de suivre ce qui se dit ( pour les « followers » ). ( dans les procès judiciaires par exemple, sans devoir y assister ).
Le formalisme minimaliste, froid ( à l’interface sobre ) s’est lentement ouvert à une interface plus riche, plus vivante : ajout des photographies, des « histoires à découvrir ».
A l’origine, Twitter, c’est écrire rapidement 140 caractères.

Aujourd’hui, l’interface s’est étoffée.

En ce sens, Twitter s’est rapproché de Facebook.
L’interface de Twitter reste cependant claire et mimimaliste ( à l’image de l’internet mobile). A la différence de Facebook qui a alourdi son interface, la rendant illisible.
L’interface de Twitter qui a ainsi évolué permet d’accéder à la vraie nature du réseau social : communiquer, et vivre ensemble.
Vivre ensemble, c’est pouvoir se retrouver a minima sur des schémas culturels qui nous ressemblent.
Le Hastag, ou mot-clé, réunit une communauté de Twittos qui s’aggrège, le temps d’un instant :
#MariagePourTous, par exemple, est le mot-clé qui permet à tous ceux qui s’intéressent au sujet, parce qu’ils sont homosexuels, ou anti-mariage de se retrouver. Et de partager ensemble sur le sujet.
On remarquera que ce mot balise réunit les « pour » et « contre » mariage.
En se sens, Twitter a une valeur de cohésion sociétale : le réseau met en relation les sensibilités différentes.
Même si la radicalisation des messages limite les échanges, et la réflexion ( surtout en si peu de caractères : 140 pour s’exprimer ).
Twitter oblige à partager les opinions opposées aux siennes.
Comme au comptoir d’un café, où les opinions s’opposent.

  • Twitter, outil d’information ou de communication ?

C’est ici qu’il faut insister sur la notion d’information et de communication.
Les détracteurs de Twitter indiquent que tout se dit , et n’importe quoi, que cela n’apporte rien, que ce n’est de pas un média d’information.
Et c’est vrai. Les Tweets racistes, homophobes, ou des informations non vérifiées sont bien le quotidien de la sphère Twitter.
Twitter n’est pas un média en soi.
Dans l’origine du média, Medius, le « milieu » est ce qui est entre celui qui s’exprime, et celui qui reçoit une information. Le média sépare le locuteur du destinataire. Le contenu est « lancé ».
Certes beaucoup de journaux utilisent le réseau social comme vecteurs d’information.
Le journal « Le Monde » publie ses dépêches sur Twitter, sans attendre de réponse de ses « followers ».
Le média ne permet pas de réaction. Twitter le permet.
Twitter n’est pas un média, mais plutôt un espace de communication.

Avec ses forces ( les révoltes arabes en 2012 , le « Fact checking » permettant de rétablir des vérités ), et ses faiblesses ( propos racistes, homophobes, sexistes ).

Twitter, un nouveau public.

TwittClass_pédagogie_école_TwitterComme je l’ai indiqué, l’aspect sobre et limité de Twitter à ses débuts n’a capté à ses débuts qu’une population experte de sujets, et qui utilisait Twitter comme média instantané de nouvelles, de commentaires spécialisés.
Le journaliste dans un tribunal ( souvenons nous des Tweets pendant le procès de DSK aux Etats Unis ), l’expert pendant une conférence ( relayant la conférence en temps réel à ses « followers » ).
Car, celui qui s’inscrivait sur Twitter, à ses débuts,  se retrouvait seul avec son profil…

Sans savoir quoi y faire. Et comment faire pour utiliser ce réseau social.
Aujourd’hui, « Découvrir de nouvelles histoires » permet à chacun d' »entrer dans l’orchestre » de la communication. ( selon la formule de l’école Palo Alto )
Twitter a depuis un an capté une nouvelle catégorie de Twittos : la jeunesse.
Et ce, pour plusieurs raisons :

  •  la facilité de communiquer :

l’usage court de Twitter est celui de l’usage court du SMS qui est en vogue chez les jeunes. 

Peu de mots à écrire facilite l’usage. Twitter est synonyme de fainéantise…

  • le Tweet sans conséquence :

Sur Twitter, la concision des mots pousse à s’exprimer sur n’importe quoi :

Twitter est un moyen de pousser nos états d’âme, nos humeurs. Et pour un jeune, twitter, c’est « ne pas se prendre la tête, et écrire ce qui se passe dans sa tête« .

Le hashtag ( ou mot clé, balise ) pousse également l’adolescent à écrire sur n’importe quel sujet. C’est un jeu, un exercice, un passe-temps :
par exemple, le mot clé #LaVieSeraitParfaiteSi incite à écrire soi même ce que serait la vie parfaite.

  • l’anonymat apparent :

Les jeunes se sont détournés de Facebook, parce que Facebook s’est démocratisé, et médiatiquement .

Les parents des jeunes se sont appropriés Facebook. Ils ont ouvert un compte Facebook pour surveiller l’activité de leurs progénitures, devant la menace sur la vie privée dénoncée dans les médias. Et le jeune n’a pas envie de publier des messages pour qu’ils soient lus par les parents…

Cette raison est temporaire, et illusoire. Car les parents pourront rapidement s’approprier Twitter. Et pire que Facebook ( qui exige qu’on soit « ami » pour partager les messages ), Twitter est transparent : n’importe qui peut lire vos messages sur Twitter.

La sacralisation de Twitter, comme média institutionnel de la communication en temps réel.

JT 13 HEURESD’un usage confidentiel, Twitter est devenu le réseau social de référence, en tant qu’instrument instantané.
Tous les médias télévisuels ont intégré Twitter. Et le mouvement s’est accéléré.
Les émissions de divertissements retransmettent les commentaires ( « Le grand plongeon » sur TF1, « Danse avec les stars » ) des téléspectateurs.
Au direct de l’émission, le direct de Twitter.

Ce nouvel usage, appelé « Second Screen » ou « second écran » qualifie notre nouvelle façon de regarder la télévision : en plus de l’écran de télévision, beaucoup utilisent la tablette numérique en même temps.

« La 2ndScreenSociety démontre que l’usage des seconds écrans est une réalité, puisque 40 à 86% des téléspectateurs américains et anglais utilisent un second écran en regardant la télévision, par exemple ». [ source ZDnet ]
L’usage de la balise ou mot clé ( # Hashtag ) facilite la réunion télévisuelle et numérique :

#ONPC : pour l’émission sur France2 pour « on n’est pas couché », par exemple.
Pour celui qui expérimente le hashtag d’une émission, et qui suit ce mot clé, l’expérience est jubilatoire.
Car les messages commentant l’émission sont souvent source d’ironie, d’humour, de décalage par rapport à une émission télévisuellement pauvre, stéréotypée.
L’intelligence est souvent dans le Tweet plutôt que dans l’émission.
En ce sens, c’est une contre-preuve jouissive de l’impact des médias sur le public.
Au XXeme siècle, les recherches sur la propagande, et sur l’effet des médias se focalisait sur la toute puissance du média.
Notamment, pendant la seconde guerre mondiale, et l’effort de guerre, le média comme arme de guerre était essentiel.
Contrôler les masses par le média est illusoire.

Même en Russie, sous l’ère soviétique, à la propagande d’Etat, les blagues des citoyens sur l’Etat étaient monnaie courantes.
Aujourd’hui, la blague, le cynisme et le rétablissement de la vérité ( « fact checking » ) passe pas Twitter.
Par la lecture des Tweets, on peut catégoriquement balayer l’impact de la télévision, comme le « big brother ».

La parole privée et publique de Twitter : l’usage paradoxal.

société_communication_analyse_définition_histoireLe réseau social Twitter est paradoxal.
Il procède d’une part d’une intimité :
Dans l’infobésité, et les milliers de Tweets sans importance, futiles, mon message est anonyme.
Et souvent, il n’est jamais lu.
L’augmentation des « followers » ( des abonnés à ses Tweets ) augmente le nombre de messages à lire.
Et donc, statistiquement, ces messages ne sont pas lus.
Ces messages isolés, orphelins, sont cependant générateurs de trafic, de « buzz ».
Et ils procèdent, par leur multiplicité, à créer le fameux « HashTag« , ou mot-clé qui devient le sujet dont tout le monde parle.
Un sujet peut donc être « le » sujet dont tout le monde parle, mais qui à l’échelle de celui qui tweete, n’a aucune résonance : mon message n’a jamais été lu.
Voilà comment le poujadisme, le populisme, les travers de Twitter peuvent s’exprimer :

Chacun véhicule un message sans conséquence, mais porté par des milliers de tweets, il devient « le » sujet.

La parole publique s’exprime, globalement.
L’information est justement l’inverse d’une saturation de messages.
Claude Shannon, qui a formalisé la définition mathématique de l’information, indique :

Plus un message est statistiquement improbable ( « le pape est mort ») , plus l’information est pertinente.
Le Tweet de Valérie Trierweiler pendant la campagne présidentielle de François Hollande, soutenant l’adversaire de sa femme a été une vraie information : d’un Tweet se sont déchainés des commentaires, et des conséquences politiques.
Ce tweet était bien isolé, et statistiquement improbable…
A la différence, Twitter qui aggrège des messages probables, « infobèses » ( contraction d’information et d’obésité ) , et redondants fournit une information pauvre, et qui relève de la parole publique : tout ce dont tout le monde parle.

L’infobésité, et la multiplication des messages « sans conséquence » ne doivent pas faire oublier que la parole est publique, et donc visible.
Les actualités relèvent régulièrement des erreurs, quant à l’usage de Twitter.
On peut tout dire, on n’est pas lu. Mais, quand on est lu, le Tweet devient une empreinte forte, judiciaire, et preuve irrévocable.
Voilà comment des lycéens, qui insultent leurs professeurs ( « Ma prof d’histoire est une salope« ) peuvent être suspendus de leur lycée.
Voilà comment des employés ont pu être licenciés, lorsqu’ils portaient atteinte à leur entreprise : l’affaire Quick.

La règle élémentaire ( règle des 3 I ) est la règle de pédagogie :

Lorsque je tweete :

Je suis Identifiable, je dois me poser la question :

Dois je écrire Immédiatement ?

Est ce que j’ai Inclus dans mon tweet tous ceux qui peuvent être concernés par mon message ?

Twitter est à la fois le média et l’espace de vivre ensemble.
Du média, il est devenu le réseau du temps réel, de l’espace de vie et de la parole publique.
Le comptoir du café.
La petite discussion tout le temps, n’importe où, sur n’importe quoi.
Mais toujours tout seul, devant son clavier ?

En savoir plus : Comprendre Twitter aujourd’hui .

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5 Commentaires

Classé dans Communication

5 réponses à “Ma vie avec Twitter, 2 ans après. Radioscopie.

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