La génération Y est elle morte ?

Défis de la génération Y

Génération Y demain

Souvenons-nous, le temps numérique est rapide, et le concept de Génération Y est récent.

Il a largement été médiatisé en 2006 – 2007 , et a nourri dans le monde, surtout professionnel, une rupture à appréhender.

S’intéresser à cette génération, ou mourir !

Aujourd’hui, faisons le constat :

La génération Y ne s’est elle pas liquéfiée, et s’est trouvée morte, ou mortiférée dans un monde compliqué, volatile et soumis aux crises de société ?
Focus !

Résumé.

la génération Y regroupe la génération née entre 1980 et 1999 :

une génération née avec les nouvelles technologies, le sida, un monde froid sur lequel cette jeunesse n’est pas dupe.

Parce que plus informée, plus maîtrisante de notre monde de communication, elle devient la génération forte, autonome.

Et avec qui la société ( entreprises, monde éducatif, institutions ) doit composer.

L’enjeu de la génération Y, en  2000.

De l’entreprise paternaliste, le modèle de management doit se remettre en question, dit on.
Finie les hiérarchies qui contraignent la nouvelle génération.
Avec l’usage intime des outils numériques ( smart phone, réseaux sociaux ), les jeunes ne pourront pas comprendre qu’on leur retire ces usages en entreprise.
A l’entreprise de se transformer. La valeur “entreprise” n’est d’ailleurs plus le modèle de réussite de sa vie.
Tout ne tourne plus autour de l’entreprise.
Et aux Ressources Humaines de prendre le pas.

La génération Y , 5 ans après : effet de mode ?

Le concept de Génération Y, largement véhiculé dans le monde de l’entreprise et les médias a fait un « Pfittt… », ou plus sérieusement s’est confronté à 2 éléments qui nuancent la place et l’importance d’une rupture de générations :

  • Une appropriation de la technologie par toutes les générations.
  • l’assimilation lente de la génération Y par l’entreprise et la société.

L’appropriation de la technologie par toutes les générations.

Le leitmotiv des experts de la nouvelle génération Y est la rupture technologie.
Or,depuis le début du XXieme siècle, l’usage du numérique s’est démocratisé.
Et échappe aux nouvelles générations.

  • L’exemple, par Facebook.

Typologie usagers Facebook – source SocialBakers

Les réseaux sociaux sont largement utilisés par la nouvelle génération ; notamment facebook.
Or, selon les chiffres de Socialbakers, la typologie de l’usage de Facebook est ainsi : 51 % est issue de la génération Y ( 18-34 ans), et 33% des gens plus agés ( +35 ans ).
L’usage des réseaux sociaux n’est pas le fait de la génération Y.

Tous l’ont adopté :
1. Face aux inquiétudes légitimes, et universelles des nouveautés techniques ( la télévision , les jeux vidéos, les films violents pour nos enfants … ), les parents se sont appropriés les usages modernes. Les parents ouvrent un compte facebook, pour juguler, et comprendre ces nouveaux modes de communication.

Voire surveiller les usages de leurs progénitures.
2. Les générations proches de la retraite ( 8% des usagers de facebook ) ont découvert l’intérêt de Facebook, et des réseaux sociaux. Je quitte l’entreprise ? pour rester en contact avec ses collègues/amis, j’utilise Facebook : l’intérêt est la connection ( « le lien » ) rapide. Je reste en contact.
Les réseaux sociaux leurs sont utiles, et la proportion d’utilisation de cette génération croit régulièrement.

  • L’exemple des institutions publiques :

Le modernisme de l’Etat s’est largement accéléré depuis les années 2000.
Les télédéclarations par internet sont un succès.
De même, les institutions publiques ont largement ouvert leurs « armoires » au grand publique.

Ce qu’on appelle « l’open data ». Les sites ministériels, institutionnels, locaux ont mis en place des sites d’informations sur internet, permettant de partager la donnée publique.
La donnée publique est devenue numérique.

Et le citoyen, quelles que soient les générations, l’a intégré dans son rapport quotidien avec les fonctions de l’Etat.
Les process de d’extrait d’acte de naissance, d’extrait de casier judiciaire sont possibles par internet.

En ce sens, la rupture technologique qui serait la propriété des nouvelles générations Y n’a pas eu lieu.
La société dans son ensemble a capté ces nouveaux usages.

On remarquera également que l’intérêt des nouvelles générations dans l’usage du numérique s’effrite, depuis quelques années. Ce qu’on appelle le syndrome du Fomo : Fear of Missing Out.

On lira également, ici, les mutations de l’entreprise collaborative : elles ont intégré les usages générationnels. Avec ou sans la génération Y.

L’assimilation frileuse de la Génération Y par l’entreprise et la société.

La rupture dans le management des nouvelles générations Y est largement sur-estimée.

Au début des années 2000, on indiquait aux RH le chantier révolutionnaire vis à vis de la génération Y.

Les Ressources humaines n’ont pourtant pas de stratégie particulière vis à vis des nouvelles générations.

Et cela n’a pas évolué depuis l’annonce de l’arrivée de la génération Y. Pourquoi ?

Dans les entreprises, la pyramide des âges ( plutôt vieillissante ) régule la place des jeunes en entreprise.

Le chômage, et la crise placent également le « jeune » dans une situation plutôt défavorable. A lui de faire exemple et ses preuves, que l’entreprise, plutôt en position de force.

Dans l’entreprise, les différentes générations co-existent.

Et le jeune qui entre dans l’entreprise, entre dans une micro-société qui est là, avant lui.

C’est ce que Bateson résumait par la formule « entrer dans l’orchestre » :

Dans la communication, on entre dans un ensemble déjà constitué de codes, d’usages, de convention.

L’entreprise est d’ailleurs un modèle fort de règles de vie. Le jeune, tout aussi différent qu’il est, doit donc composer avec un monde déjà constitué. Il n’est pas seul.

C’est un leurre de penser que l’entreprise, vue son inertie et sa structure, va se « bousculer ».

Cette évolution se fera au fur à mesure.

Par une intégration progressive de nos plus jeunes dans l’entreprise.

En résumé :

Les particularités de la génération Y se sont petit à petit diluées :

1. par capillarité aux autres générations : l’usage des nouvelles technologies.

2. par l’assimilation dans un monde communicationnel déjà constitué.

Parler de rupture générationnelle est légitime, mais doit se nuancer.

La génération Y n’est pas seule.

L’intérêt de ce concept « Y », est en tout cas une opportunité pour réfléchir plus largement aux liens inter-générationnels. Et leurs apports réciproques.

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8 Commentaires

Classé dans Communication, Mes propres textes, Plus loin

8 réponses à “La génération Y est elle morte ?

  1. Article intéressant et fort de sens qui soulève une question que l’on ne se pose étrangement plus.

    Je ne pense pas que l’on puisse parler de mort de la génération Y du fait de l’appropriation des technologies par le grand public. Au contraire :
    – la majorité des blogueurs n’est pas issue de la GY puisque bloguer nécessite une expérience de la vie ou du moins une réflexion sage sur un sujet, recul que n’a souvent pas la GY.
    – mis à part Facebook, grandement assimilé à la GY, Twitter ne semble pas être l’eldorado des jeunes puisque le site de micro-blogging ne correspond finalement pas aux attentes de cette génération qui recherche plus à faire de l’audimat http://www.lefigaro.fr/hightech/2012/02/03/01007-20120203ARTFIG00479-generation-moicom-internet-rend-ilmegalo.php
    – Tablettes, smartphones et autres objets high-tech sont onéreux et donc pas des plus accessibles à cette génération.
    On peut modérer ces propos puisqu’il y aura toujours une partie de la GY qui blogue, qui tweet et qui possède Ipad, Iphone, Macbook etc…

    Tout cela pour dire qu’à mon sens la notion de génération Y ne se fait pas au niveau de l’adoption des outils mais plus dans une façon de penser et de vivre, un way of life Y autrement dit.

    Gary Small explique dans ses études sur l’influence d’Internet sur notre cerveau que l’utilisation d’Internet modifie notre cerveau inéluctablement. Les cerveaux de deux personnes, l’une issue des années 70, l’autres des années 90 seront bien évidemment différents de part ces usages. La génération Y est née avec ces nouveaux modes de communication et appréhende la société différemment, a des réflexes différents et surtout des attentes différentes. Je ne sais pas si les NTIC nous pervertissent nous la GY, mais nous n’attendons pas pas les mêmes choses des NTIC, que vous, générations antérieures. A mon sens, c’est en cela que le terme de génération Y existe plus que jamais. Et c’est en cela que marketers et entreprises doivent évoluer.

    Je reste plutôt d’accord avec votre vision de l’entreprise cependant.
    Merci encore pour l’article fort intéressant.

  2. Le terme est moins utilisé car les journaliste ont laissé retombé le buzz. La problématique reste complètement présente.

    J’aime faire le parallèle entre les jeunes qui passent un entretient de recrutement sur TeamSpeak pour rentrer dans une guilde WoW versus le cadre qui découvre l’usage de la VOIP avec sa toute nouvelle pieuvre CISCO.

  3. Article intéressant, qui interpelle, et devrait interpeller tous les jeunes de la GY. J’en fais parti, et il est évident que je me sens hautement concerné. D’abord faisons le distinguo entre 1980-1990 et 1990-2000 qui est peut être une seule génération, mais dont la ventilation est bien plus importante dans l’appropriation de la technologie décrite. La génération Y1 est bien plus critique et connaisseuse des nouveaux moyens de communication, elle en a connu l’évolution, des newsgroups à Facebook. La génération Y2 est née avec les outils qui ont cannibalisés l’Internet libre des années pré-bulle. De ce fait, la GY1 possède une compréhension unique vis-a-vis des autres générations au sujet des nouvelles technologies. Comme le dit si bien Romain le cerveau n’est pas le même, car les usages sont différents et j’ajouterai la vision, la compréhension est différente.

    Revenons à cet Internet libre connu des GY1, il s’est imposé comme un contre-pouvoir informationnel, sociétal, durant les dix dernières années, amenant ici une réflexion à l’égard de la production (l’usine à Papa vs la startup des années 2000 et son ambiance de travail très GY). Comment dire, vous nous avez vendu du rêve lorsque nous étions adolescent alors que nous n’avions connu que « un monde froid sur lequel cette jeunesse n’est pas dupe. » Le comportement et la difficulté pour les HR d’intégrer la GY se trouve peut être. La GY1 est méfiante car elle se renseigne. A l’inverse la GY2 sera très docile, formatée par des nouveaux codes technologiques qui sont imposés/portés à la société. Je pense que mon point de désaccord se situe ici, la GY1 n’est pas morte, elle s’est « ostracisée » dans sa connaissance technologique supérieure au reste de la société.

    Et je pense bien au contraire que la rupture technologique a eu lieu, ce n’est pas parce que l’on peut utiliser la télédéclaration (j’alterne entre papier et numérique), l’extrait de casier judiciaire, ou n’importe quel autre service sur l’Internet que l’on comble un gap technologique. Encore une fois le gap se situe dans la compréhension/la connaissance qui est propre à la GY1, celle qui a vu ces mutations et y a participé. Les générations précédentes n’ont fini que par adopter des usages répandues par l’informatique d’entreprise et la pression du management et de la commercialisation au sein des grandes entreprises.

    Ainsi, même si je vous rejoins sur la nécessaire cohabitation en entreprise, je suis en désaccord profond sur l’issue. L’inertie de l’entreprise vis a vis des nouvelles générations, au travers du management, des modèles et des règles qui la régissent, est un syndrome de sa future disparition… où celle de la GY1. Je ramène ici à la docilité de la GY2, qui pourra prendre le pas sur une GY1 anticonformiste, cette dernière n’ayant pas réussi à imposer sa vision dans celle de l’entreprise réunie et multi-générationelle.

    Aussi, je pense que cette considération est loin de faire « pchiiit ». Au contraire nous sommes totalement et actuellement dans la vigueur de cette génération. Nous sommes les entrepreneurs d’aujourd’hui, les managers de demain et nous avons la détermination de prendre notre destin en main.

    • Merci, c’est clair et pertinent !
      Effectivement, on peut subdiviser la génération Y en 2 générations sous-jacentes.
      D’un point de vue sémantique, cela revient à diluer cette génération Y en plusieurs générations, la génération Y ne serait donc pas un concept. Tout est plus fin, et subtil, comme vous l’indiquez.
      Sur la génération GY1, je suis tout à fait d’accord. C’est la prise de conscience des évolutions qui permet de prendre le recul sur les choses.
      En d’en sortir des visions différentes en management, demain.
      Quant à l’issue, mon propos est peut être provocateur. L’entreprise s’est déjà transformée, notamment dans le domaine collaboratif :
      l’entreprise 2.0 collaborative

      Mais avec la génération Y ou sans?

      • Il faut dire que l’article aspirait à la réflexion, il y a peu de gens qui ont le courage de se lancer dans cet aspect assez sociologique. Comme vous y faites référence, ceci a été traité médiatiquement, le terme est rentré dans la novlangue des gens de l’industrie. On pourra aussi s’interroger sur la pertinence de cette novlangue, mais c’est un autre débat.

        Je prendrais le temps de lire l’article en lien, mais j’avais envie de réagir à chaud. Je suis entièrement d’accord sur la mutation, les évolutions entre 1990 et aujourd’hui sont marquantes dans les entreprises, en terme d’usage, de pratiques. Il y a eu assez de parallèle avec la révolution industrielle. Si vous me suivez sur mon terrain qui s’articule sur des décennies, voici comment je segmenterais les catégories au travail, dans l’entreprise.

        <1970 : découverte, apprentissage, formation à la technologie par l'entreprise, puis la consommation de produits technologiques.
        <1980 : découverte tardive, mais formation péri-scolaire à la technologie, puis consommation de masse de produits technologiques.
        <1990 : découverte précoce de la technologie, période charnière, à évoluer par et dans la technologie, hyper consommation. Ce groupe GY1, qui est sensible à des valeurs classiques pré-technologiques : vie privée, discernement, la technologie est un outil dompté.

        Prospectivement
        1990+ : découverte innée, fusionne à la technologie sans recul, hyper consommation et hyper soumission. Il n'y a plus de valeurs classiques, elles se créent au fil de l'évolution, les repères sont différents. La technologie domine.

        Pour illustrer mon propos, je vais prendre l'exemple de JP :

        <1970 : aucune idée de ce qu'est teamspeak.
        <1980 : préfèrera utiliser une solution grand public ou conventionnel, Skype.
        <1990 : sait installer une distro linux et faire tourner un serveur teamspeak, mais ne joue pas à Wow car on sait tous qu'il n'y a plus de vie sociale après Wow.
        1990+ : installe teamspeak en deux secondes, et commence à postuler pour rentrer dans la guilde.

        On peut prendre l'exemple de la pieuvre cisco :

        <1970 : d'accord on parle là dedans et on fait une conf multi-site, vas-y le jeune lance l'appel.
        <1980 : ah mais c'est joli ce design en pieuvre.
        <1990 : propose un autre modèle de pieuvre car, il passerait très bien si on migrait notre système VOIP vers cette solution…
        1990+ : est-il possible de router l'appel sur le voice chat de Facebook parce que là j'ai des updates auxquelles il faut que je réponde.

        Je pouse le bouchon un peu loin, et mon propos est purement partial, mais j'ai tendance à croire que les entreprises sous-estiment la capacité de la GY1 à introduire des changements bénéfiques et nécessaires afin que l'organisation accepte aussi la GY2. Tout comme ils sous-estiment, je pense, la créativité de cette génération même si c'est parfois au prix d'une remise en question du management.

  4. Merci pour le courage que vous soulignez, mon objectif n’est pas de trouver des vérités, mais des réflexions à partager, comme vous le faites.
    L’usage des entreprises est en effet primordiale, j’ai la chance d’integrer une entreprise qui a compris ces usages. mais la perception que nous avons tous est souvent différente. C’est la raison pour laquelle ces échanges sont intéressants. J’ai bien entendu les rapports des générations « sachantes » et celles plutôt utilisatrices.

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