La fin d’internet : qui veut contrôler le web ? (1/3)

Internet est il mort ?

Internet est il mort ?

Dans l’article La fin d’internet et de notre société de communication, nous avons expliqué le concept phare d’internet : la neutralité du réseau.

Et d’affirmer que le contrôle d’internet n’était possible qu’en détruisant le web.

Certains veulent contrôler internet. Que ce soient les anciens ou nouveaux acteurs du monde économique,  culturel et politique.

L’objet ici est de référencer de manière synthétique les principaux acteurs désireux d’en finir avec la neutralité du web.

En résumé  :

  • les anciennes industries des biens culturels.
  • les nouvelles industries du monde numérique.
  • Les politiques et détenteurs de la parole publique

L’objet de ce premier article d’une série de 3 est de se pencher sur la première :

Les anciennes industries des biens culturels.

Les entreprises du disque et de la vidéo ont été les premières à souffrir des nouveaux usages d’internet : Une société d’abondance et de démocratie culturelle.

Le téléchargement illégal a permis à chacun de court-circuiter les réseaux traditionnels de production des oeuvres culturelles.

Cette industrie n’a tout simplement pas compris que la révolution numérique « révolutionne » par définition nos usages, nos modes de consommation, de communication.

Refuser cette mutation, c’est comme les moines copistes du Moyen Age qui refuseraient l’imprimerie.

Plutôt que de trouver leur mutation, les industries se sont appliquées à se tourner vers la répression, et la politique de l’Autruche.

Les lois Hadopi ( en France ), le SOPA ( Stop Online Piracy Act, aux Etats Unis ) ont été lancées sous la pression des industries dominantes, afin de supprimer, et de contrôler internet.

Les effets immédiats sur la neutralité sur internet sont les suivants :

  • Ces lois sont liberticides :

On notera d’aileurs que la loi Hadopi, par exemple, a été enrayée dans sa première mouture par le haut conseil de l’Etat.

Non pour une petite erreur ou contradiction avec un obscur alinéa d’une loi du code civil… , mais tout simplement comme une entrave à la Déclaration des Droits de l’Homme.

  • Ces lois remettent en cause le principe de neutralité d’internet :

Car on peut être ou pas, d’accord, avec le téléchargement illégal, les moyens mis en place pour l’interdire est purement de contrôler les adresses IP ( adresse s des ordinateurs des internautes ), de les tracer.

Ou d’empêcher les réseaux informatiques d’aller sur certains sites ( illégaux ) , en filtrant les adresses de ces serveurs ( « adresses DNS » ).

C’est comme demander à France Telecom d’interdire certains numéros de téléphone, ou à la Poste d’ouvrir le courrier de ses usagers et de vérifier que ce qui est écrit n’est pas en contradiction avec la loi. La Poste ne lit pas les lettres des corbeaux. C’est à la justice de procéder. Ce n’est pas au réseau ( internet ) de procéder de ces contrôles ou restrictions.

Il est évident pour tout lecteur de comprendre pourquoi.

Cette industrie s’assoit sur une économie du passé.

Droits d’auteur, économie de masse et de rareté.

L’objet ici n’est pas de lister les arguments propres à défendre ou pas le téléchargement illégal des oeuvres.

Il est cependant à souligner que les discours tournent autour de la propriété intellectuelle, et de la juste rétribution des artistes.

Le Droit d’auteur est apparu sous la conjugaison de deux points :

Avant la Renaissance, la production d’oeuvres était artisanale. Elle reposait sur l’anonymat, peu de production en série. Et souvent, était transmise par voie orale.

L’arrivée de l’imprimerie a permis la production en masse, sur un support physique : l’oeuvre de l’esprit se matérialise, et ce, de manière .

Ensuite, la Renaissance fait naitre l’individualisme, l’auteur. Et la signature de l’oeuvre. Les auteurs cherchent à être reconnus pour leur création.

Le principe est de valoriser l’oeuvre intellectuelle, l »‘Idée », à la fois parce qu’elle procède d’un travail de l’auteur. Et parce que la création, l’idée sont un prolongement de l’auteur, de sa pensée.

Les vieilles industries la défense insistent sur la rétribution des auteurs :

Le droit d’auteur n’a historiquement pas été mis en place pour se défendre du public voyou ( comme on tend à nous le faire croire ), mais pour protéger l’auteur de toute l’industrie qui exploite l’oeuvre de l’artiste, et qui en tire parti :

– les imprimeurs, fabricants du média ( livre, video ) , qui permettent de véhiculer l’oeuvre.

– les sociétés du Livre, qui distribuent les journaux et les livres

– les libraires, qui vendent l’oeuvre en magasin, les théâtres. Etc..

Produire a un coût et c’est ce coût de production ( qu’on appelle coût de duplication ) qui est payé par le public. Et à l’auteur d’en avoir un pourcentage.

Or aujourd’hui, nous sommes passés d’une économie de rareté à une économie d’abondance.

Un livre physique, ou un disque vinyle sont produits en une centaine de milliers d’exemplaires, et ont un coût de fabrication :

le bois, son stockage, sa découpe, son impression dans les imprimeries, sa distribution jusqu’aux points de vente, les librairies, etc..

L’économie de la rareté, c’est l’économie matérielle.

Nous sommes passés à une économie d’abondance.

Où le coût de duplication du produit culturel est proche de zéro. Et duplicable à l’infini.

L’économie de l’abondance, c’est l’économie du savoir.

Un professeur qui dispense un cours ( diffuse son savoir, ses idées ) a toujours son savoir, une fois le cours terminé. Il n’a rien perdu. Comme une diffusion sur internet : qu’on échange ou pas, le coût de production est le même : nul.

L’économie de l’offre et la demande ( offre limitée et demande limitée ) ne peut s’appliquer à une offre illimitée ( explosion des contenus et des auteurs ), et une demande limitée ( on ne pourra chacun écouter toute la production musicale dans l’espace de sa vie ).

Le droit d’auteur, qui applique un pourcentage sur ce coût pour se rétribuer ne peut plus fonctionner : un pourcentage de 0.

Le concept de droit d’auteur ne peut donc  s’appliquer à une économie d’abondance.

Aux industries de renouveler leur approche économique. Et non au public à s’y adapter. Le public  s’adapte,lui,  à un monde économique, et culturel qu’il n’a pas de lui-même produit.

La presse écrite, et le livre sont également des industries qui devront ajuster leur mode de rétribution.

Dans un journal papier, la part du coût de production et de distribution du journal est majoritaire.  Pas celle du journaliste.

Les débats vont se poursuivre. Espérons que la révolution du livre prendra expérience de celle de la musique. Dans le bon sens.

Textes relatifs  :

Qui contrôle internet, ou la fin de la société de communication.

Qui veut contrôler Internet ? Les nouvelles industries du numérique (2/3 ).

A suivre, et suivez moi sur Twitter : ici

Les 5 principes de notre société de communication : abondance, démocratie, transparence, mondialisation, autonomie

Droits photographiques : BNF ( moine copiste ) , et Bebopix.fr

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4 Commentaires

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