J’avais 17 ans, en 1989. Que pensait cet adolescent ? Carnet de bord.

J’avais 17 ans. En 1989. Que pensait cet adolescent ? Carnet de bord.

Ouvrir un petit cahier où l’on a écrit ses envies, ses pensées, ses tripes, ses doutes, à 17 ans et le relire 30 ans après est une chose sublime.

Un miroir pour soi.

Ai-je tracé la route que je m’étais fixé ?

Un moment d’introspection.

Et de bienveillance en se relisant.

Je vis cette expérience grandiose. Et je vous invite si vous avez des enfants à leur faire écrire maintenant. Pour mieux se retrouver plus tard. En cas de doute existentiel.

En 1989, c’est un peu loin, j’écrivais sur des cahiers brouillon de 96 pages mon inner-life.

Pas vraiment un journal intime qui par définition est très intime.

Et c’est pour cela que je suis à l’aise ici à partager la vie de cet adolescent que j’étais.

L’écologie, l’urgence climatique, le bonheur sont des sujets qui sont encore d’actualité.

Plutôt intello, sur les réflexions du monde, même si en relisant les 20 cahiers que j’ai écris année après année, j’essaye de voir si mon présent plutôt intime était déjà inscrit… car je suis différent de tous. Je suis unique. Comme vous.

Mais des réflexions que je pensais grandioses… c’est le propre de l’adolescent de voir le monde en grand comme si on devenait maître du monde. Et tout adolescent à ce moment pense révolutionner. Ou du moins avoir un avis grandiose sur les choses.

Ainsi j’ai pris la plume sur un premier cahier en gros carreaux.

Plus de 30 ans plus tard, j’ai réouvert le cahier.

Je ne pouvais imaginer que 30 ans plus tard, on peut partager sur internet. Loin des réseaux sociaux qui recyclent la haine, les commentaires de café du comptoir.

Non, je pense à ce formidable outil de partage et de connaissance qu’est internet.

Je l’inscris ici sur ces billets numériques qui résisteront peut être ( ou pas ) à mon cahier ici présent.

C’est au détour d’un moment privilégié au boulot que je suis retourné ouvrir la pile de cahiers que j’écrivais.

Parler de soi pour mieux se connaître.

Mon coach, au boulot, dans le milieu professionnel a proposé une formule intéressante.

Parler de soi avec une anecdote, parler de soi tout simplement. Pour mieux se connaître en équipe.

De là, moi c’était simple. Une chose que je voulais partager était ce blog que vous lisez en ce moment présent.

Et en expliquant que ce blog était le prolongement et moderne de mon écriture aujourd’hui numérique. Mais qu’il y avait un avant.

Et cet avant, c’était d’écrire depuis 30 ans sur des cahiers, longtemps, très longtemps, avant que n’arrive le blog. Et le web 2.0. Qui permet de partager, d’être lu partout dans le monde !

Alors, rouvrir le cahier qu’on a écrit il y a 30 ans, c’est un moment.

Et je reste bienveillant avec moi même sans jugement, car ces moments d’écritures ont la naïveté de l’adolescent qui se cherche de manière épistolaire, et humaine.

En relisant ces moments,

Ici n’est pas l’objet de divulguer un sujet intime ( gardé pour moi ) mais une trace pour mes nièces. Ni de fanfaronner.

Juste montrer le témoin d’une vie somme toute banale, ordinaire et qui a encore résonance !

Le premier texte d’un adolescent de 17 ans, en 1989, au moment où on fêtait le bicentenaire de la révolution française. A l’heure où en Europe toutes les dictatures communistes s’écroulaient les unes après les autres. Où le mur de Berlin s’écroulait et donnait plein d’espoir.

A l’heure où aujourd’hui on reconstruit des murs dans le monde.

Alors voici les premiers mots..

L’idéal n’existe pas. Il est.

L’idéal n’existe pas : il est.

Il m’a fallu longtemps pour comprendre que l’idéal n’est ni passé, ni futur : il est présent.

Certes, se remémorer des moments agréables procure une jouissance mais parfois aussi une nostalgie et même un cafard profond. L’idéal n’est donc point dans le passé, ni dans le futur. Faire des projets est utopique. La plupart du temps, ils ne peuvent se réaliser. Ou bien nous sommes déçus lorsqu’ils se réalisent : «  on s’attendait à mieux ! «

Alors où est cet idéal, que tout le monde recherche ? En ce moment même. Oui. J’écris quelques mots, la plume suit. Rien ne me contrarie. Que demander de plus. Un plus pauvre que moi aurait demander j peu plus de richesse. Un aveugle aurait voulu voir les colombes blanches prenant leur envol, avec majesté. Un sourd aurait voulu entendre du Chopin.

Mais moi, et nous; nous voyons, écoutons, lisons, parlons, rions, pleurons, chantons, marchons, courons, sentons, sourions, mangeons, buvons, achetons, vendons, lançons, sautons..

Le bonheur est donc là. On le dévore tout entier.

Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Personne ne voit son bonheur : on ne voit que son malheur. Pourquoi ? Nous voulons toujours plus, rien ne nous suffit.

Les termes idéal, bonheur et autres mots similaires ne peuvent exister : on ne peut les rechercher puisqu’ils font partie intégrante de notre vie. Alors sourions, nous sommes heureux, tout va bien !

L’adolescent bien sûr parle d’Ideal.

Les premiers mots.

Et le tout premier texte. Un peu émouvant pour moi. J’ai déjà conscience d’écrire le premier mot d’une longue histoire…

La plume métallique trace son premier mot dans l’Inconnu. L’Inconnu sans limites, Inconnu solitaire…

L’inconnu découvert, un jour en lisant un texte d’Henri Bosco. L’univers qu’il écrivait correspondait à l’Inconnu où j’étais entré.

L’idée d’un monde « idéal ». Pour reprendre la formule de Baudelaire n’est pas nouvelle : le spleen, l’Idéal, l’Infini correspondent plus ou moins au monde de l’Inconnu. Cependant, Charles Baudelaire aspire à l’Idéal, qui lui permettra de sortir du Spleen, de son angoisse, sa solitude.l’idéal permet de « monter » pour sortir de leur mal de vivre.

Nonobstant, je ne peux point parler d’un mal de vivre, bien que celui-ci caractérise généralement l’adolescence. Je pense plutôt à une élévation spirituelle, une recherche d’un mieux, qui n’a rien de commun avec l’utopie. Mais l’inconnu est un monde vierge où je suis entré trop tôt pour le décrire.

Le texte d’Henri Bosco, dans « Antonin » m’a cependant permis de l’aborder un peu plus. Il a éveillé en moi des sensations : les boules métalliques, lisses, semblent vivre.

Je les sens froides mais chaudes de vies le passage dans un autre monde m’a séduit. Je me suis retrouvé dans ce texte, bien que je ne sache l’expliquer.

Brutalement, le métal froid, lisse, pur m’est apparu une matière agréable au toucher. Seulement, l’idée des transformations subies pour fabriquer une boule métallique pure le désolé un peu. Elle est le symbole du capitalisme, de la force pour obtenir j. Produit fini, consommable mais dont l’utilité n’est purement que matérielle.

C’est cela que je dénonce. Aujourd’hui les hommes sont tous tournés vers la machine triomphante. Le seul but de chacun est la réussite sociale, sentimentale, financière.

Personne n’est tourné vers soi-même.

Ce n’est pas l’égoïsme, l’égoïsme que je recherche mais simplement une harmonie entre le moi intérieur et la collectivité.

Malheureusement, l’homme se borne à rencontrer pour soi même.

Rencontrer les collègues de bureau pour discuter du travail, donc de l’argent, donc d’une valeur stupide.

C’est cette volonté de faire mieux que le prochain, la volonté de s’enrichir, d’écraser le voisin qui est la perte de notre monde dit « civilisé ».

C’est une des raisons, je crois, pour lesquelles je recherche l’Inconnu.

Récemment je fus choqué par la diffusion de la « mémoire meurtrie » où le gâchis humain s’étale sur l’écran. Le lendemain, une chaîne de télévision présente un reportage Sur la montée récent du nazisme en Allemagne.

Cela a de quoi faire bondir !

Les indiens de l’Amazonie ne peuvent-ils pas alors être considérés comme civilisés ?

Une très bonne question ( je vous remercie de me l’avoir posée ) qui mérite réflexion.

Une naïveté et la fougue d’un adolescent.

 

 

 

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6 réflexions au sujet de « J’avais 17 ans, en 1989. Que pensait cet adolescent ? Carnet de bord. »

    1. zeboute Auteur de l’article

      Merci pour votre lecture, et votre retour. Oui, déjà je pense beaucoup de recul et de philosophie. Ce qui montre qu’on peut être un « jeune » ( le texte est sur certains côté présomptueux pour un ado qui n’a pas encore embrassé la vie à cet age ) et avoir des questions intéressantes.

      Répondre
  1. Tocson

    Ce n’est pas le texte qui me procure une agréable émotion, mais plutôt le souvenir de cette période et du plaisir d’écrire (je n’ai pas la prétention d’avoir ton talent) … Ce n’est pas de la nostalgie, non plus.
    Merci Guillaume

    Répondre
    1. zeboute Auteur de l’article

      Merci de ton retour. Tu parles d’un souvenir et c’est génial ! C’est étrange, ton pseudo, Tocson était mon pseudo que j’avais découvert.
      En quoi cette période te rappelle, dans ton univers ? En attente de tes retours, guillaume.

      Répondre

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